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Accros aux jeux vidéo : comment cerner le problème ?

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Jeux vidéos

L'addiction des adolescents aux jeux vidéo est un problème assez récent. Souvent, les parents ont du mal à comprendre ce problème en partie générationnel. Que faire lorsque son enfant passe ses journées devant un écran ? Explications.


altL'époque des jeux vidéo type "Tétris" et "Pac Man" est bel et bien révolue. Aujourd'hui, le business du jeu vidéo est colossal. En 2008, le chiffre d'affaires du marché européen s'éleve à 13, 9 milliards d'euros. En France, on dénombre 3,8 millions de pratiquants journaliers, dont une énorme majorité de mineurs. Mais dans ce loisir grandissant se pose la question de l'addiction de leurs jeunes adeptes. Pour les parents, il est souvent difficile de répondre à la question suivante : où commence et où s'arrête le fait de jouer ?


Le Docteur Olivier Phan, est pédopsychiatre au Centre Emergence de l'Institut Mutualiste Montsouris à Paris. En compagnie de Nathalie Bastard, il a publié un guide destiné à réduire certaines fractures entre parents et enfants, "Jeux vidéo et ados". En remarquant que les problèmes liés aux jeux vidéo se multipliaient, le Docteur Phan a décidé de d’y intéresser de plus près.



- Qu'est ce qui vous a poussé à créer une consultation entièrement dédiée aux jeux vidéo ?


En fait, depuis quelques années, on a commencé à voir vraiment des pathologies importantes se dessiner après l'émergence des MMORPG ( Massively Multiplayer Online Role Playing) - les jeux en réseau, en multi-joueurs. Aujourd’hui, la chose très importante qui a changé est la sophisticité des jeux. Pour un adolescent, un bon jeu, c’est un jeu où l’on reste longtemps dessus. Le but des constructeurs est de maintenir l’attention du joueur le plus longtemps possible. Ce dernier a la possibilité de jouer à des jeux qui sont sans fin, de faire des combats dans l’instance... Nous, on a des gens qui jouent 10 à 12 heures par jour et tous décrivent cela, c'est-à-dire la beauté des mondes parallèles. On s’échappe du monde réel, on peut créer son personnage, son avatar à son image.



- Quels sont les jeux les plus connus auprès des jeunes ?


Les deux jeux les plus pourvoyeurs de dépendances sont "Counter Strike" et "Word of Warcraft". Ils ont vraiment accroché les joueurs de façon durable. Il y a aussi les jeux de stratégie, mais ils sont différents car, au bout de 40-60 heures, vous avez fait le tour.



- A partir de quel âge est-ce normal de s’intéresser aux jeux vidéo ?


La réponse est difficile à dire. Je crois que le problème n’est pas de s’y intéresser, c’est de ne pas abuser. Effectivement, pour les tout petits, vous pouvez très bien avoir des jeux éducatifs qui sont très bien. Il n’y a pas d’âge, c’est la nature du jeu qui compte. Il faut juste conseiller aux parents de respecter l’âge minimum. Il suffit de tourner le jeu. Là, il y a un âge au dessus duquel le jeu est contre-indiqué. Donc, vous avez les jeux pour les plus de 4 ans, plus de 7 ans, plus de 12 ans, les plus de 16 ans et plus de 18 ans.



- Comment savoir si le jeu que me demande mon enfant est vraiment fait pour lui ?


Il y a quelque chose à prendre en compte qui est aussi à ne pas oublier. C'est la cohérence par rapport aux valeurs familiales. Moi, je ne suis pas pour l’interdiction car il rencontrera le jeu d'une manière ou d'une autre. Je suis plutôt pour apprendre l’adolescent à autocontrôler son jeu. Mais il y a aussi les valeurs familiales à défendre et je crois que si l’on dit cela, c’est aussi donner une certaine importance à l’idéal familial. Je pense qu’il n’y a pas un système valable pour tout le monde. Il faut juste tenir compte des valeurs familiales de chacun.



- Quand vous parlez dans votre livre de "typologie de jeux vidéo", cela veut dire que certains amènent plus de dépendances que d’autres ?


Oui, on sait que sur les jeux de rôles, les techniques utilisées pour accrocher les joueurs sont plus développées. Pour moi, vous avez deux grandes catégories de jeux : ceux qui vont plutôt stimuler l’intellect (jeux de stratégies, jeux d’énigmes,…) où c’est le principe des échecs en amélioré. Et puis il y a d’autres types de jeux qui vont plutôt s’intéresser à des réflexes – je dirais beaucoup plus archaïque – où le but est de fuir ou combattre. Le plaisir du jeune garçon est d’aller détruire son prochain et du coup, il se sent revivre parce que cela fait appel à un instinct profond quasi génétique qui, comme se reproduire, assure la continuité de l’espèce.


Effectivement, cela peut être très régressif. Les jeux de tirs par exemple où on évolue dans un univers où l’on tue tout ce qui bouge. Qu’est ce que cela apportera au final à l'adolescent ? Du plaisir, de la détente, mais cela n'est pas très enrichissant. Rien à voir avec l'apprentissage d'un instrument de musique par exemple...



- Au final, qu'est ce qui est le plus pénalisant pour l'adolescent ?


Le principal problème des jeux est la question du temps et la notion de perte de chance. C'est-à-dire que quand vous êtes scolarisé de 16 jusqu’à 20 ans, de nombreux enjeux entrent en compte. Par exemple, on sait que votre statut social va dépendre de vos résultats scolaires. La société est faire comme ça ! Et puis, un certain nombre de relations que vous pouvez faire à cet âge-là sont irremplaçables (amicales, amoureuses…) Par rapport à ça, c’est vrai que tout sur investissement du jeu peut se faire au détriment d’autres activités et donc entraîner une perte de chance : au niveau scolaire, au niveau sentimental ou au niveau amical.



- Et perte de temps…


Oui, mais après, je dirais : quelles en sont les conséquences ? Vous êtes en vacances et vous avez envie de jouer aux jeux, pourquoi pas… La perte de temps, il faut la corréler à ce qui est crucial pendant ces années. Un retraité qui a envie de passer sa vie sur les jeux vidéo, c’est moins grave. Entre 16 et 20 ans, il ne faut pas abuser.



Dorothy Glaiman


NOTRE SELECTION

Jeux vidéo et Ados

Du Docteur Olivier Phan et Nathalie Bastard / Editions Pascal / Avril 2009 / 128 pages / 12,50 €

Présentation du livre : 13,9 milliards de chiffre d'affaires en Europe en 2008 ; 3,8 millions de pratiquants journaliers en France ; et 13 millions s'y consacrant au moins une fois par mois... Le problème n'est pas la pratique du jeu vidéo - qui effraie d'autant plus que les parents méconnaissent l'objet et n'en ont que la vision d'un enfant absorbé et rivé à l'écran ! En fait, le problème tient à la personnalité et à l'environnement du joueur. L'objet de ce Guide est de contribuer à réduire certaines fractures entre parents et enfants et à ouvrir des espaces mutuels de compréhension.

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Vos commentaires
  • Posté par julie le 2010-01-29 17:13:47

    je crois que mon fils est accro aux jeux vidéo. il y passe plusieurs heures par jour et il est plus introverti qu'avant. Je suis assez inquiète surtout quand je vois ce que l'on dit sur ces accros aux jeux vidéo.


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Crises d'ados et psychologie des adolescents : Bien accompagner ses enfants dans leur adolescence. Faire face aux troubles du comportement alimentaire, aux problèmes de sexualité ou aux situations d'échec scolaire, à l'hyperactivité, aux problèmes de dépendance aux jeux d'argent ou aux jeux vidéos...


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