En créant Vivolta il y a presque un an, nous avons voulu d’emblée faire de cette chaîne bien plus qu’une chaîne de télé comme les autres. Et cette exigence passait nécessairement par le développement parallèle d’un site Web, VIVOLTA.COM. Ce site est le relais de l’antenne, mais il est bien plus que cela et nous souhaitons développer notre propre contenu ainsi qu'une véritable interactivité entre vous internautes, animateurs et gens du Web. Mon blog, au même titre que celui des autres compères, démontre cette volonté. Je vous souhaite une bonne lecture de mes notes qui ont pour ambition de vous faire partager mon opinion sur des sujets d'actualité comme mon quotidien au sein de cette chaîne…
Lundi 14 juillet 2008
En regardant ce matin le plateau exceptionnel du 14 juillet sarkozien, je me suis souvenu que, moi aussi, j'avais défilé sur les Champs. Je l'avais oublié, c'était en 1961. Déjà une année difficile pour l'armée française , un putsch à Alger en avril, il fallait au moins ça pour que le soldat de 2ème classe Gildas ait l'insigne honneur de défiler.
En fait, les paras putschistes furent interdits de défilé. On les remplaça par des soldats très ordinaires, les fantassins du 91è régiment d'infanterie basés à Frileuse, près de Mantes.
Quelle galère ! Au lieu de préparer ces recrues à ce qui les attendaient 3 mois plus tard dans le djébel en Algérie, ce fut 2 mois d'entraînement à 5 heures du matin pour apprendre à défiler par rangs de 16, plus 8 jours pour appendre à rouler les tenues de combat toutes neuves dont on nous avait affublé, pour la bonne raison que c'était des tenues pour géants, des rebuts, qui nous montaient sous les aisselles et qu'on apprit à rouler autour de nos ceinturons. Sauf que... quand on s'est mis à descendre les Champs au pas, les pantalons trop grands se sont déroulés, on a tous fini avec des sarouals de zouave, entrejambes à la hauteur des genoux, 48 heures d'arrêts de travail parce que la peau des cuisses avait été arrachèe par la toile écrue, jamais lavée.
Le 14 juillet, on est parti de Frileuse à 3 heures du matin pour la caserne Charras de Courbevoie. Malheur, au 1er virage, un de nos camions est allé au fossé, le chauffeur, jugé trop mauvais tireur, avait été reclassé conducteur la veille !
2è malheur, il avait plu dans la nuit et la cour en machefer de Charras a transformé nos guêtres blanches en chaussettes noiratres. On a dû tous ensemble repeindre nos guêtres au blanc de chaux ! A 5 heures 30, on était en répétition de part et d'autre des Champs Elysées pour apprendre une dernière fois à faire une présentation synchronisée des armes, aux ordres de notre pitaine, chaque fois qu'un gradé passerait devant nous, c'est à dire un toutes les 30 ou 40 secondes. Oui mais ...
Alors que le défilé allait commencer à partir de l'Arc de triomphe, nous autres à la hauteur du Fouquet avons entendu un véritable tonnerre, un énorme roulement de tambour, c'était les chars qui s'apprêtaient à descendre. Vous dire que le pitaine pouvait toujours crier : "Présentez , Armes!", on ne l'a plus jamais entendu. Et quand les troupes à pied ont commencé à passer, on ne pouvait même plus le voir. Jolie pagaïe dans la levée des fusils !
Et quand la cémémonie touchant à sa fin, on a pris notre place dans le défilé , 3è malheur, nous étions coincés derrière une musique normale mais juste devant celle de la légion , des légionnaires justement célèbres pour leur pas ralenti . Nous , on n'avait pas appris à choisir entre 2 vitesses, on a donc fait l'accordéon.
Je vous jure que tout ceci est vrai comme est vrai qu'ayant 2 mois plus tard été muté à Paris au 1er Train, j'ai redéfilé le 11 novembre. Je mérite une médaille, non ?
Peut-être à demain
Commentaires
Antonia
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Décorez le soldat Gildas !
le 21/07/2008 à 09:59
S'il existe des archives vidéo, je serais bien curieux de les voir ! Des couacs comme ceux qui vous sont arrivés lors du défilé feraient fureur dans notre société hyper-médiatisée et feraient le tour du monde en deux clics, trois mouvements de souris ! Votre médaille, vous la méritez sans l