La bonne attitude face au rejet de mon ado

Ils veulent sortir davantage, refusent de passer du temps en famille et sont parfois très désagréables. Adolescence et puberté riment souvent avec changement de priorités et de comportements. Au-delà des apparences, dans cette période de troubles et de non communication, la dépendance affective à l’égard des parents subsiste malgré tout.
Face au rejet de leurs enfants, les parents s’affolent et ont des difficultés à trouver la bonne attitude. Ariane Morris, écrivain et spécialiste de la famille explique aux parents comment gérer le besoin d’indépendance exprimé par leurs ados.
- Comment imposer son autorité à un enfant qui nous rejette et refuse toute communication ?
Certains enfants ont une adolescence très difficile avec une phase de rejet inquiétante voire ingérable pour le parent. Si toute communication est vraiment impossible, que l’enfant se renferme dans son univers et qu’il se met en danger (addiction, troubles alimentaires, mutilations, déscolarisation etc…), une aide extérieure peut s’avérer utile. Cela peut être :
- L’éloignement : envoyer cet adolescent difficile passer quelques semaines chez un autre membre de sa famille est un moyen de souffler mutuellement.
- L’intervention d’un médiateur : il aura l’impartialité et le recul nécessaire pour faire évoluer une situation bloquée. Il est rare qu’un jeune refuse de communiquer avec tous les adultes. Aussi, selon la gravité du cas, cette aide peut être médicale (psy) ou familiale (oncle, parrain, ami ou tout autre médiateur pouvant exercer une influence sur l’enfant).
Perspicace, l’enfant est conscient de l’incapacité du parent à gérer la situation. Plutôt que d’ignorer le problème, de peur que l’intervention d’une tierce personne soit perçue comme une faiblesse, prendre les choses en main avant d’atteindre un point de non retour est plus efficace.
- Quand commencer à sévir avec un adolescent difficile ?
Sévir ? Ce terme est inadapté à la situation. Avant d’envisager cela, il faut imposer un cadre et faire en sorte qu’il soit respecté. Un jeune qui refuse d’obéir est un adolescent ordinaire. Sans être laxiste, il est important de comprendre que ces petites altercations, ne sont pas un manque de respect, mais simplement un processus inhérent à la construction de la personnalité. Pour le parent, la meilleure attitude à adopter, est de ne pas faiblir. Cela demande du temps, de l’énergie et de longs pourparlers pour lui expliquer pourquoi c’est comme ça et pas autrement. Plus inquiétant, dans certains cas, l’enfant est irrespectueux voire violent. C’est souvent le signe d’une défaillance dans l’éducation ou d’un problème sous jacent. L’aide d’un professionnel peut alors être utile. Le tout est de ne pas céder tout en le laissant l’adolescent exprimer ses frustrations.
- Pendant le rejet, quelles tentatives les parents peuvent-ils envisager pour rétablir le dialogue et assainir la relation ?
Ce qui est à la fois difficile et formidable pour les parents, c’est l’adaptabilité, la flexibilité nécessaire à chaque instant. Il ne faut donc pas être trop rigide et se remettre constamment en question.
Face au rejet des ados, il est préférable de communiquer plutôt que d’être dans la confrontation. Le parent peut, par exemple, s’intéresser à la musique, aux jeux et autres activités de son enfant. Cela permet parfois de rétablir une certaine complicité.
Il est bon de garder un oeil sur la vie de son enfant. Connaître ses fréquentations, ses allés et venus reste indispensable. Cependant, la confiance mutuelle est indispensable. Les parents ne pourront jamais tout savoir de la vie de leurs ados. Chacun a besoin de son jardin secret. Les "flique", "les enfermer" ou "sévir inutilement" n’y changera rien si ce n’est amplifier la méfiance et donc les cachoteries et le rejet. Etablir une relation saine basée sur la confiance, responsabilise le jeune et facilite la communication en cas de véritable problème. Sans lui laisser carte blanche, mieux vaut éviter de l’étouffer pour ainsi le laisser libre de vivre leur adolescence.
- Comment le parent peut-il appréhender et accepter le besoin de séparation voire le rejet de son enfant ?
Le problème ne vient pas toujours de l’adolescent. Les parents qui n'arrivent pas à se détacher de leur enfant, doivent se questionner sur leurs manques, leur enfance et les répercussions que cela peut engendrer dans leur vie. Il est difficile de donner des conseils généraux sur comment gérer la relation parents/enfants. L’autonomie des ados est une étape inévitable. Tôt ou tard, les jeunes finissent par quitter le foyer et devenir complètement indépendants. Le rôle du parent est de les accompagner au mieux vers cette finalité.
Faustine Aziavi















