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Interdiction de fumer : un bilan mitigé !

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Généralisée depuis janvier 2008, l’interdiction de fumer dans les lieux dits de "convivialités" connaît ses premières dérives. Le 13 janvier dernier, surprise cigarette a la main alors qu’elle conduisait, une aide-soignante de Bruges près de Bordeaux (Gironde) écope d’une amende de 22 €. Du décret Bertrand a l’interdiction de fumer dans un espace privé, Vivolta vous dresse le bilan d’une année sans fumée.

Avant deux camps cohabitaient, la fumée planait dans les bars restaurants et autres lieux de convivialités alors interdits aux plus jeunes. Les fumeurs menaient une lutte acharnée et protégeaient jalousement leur petit plaisir, tandis que les autres "non-fumeurs" ce plaignaient de l’odeur intempestive qui les titillait à chaque sortie.
 
Le 1er Janvier 2008 retour à l’air "pur" avec l’application du décret Bertrand. Une pénalité pouvant aller jusqu’à 68 euros est imputée aux fumeurs rebelles et des sanctions encore plus lourdes aux gérants qui n’auraient pas tout compris. L’interdiction de fumer dans les lieux publics : diminution des libertés individuelles ou solution au tabagisme actif et passif ? Si un an après l’application totale de la loi, il semble difficile d’établir un bilan clair, professionnels et politiques, multiplient les explications, apparitions et sondages pour justifier leur position.


Quelques chiffres


Le 7 janvier 2009, Roselyne Bachelot (ministre de la Santé et des Sports) a présenté un bilan on ne peut-plus positif sur l’application de cette loi. Selon l'enquête réalisée par l'International tobacco survey (ITC) et  l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) sur laquelle s’appuie la ministre, le décret serait plutôt bien accueilli par les Français. Dans les restaurants, cette interdiction contente en moyenne 95 % de la clientèle non-fumeuse contre 85 % des fumeurs ; dans les discothèques, la proportion est de 90% de soutien chez les non-fumeurs contre 60 % pour les fumeurs. A entendre le bilan ministériel, depuis l’application de cette loi, tout le monde semble satisfait.

Il s’avère pourtant que sortie des hautes sphères gouvernementales, cette "réussite" est beaucoup plus mitigée. Les professionnels, victimes économiques directes du décret déplorent une baisse d'activité nettement supérieure aux chiffres officiels. Interrogés récemment, les syndicats de restaurateurs évoquaient une baisse d'activité de l'ordre de 5 à 9 %.


Moins de fumeurs ?

 
L'interdiction de fumer dans les lieux publics ne semble pas dissuader les fumeurs. Avec une baisse des ventes à peine significative (entre 5 et 6.6 %) pour le premier semestre 2008, l'application de cette loi ne réduit pas vraiment le nombre d'addicts. Ces derniers achètent moins de cigarettes mais compensent avec le tabac à rouler (+0,9 %). En ce qui concerne les pertes économiques déplorées par les professionnels : elles sont principalement dues à la désertion des établissements car la clientèle boudent les lieux où elle peut plus fumer.


Une croisade contre le tabagisme


Non isolé, le cas de l’automobiliste de Bruges se décline sous des formes plus ou moins variées. Une guerre officielle contre les fumeurs semble être déclarée. Malgré ses prises de positions passées, le gouvernement semble plus impliqué que jamais dans la lutte contre le tabagisme. Il lance des mesures coups de point pour sensibiliser les fumeurs. Dans le même temps un accompagnement et proposé à ceux voulant arrêter de fumer.

Effet de mode ? Nouvelles directives ? Quoiqu’il en soit, il ne fait plus bon d’être un fumeur en France ! Comme si ces mesures ne suffisaient pas, il est désormais question de responsabiliser les fumeurs en leur présentant des images chocs et particulièrement explicites sur les paquets mis en vente. Les buralistes sont opposés à cette mesure  qui à la différence de la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux "de convivialité", pourrait avoir des répercussions sur les ventes.

L’histoire du tabac et le bilan 2008 atteste que les législations contraignantes ne reduisent pas le nombre de fumeurs. Il serait donc judicieux de porter davantage l’accent sur la prévention, notamment dans les écoles et d’encourager la vente des substituts nicotiniques. Ne pas montrer ostensiblement les paquets de cigarettes dans les points de vente pourrait aussi avoir une incidence sur la consommation.


Faustine Aziavi


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