On connaît tous l’existence des troubles alimentaires, telle que la boulimie par exemple, mais comme toutes les épreuves pénibles, on a tendance à penser que cela n’arrive qu’aux autres. Attention cependant car ces pathologies sont très difficiles à détecter et peuvent avoir des conséquences dramatiques.
Contrairement à ce qui semble évident, une prise de poids rapide n’est pas nécessairement synonyme de boulimie. En effet, les études tendent à montrer que ce trouble alimentaire n’est en réalité le symptôme d’un mal-être plus profond, qui peut évoluer vers d’autres comportements auto-destructeurs.
Cela en fait un phénomène très complexe, profondément psychologique, et donc difficilement identifiable. D’autant que les personnes boulimiques sont tout à fait conscientes de leurs agissements et qu’elles en ont généralement honte. Aussi vont-elles tout faire pour le cacher.
Si vous avez l’impression, même vague, que votre enfant entretient une étrange relation avec son corps ou vis-à-vis de la nourriture, posez-vous les bonnes questions. Quelle que soit la forme que la boulimie peut prendre, elle est le signe que votre enfant a besoin d’aide.
Qu’est ce que la boulimie ?
On associe de façon réductrice la boulimie au fait de manger en grandes quantités et de façon impulsive. Il y a du vrai, mais c’est surtout une détresse psychologique, provoquant une anxiété que seule la nourriture semble pouvoir combler. L’ingurgitation à proprement parler est une crise, qui survient au moment où l’anxiété apparaît. Or celle-ci n’est pas permanente. On parle donc plutôt de crise boulimique, censée "remplir" le vide psychologique provoqué par l’angoisse. Puisqu’il faut le remplir, le ou la boulimique va ingurgiter des aliments bourratifs : très sucrés et ou caloriques, jusqu’à ne plus pouvoir physiquement en ingérer plus. Un état boulimique est donc avéré lorsque ces crises se répètent régulièrement, plusieurs fois par semaine et pendant au moins trois mois.
Malheureusement, le phénomène s’arrête rarement à ce stade, car la crise est la plupart du temps suivi d’un sentiment de culpabilité lié au fait d’avoir cédé à la pulsion et aux conséquences sur le corps : malaise physique à cause de cet excès ne nourriture et peur de prendre du poids. C’est pourquoi la grande majorité des boulimiques élabore une stratégie alimentaire, qui peut prendre plusieurs formes, pour lutter contre ces deux sentiments : la faiblesse et la culpabilité.
Comment détecter la boulimie ?
Plusieurs symptômes, à défaut de s’assurer à 100% de la réalité de la maladie, peuvent en tout cas alerter sur un comportement anormal vis-à-vis du corps :
- La personne développe une obsession liée à son poids, au physique en général et à sa ligne en particulier. Il déteste son corps, se trouve trop maigre ou trop gros, voit des malformations là où il n’y en a pas et d’une manière générale, focalise complètement sur son aspect.
- Il ou elle met enchaîne des régimes draconiens à un rythme anarchique, ou au contraire, avec une intransigeance inquiétante. Il ou elle exige des plats sans la moindre matière grasse, boit des litres d’eau, de thé ou de boissons miracles, puis brusquement, mange comme quatre à table, avant d’entamer un jeune de plusieurs jours.
- Dans le même esprit, le ou la boulimique pratique une activité physique intense, voire obsessionnelle également, dans l’idée de limiter les effets de ses crises sur son poids.
- Vous remarquez la consommation très rapide de certains aliments comme les gâteaux, les chocolats ou la crème glacée, mais aussi le fromage ou la charcuterie.
- Globalement, vous avez le sentiment que votre enfant n’est pas psychologiquement équilibré, qu’il a un comportement excessif : soit dans l’abattement, soit dans l’enthousiasme démesuré, ou une alternance des deux états.
Que faire face à la boulimie ?
Il n’y a pas de solutions toutes faites ou miracles, car la boulimie est un phénomène complexe qui cache un mal-être avant tout personnel. Il y a donc autant de traitements qu’il y a de personnes atteintes. Tout dépend de leur profil et des raisons qui les poussent dans cet engrenage. Pour définir cela, une aide psychologique est indispensable, chez un thérapeute ou par le biais d’une association. Mais avant d’envisager un traitement, il faut savoir que les personnes boulimiques sont en détresse et qu’elles s’en sortent rarement seules, car elles ont un immense besoin de la nourriture pour se soutenir. C’est donc l’entourage qui, après avoir eu le courage de voir que quelque chose n’allait pas, doit mettre les mots sur le mal.
Emilie Trochu