Le livret A vs Assurance-vie : encore un bon plan ?

Depuis le 1er février 2009 le taux de rémunération du livret A passé de 4 a 2,5%, pourrait bien chuter a 1,25 % au printemps. Annoncé par François Fillon lors de ses vœux a la presse en janvier dernier, celui-ci a affirmé que le gouvernement n’avait fait que suivre la décision de la Banque de France. Alors que les taux de l’assurance-vie ne cessent de grimper et prévoient même de franchir la barre des 5 %, doit-on encore privilégier le livret A ? Explications.
Petit rappel. Chaque année, la Banque de France calcule le 15 janvier et 15 juillet de l’année en cours le taux du livret A en fonction de l’inflation et du niveau des taux monétaires. Le gouvernement décide ensuite sur proposition de la Banque Centrale Européenne (BCE) et le 1er du mois suivant le nouveau taux du livret A entre en vigueur.
Et l’épargnant dans tout ça ?
D’après Bercy le taux du Livret A de 2,5 % reste très supérieur à l’inflation qui a plongé à 1 %. Mais qu’en est-il pour les épargnants ? Un Livret à 4 % alimenté à son maximum soit 15.300 €, rapporte 612 € net sur une année. Mais 382 € seulement si le taux chute à 2,5 %.
En outre, si le Livret A suit l’évolution de l’inflation sur laquelle il est calculé, ce sera carrément "la douche froide". Selon la BNP, l’inflation annuelle sera en mars de l’ordre de 0,5 %. Si la formule mathématique de calcul du livret A est respectée, son rendement sera de 1,25 %. Une chute qui, selon les spécialistes, ne risque pas de s’arrêter.
Une chute qui semble profiter à l’assurance-vie. Certains assureurs annoncent déjà un taux de rémunération de plus de 4 % avant prélèvements fiscaux. Nettement plus avantageux que le futur taux du Livret A !
Les assurances-vie, un bon compromis ?
Pour la Barclays, pas envisagé pour l'instant de faire de Livret A. Jugé non prioritaire, en raison du plafond, des taux de garantie et des variations, le choix est au compte rémunéré et à l’assurance-vie. Selon José Fernandez du département Epargne Longue et Financements Patrimoniaux de Barclays France, le livret A doit s’attendre à des lendemains difficiles : "Il bénéficie d’une notoriété incroyable en France mais n’est pas forcément le placement le plus adapté sur le long terme. Bien souvent ouvert à la naissance de l’enfant, il trouve très rapidement ses limites une fois le plafond atteint." Il ajoute, "aux vues de la chute des taux que va subir le livret au printemps, il semble que l’assurance vie et le compte rémunéré soit le duo gagnant pour s’en sortir."
Avec un taux de 2,5 %, le Livret A semble donc représenter un faible danger pour l’assurance-vie vendue dans les grands réseaux bancaires. Mais bien que cette dernière voit sa rémunération à la hausse en 2009, le Livret A, lui, reste tout de même net de frais et net de tout impôt ou taxe, à la différence des taux affichés par les assureurs. "Afin de prévoir l’avenir d’un enfant dès sa naissance, il est préférable de souscrire à une assurance vie d’une durée minimum de 8 ans. Ce dernier aura à ses 18 ans un produit entièrement défiscalisé", souligne José Fernandez.
Mais attention, pour obtenir un taux net dans l’assurance-vie monosupport en euros, il faut retrancher du taux net de frais de gestion les 11 % de prélèvements sociaux mais aussi la fiscalité qui serait appliquée en cas de sortie. A savoir que celle-ci diffère également selon la durée du placement, avant et après quatre ans ou après huit ans. Par exemple, un rendement annuel net de 3,93 % pour un contrat d'assurance-vie équivaut en fait, une fois les prélèvements sociaux retranchés (11 %), à 3,5 %. A noter que le régime des prélèvements sociaux diffère pour les contrats multisupports.
C’est donc en cela que ces deux produits diffèrent. En somme le Livret A, reste un très bon placement sur du très court terme en dépit de la chute du taux. L’assurance vie, quant à elle, offre la possibilité de diversifier les supports d’investissement. C’est ainsi que le rendement des assurances vie peut devenir supérieur à celui des livrets épargne. Le conseil, jouez la diversité !



