Acheter les bons aliments pour son enfant au supermarché

L’équilibre alimentaire s’apprend très tôt. Si, hier, les mères transmettaient leurs recettes de familles et le goût des produits frais, bon nombre de femmes n’ont aujourd’hui plus d’autre choix que de foncer au supermarché dans l’espoir de trouver les aliments qui aideront leurs enfants à grandir en bonne santé. Mais pas facile de toujours décoder les étiquettes… Elvire Nérin, ingénieur en biotechnologies et auteur du livre "Le bon choix pour vos enfants" décrypte pour nous les rayons du supermarché pour nous aider à mieux consommer.
Face à des rayons de mieux en mieux achalandés et la multitude de nouveautés alimentaires, les parents pressés sont décontenancés lorsqu'il s'agit de choisir un produit équilibré, bons pour la santé et faciles à préparer.
Il faut commencer par lire le 1er ingrédient sur l’étiquette car il s’agit de l’ingrédient présent en plus grande quantité dans le produit . Par exemple, dans un biscuit, le premier aliment de la liste doit être la farine. S’il s’agit du sucre, c’est plutôt mauvais signe…
Ensuite, il faut regarder le nombre d’aliments dans le produit. Au-delà de 5, on peut supposer qu’on y trouve des additifs, des antioxydants, des épaississants… Si l’on note la présence de noms que l’on ne comprend pas (de type E111…), c’est un signe que le produit a été hautement transformé et que la recette est très éloignée de celle que l’on aurait pu faire chez soi.
D’un point de vue strictement réglementaire, les allégations indiquées doivent être vraies car le produit serait sinon retiré des rayons.
Cependant, les industriels n’hésitent pas à abuser de termes rassurants alors que leurs produits n’ont en vérité aucun avantage par rapport aux autres du même rayon. L’exemple le plus parlant concerne les petits pots pour bébé. Certaines marques écrivent sur leur paquet : « sans conservateur, sans colorant ». Or, cette mention est inutile dans la mesure où elle constitue une obligation légale à respecter par tous les fabricants de petits pots.
En revanche, certaines allégations peuvent être un bon indicateur pour orienter son choix. Préférez par exemple les compotes comportant la mention "allégées en sucre" car elles contiennent 25% de sucre en moins que les compotes classiques.
Personnellement, je préfère donner à mes enfants des protéines pour leur éviter le coup de barre à la récréation de 10h. L’idéal est de servir un œuf au plat avec un petit morceau de jambon et des tartines de pain avec du beurre et de la confiture. Le choix du pain est très important : achetez du multi-céréales au levain car il est de meilleur qualité et possède un indice glycémique bas contrairement à la baguette blanche levée à la levure qui entraine un pic de glycémie .
Cependant, les céréales sont très appréciées des enfants et il est parfois difficile de leur refuser un tel aliment au petit-déjeuner. Dans ce cas, donnez-leur de préférence des flocons d’avoine ou, à la limite, des mueslis avec des fruits secs ou des oléagineux.
Pour avoir un indice sur la qualité nutritionnelle des céréales , le mieux est de se fier à leur aspect. Il n’est évidemment pas possible d’ouvrir le paquet pour les voir en vrai mais vous pouvez déjà regarder la photo sur l’emballage. L’important est que l’on puisse reconnaitre la forme des céréales .
Car plus la céréale a été transformée, plus elle s’assimile comme des sucres rapides et entraine donc un pic de glycémie . Ainsi, les pétales et le riz soufflé sont en fait de la farine qui a été soufflée et sont donc peu conseillés pour les enfants qui doivent tenir jusqu’au déjeuner.
Tout dépend de la présentation et de la composition des poêlées. Une fois de plus, il faut lire les étiquettes.
Si la poêlée contient des légumes variés et de l’huile d’olive, c’est une bonne alternative aux légumes frais car, dans la poêlée, ils contiennent encore des fibres et des vitamines. En revanche, vérifiez que la pomme de terre ne soit pas l’aliment principal de la poêlée car elle se transforme en sucre lors de la digestion. Privilégiez les légumes verts, les carottes, les tomates, les poivrons…
De même, il faut éviter tout ce qui est mousse de légumes, galette ou flan car, pour obtenir la consistance désirée, les industriels sont obligés d’ajouter des additifs et de l’amidon modifié.
On doit reconnaitre que les industriels ont fait de gros progrès en allégeant leurs jambons en sel. Mais regardez quand-même la composition et vérifiez que vous ne lisez pas le mot "polyphosphates" sur l’étiquette. Il s’agit en effet d’agents qui retiennent l’eau dans le produit. A poids égal, ce jambon contient donc moins de protéines qu’un autre plus naturel. De toute façon, un bon jambon n’a pas besoin de polyphosphates pour bien se conserver.
L’important est de ne pas trop développer le goût pour le sucré aux enfants. En même temps, rien ne sert de diaboliser les sucreries. Au contraire, trop de privations peut entrainer une frustration chez un enfant et le poussera à consommer les aliments interdits à la maison dès que les parents auront le dos tourné.
Rien n’égalise un fruit entier dans lequel on a ni ajouté de sucre, ni enlevé de fibres… Mais une compote sans sucre ajouté peut aussi être une bonne alternative pour faire manger des fruits aux plus jeunes. Les fruits au sirop (si on enlève le sirop sucré avant des les manger !) peuvent aussi apporter un peu de vitamine C.
On peut aussi proposer une tartine de pâte à tartiner ou de fromage avec toujours un pain de bonne qualité, aux céréales et au levain.
Concernant les biscuits, les plus simples sont souvent les meilleurs. Les petits beurres recouverts de chocolat ne sont pas forcément mauvais, surtout si ce dernier est noir. En revanche, je déconseille les biscuits fourrés car ils sont bourrés d’additifs pour stabiliser le produit dans le temps.
Tout d’abord, le fast-food doit rester une sortie exceptionnelle. Si vous n’y allez qu’une fois tous les 2 mois, laissez votre enfant choisir ce qui lui plait. Cet écart n’aura aucune conséquence et le fast-food doit être associé à un moment agréable à passer en famille.
En revanche, si vous allez régulièrement au fast-food, essayez de sensibiliser votre enfant aux aliments qui sont bons pour sa santé.
Préférez les frites aux potatoes qui sont d’avantage sucrés. Dans l’idéal, on recommande les tomates cerises pour accompagner le burger, mais pas sûr que votre enfant accepte de sacrifier ses pommes de terre…
Côté Burger, ceux au pain complet sont un peu meilleur que ceux au pain brioché. Demandez aussi à votre enfant de choisir un burger avec moins de sauce et plus de crudités.
Pour le dessert, les pâtisseries très grasses et sucrés sont à déconseillées. En revanche, les fast-food ont développé des gammes de fruits frais en morceau pour se donner une caution nutritionnelle correcte.
Du côté des boissons, on recommande évidemment l’eau. Mais quitte à prendre un soda, ne demandez pas à votre enfant de prendre du light. En effet, on a encore quelques doutes sur les effets de l’aspartame sur le système nerveux. Alors autant ne pas prendre de risques… et les enfants se dépensent assez pour éliminer l’excès de sucre.
Claire Frayssinet, mis à jour le 23 mars 2011
- Quand on est pressée, quelles lignes doit-on lire en priorité sur l’étiquette des produits pour avoir un minimum de garantie ?
Il faut commencer par lire le 1er ingrédient sur l’étiquette car il s’agit de l’ingrédient présent en plus grande quantité dans le produit . Par exemple, dans un biscuit, le premier aliment de la liste doit être la farine. S’il s’agit du sucre, c’est plutôt mauvais signe…
Ensuite, il faut regarder le nombre d’aliments dans le produit. Au-delà de 5, on peut supposer qu’on y trouve des additifs, des antioxydants, des épaississants… Si l’on note la présence de noms que l’on ne comprend pas (de type E111…), c’est un signe que le produit a été hautement transformé et que la recette est très éloignée de celle que l’on aurait pu faire chez soi.
- Comment vérifier la véracité des allégations nutritionnelles indiquées sur le paquet ?
D’un point de vue strictement réglementaire, les allégations indiquées doivent être vraies car le produit serait sinon retiré des rayons.
Cependant, les industriels n’hésitent pas à abuser de termes rassurants alors que leurs produits n’ont en vérité aucun avantage par rapport aux autres du même rayon. L’exemple le plus parlant concerne les petits pots pour bébé. Certaines marques écrivent sur leur paquet : « sans conservateur, sans colorant ». Or, cette mention est inutile dans la mesure où elle constitue une obligation légale à respecter par tous les fabricants de petits pots.
En revanche, certaines allégations peuvent être un bon indicateur pour orienter son choix. Préférez par exemple les compotes comportant la mention "allégées en sucre" car elles contiennent 25% de sucre en moins que les compotes classiques.
- Au petit déjeuner, faut-il donner des céréales à son enfant. Si oui, lesquels ?
Personnellement, je préfère donner à mes enfants des protéines pour leur éviter le coup de barre à la récréation de 10h. L’idéal est de servir un œuf au plat avec un petit morceau de jambon et des tartines de pain avec du beurre et de la confiture. Le choix du pain est très important : achetez du multi-céréales au levain car il est de meilleur qualité et possède un indice glycémique bas contrairement à la baguette blanche levée à la levure qui entraine un pic de glycémie .
Cependant, les céréales sont très appréciées des enfants et il est parfois difficile de leur refuser un tel aliment au petit-déjeuner. Dans ce cas, donnez-leur de préférence des flocons d’avoine ou, à la limite, des mueslis avec des fruits secs ou des oléagineux.
Pour avoir un indice sur la qualité nutritionnelle des céréales , le mieux est de se fier à leur aspect. Il n’est évidemment pas possible d’ouvrir le paquet pour les voir en vrai mais vous pouvez déjà regarder la photo sur l’emballage. L’important est que l’on puisse reconnaitre la forme des céréales .
Car plus la céréale a été transformée, plus elle s’assimile comme des sucres rapides et entraine donc un pic de glycémie . Ainsi, les pétales et le riz soufflé sont en fait de la farine qui a été soufflée et sont donc peu conseillés pour les enfants qui doivent tenir jusqu’au déjeuner.
- Les poêlées sont-elles une solution satisfaisante pour faire manger des légumes aux enfants ?
Tout dépend de la présentation et de la composition des poêlées. Une fois de plus, il faut lire les étiquettes.
Si la poêlée contient des légumes variés et de l’huile d’olive, c’est une bonne alternative aux légumes frais car, dans la poêlée, ils contiennent encore des fibres et des vitamines. En revanche, vérifiez que la pomme de terre ne soit pas l’aliment principal de la poêlée car elle se transforme en sucre lors de la digestion. Privilégiez les légumes verts, les carottes, les tomates, les poivrons…
De même, il faut éviter tout ce qui est mousse de légumes, galette ou flan car, pour obtenir la consistance désirée, les industriels sont obligés d’ajouter des additifs et de l’amidon modifié.
- Les enfants adorent le jambon mais lequel choisir ?
On doit reconnaitre que les industriels ont fait de gros progrès en allégeant leurs jambons en sel. Mais regardez quand-même la composition et vérifiez que vous ne lisez pas le mot "polyphosphates" sur l’étiquette. Il s’agit en effet d’agents qui retiennent l’eau dans le produit. A poids égal, ce jambon contient donc moins de protéines qu’un autre plus naturel. De toute façon, un bon jambon n’a pas besoin de polyphosphates pour bien se conserver.
- Au goûter, que doit-on servir à ses enfants ?
L’important est de ne pas trop développer le goût pour le sucré aux enfants. En même temps, rien ne sert de diaboliser les sucreries. Au contraire, trop de privations peut entrainer une frustration chez un enfant et le poussera à consommer les aliments interdits à la maison dès que les parents auront le dos tourné.
Rien n’égalise un fruit entier dans lequel on a ni ajouté de sucre, ni enlevé de fibres… Mais une compote sans sucre ajouté peut aussi être une bonne alternative pour faire manger des fruits aux plus jeunes. Les fruits au sirop (si on enlève le sirop sucré avant des les manger !) peuvent aussi apporter un peu de vitamine C.
On peut aussi proposer une tartine de pâte à tartiner ou de fromage avec toujours un pain de bonne qualité, aux céréales et au levain.
Concernant les biscuits, les plus simples sont souvent les meilleurs. Les petits beurres recouverts de chocolat ne sont pas forcément mauvais, surtout si ce dernier est noir. En revanche, je déconseille les biscuits fourrés car ils sont bourrés d’additifs pour stabiliser le produit dans le temps.
- Au fast-food, quel produit privilégier ?
Tout d’abord, le fast-food doit rester une sortie exceptionnelle. Si vous n’y allez qu’une fois tous les 2 mois, laissez votre enfant choisir ce qui lui plait. Cet écart n’aura aucune conséquence et le fast-food doit être associé à un moment agréable à passer en famille.
En revanche, si vous allez régulièrement au fast-food, essayez de sensibiliser votre enfant aux aliments qui sont bons pour sa santé.
Préférez les frites aux potatoes qui sont d’avantage sucrés. Dans l’idéal, on recommande les tomates cerises pour accompagner le burger, mais pas sûr que votre enfant accepte de sacrifier ses pommes de terre…
Côté Burger, ceux au pain complet sont un peu meilleur que ceux au pain brioché. Demandez aussi à votre enfant de choisir un burger avec moins de sauce et plus de crudités.
Pour le dessert, les pâtisseries très grasses et sucrés sont à déconseillées. En revanche, les fast-food ont développé des gammes de fruits frais en morceau pour se donner une caution nutritionnelle correcte.
Du côté des boissons, on recommande évidemment l’eau. Mais quitte à prendre un soda, ne demandez pas à votre enfant de prendre du light. En effet, on a encore quelques doutes sur les effets de l’aspartame sur le système nerveux. Alors autant ne pas prendre de risques… et les enfants se dépensent assez pour éliminer l’excès de sucre.
Claire Frayssinet, mis à jour le 23 mars 2011
De Elvire Nérin et Véronique Molénat / Editions Thierry Souccar / 15.80 euros.















