Education alimentaire: frustre-t-on nos enfants?

En 2001 est mis en place par le ministère de la Santé le Plan National Nutrition Santé (PNNS). Les consignes sont strictes: 5 fruits et légumes par jour, trois produits laitiers quotidiens, moins de graisses et de sucres, du poisson ou de la viande une à deux fois par jour…
Stop à la panique!
Le PNNS a permis de prêter davantage d'attention au contenu de notre assiette. Bouger plus, manger plus de légumes et moins de gras ne peuvent pas faire de mal, personne ne dira le contraire.
Et puis il semble être efficace: une étude publiée en septembre montre que l' obésité a reculé chez les enfants entre 5 et 6 ans en 2005-2006, par rapport à 1999-2000.
Mais 10 ans après la mise en place des premiers programmes, des spécialistes et des médecins prônent le retour à la raison.
• Pas besoin de torturer les enfants avec les fruits et légumes ni de les forcer à boire 3 litres de lait par jour. Le risque de les dégoûter à jamais de ces produits est finalement bien plus grand qu'un risque d' obésité pour un enfant qui n'en mangerait pas la ration "réglementaire".
• Cela ne sert à rien non plus de bannir certains produits comme les bonbons ou la pâte à tartiner: ils suscitent d'autant plus de désir de la part des enfants qu'ils sont interdits.
Trois livres parus en septembre appellent à revenir à une alimentation décomplexée et moins restrictive. L' alimentation de vos enfants, enquête sur le marketing et les idées reçues (Denoël, 2010), écrit par le professeur en nutrition pédiatrique, Patrick Tounian et la journaliste Fabiola Flex.
Pour Laura Annaert et Laurence Haurat, un seul mot d'ordre: Libérons l'assiette de nos enfants (Editions La Martinière, 2010). Un véritable dictionnaire de l' alimentation des 3-10 ans qui met à mal les diktat du marketing et les règles hygiénistes qui inondent les messages des autorités publiques de la santé.
Les journalistes Véronique Molénat et Elvire Nérin ont analysé dans Le bon choix pour les enfants (Editions Thierry Souccar, 2010), 600 produits disponibles en grande surface destinés aux enfants. Ils sont classifiés selon un ordre simple: les produits de bonne qualité nutritionnelle sur la page de gauche, les "mauvais" produits sur la page de droite.
Du plaisir mais pas d'anarchie diététique
Mais est ce que cela signifie qu'il faut tout laisser faire à nos enfants et abandonner toute règle diététique ? "Pas du tout", rétorque Patrick Tounian qui résume sur Oh my Food: "il faut simplement revenir au bon sens de nos grands-mères".
Il faut manger de tout, sans excès.
Un bon sens que revendiquent aussi ces jeunes parents interrogés par Oh my Food : ils envisagent sans stress l' alimentation de leurs enfants Et vous, êtes-vous inquiets pour l'alimentation de vos enfants ?
Aglaé de Chalus, mis à jour le 26 mai 2011
















