kamagra

Loi anti-tabac : le premier bilan

  • Commentez

Un an et demi après l'application de la loi anti-tabac dans les bars et restaurants, les premiers enseignements tombent. L'absence de recul ne permet pas d'établir un bilan sanitaire. En revanche, les critiques initiales ne se sont pas dissipées.


Le docteur Nicolas Aubert, tabacologue à Paris, revient pour nous sur la perception de cette loi par les professionnels de la santé.



- Un an après la mise en application du décret Bertrand, dite loi anti-tabac, percevez-vous des effets en tant que professionnel de tabacologie ?


Les retombées ont été fluctuantes. Il y a eu une augmentation des rendez-vous et des consultations jusqu'au mois de septembre 2008. Ensuite le soufflé est retombé. Ma clientèle n'a finalement pratiquement pas varié en quantité. Et j'ai eu que très peu de patients qui ont arrêté de fumer en conséquence de l'interdiction de fumer dans les bars-tabacs et restaurants. Ceux que j'ai rencontré ont soit continué à fumer, soit ne sont pas venus. C'est là que les pouvoirs publics n'ont pas pris conscience de la réalité du tabagisme. Le tabac est une addiction qui ne se traite pas par une interdiction globale et répressive.



- Pensez-vous que cette loi est un bon moyen d'arrêter de fumer ?

Paradoxalement, malgré mon statut de tabacologue, je suis contre les interdictions absolues en matière de tabagisme. Qu'il n'y ait pas de malentendu : le tabac dans les lieux publics, et plus particulièrement clos, est néfaste tant pour les fumeurs actifs que ceux passifs. Finalement, le dispositif initial avec les lois Veil et Evin suffisait largement. Même si le but initial de cette loi était de protéger les fumeurs passifs, ce en quoi je pense qu'elle sera bénéfique, la liberté individuelle est trop mise à mal. Dans les lieux de distraction, les fumeurs doivent pouvoir fumer. Il y a un degré de tolérance à instaurer dans ces lieux. Le plaisir de la cigarette dans ces lieux est pavlovien et associé aux endroits dédiés aux plaisirs.



- Selon vous, les pouvoirs publics n'ont pas vocation à prendre en main l'arrêt ou la limitation de la consommation de tabac ?

Cette loi est finalement très hypocrite. Elle veut lutter contre le tabagisme mais, en réalité, elle n'a pour objectif que de limiter les dépenses de santé liées aux pathologies liées au tabac. Ce que les hommes politiques doivent comprendre, c'est que tant que le fumeur n'aura pas décidé, soit à cause d'une urgence de santé ou soit en fonction de certaines circonstances de sa vie, d'arrêter de fumer. Rien ne changera. La dépendance ne se règle pas à grand coup d'interdictions mais plutôt par la volonté individuelle et une assistance médicamenteuse si nécessaire.



- Mais ce genre de loi ne peut-elle pas s'inscrire dans une perspective plus globale d'éducation ?

Il s'agit plus d'une question d'éducation familiale. Ce n'est pas à l'Etat de promulguer des lois trop répressives. Si on veut instaurer une dynamique de limitation de la consommation de tabac, ce n'est pas en les privant de libertés et en les frustrant d'un plaisir certes nocif, mais parfois irrépressible. Les générations futures fumeront peut-être moins avec un inconscient collectif qui aura retenu les leçons. Mais si vous voulez jouer sur la consommation, tout se jouera dans la cellule familiale.



- Donc, selon vous, cette loi ne remplit pas ses objectifs de santé publique ?

C'est une loi trop dure. La lutte contre le tabagisme relève plus de la responsabilité individuelle que des pouvoirs publics. Le gouvernement devrait plutôt s'attaquer aux problèmes de drogue, celles qui altèrent les comportements comme la cocaïne. Il y a une hiérarchie à établir dans les questions de santé publique. Cette loi anti-tabac a, certes, permis l'application plus stricte des dispositifs précédents, mais des aménagements auraient suffi. Il ne faut pas ostraciser les fumeurs.


Faustine Aziavi, mis à jour le 10 mars 2010

Vos commentaires

Soyez la première à commenter cet article

Qu’en pensez-vous ?


Alcool et tabac : Deux maux sources de sérieuses dépendances et de complications sanitaires. Des solutions de sevrage permettent de diminuer ou arrêter sa consommation, comme les substituts nicotiniques, la cigarette électronique, l'auto-hypnose ou encore le soutien psychologique. Mettez fin à votre dépendance à l'alcool ou au tabac avec les articles Vivolta.


Ce site est commercialisé par France Television Publicite

Copyright © 2009 - www.vivolta.com un site TELEVISTA Interactive - groupe Télévista - www.lesgrandsparents.com