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De Gainsbourg à Gainsbarre, le mythe perdure

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Selon un proverbe bien connu : le temps permet de tout oublier. Serge Gainsbourg lui, semble au contraire se jouer du temps. Même la mort n'a pas de prise sur son aura. Disparu depuis 1991 l'héritage qu'il a laissé est tel que témoignages, hommages et commémorations en tout genre ne cessent d’alimenter le mythe.

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De Gainsbourg à Gainsbarre, Gilles Verlant, biographe officiel du très poétique auteur compositeur interprète et cinéaste français, revient sur le parcours d’un homme torturé qui, provocateur par timidité, buvait pour oublier le temps, ses inquiétudes et les affres de la création.

Un héritage culturel


Gainsbourg est aujourd’hui plus présent que jamais. En 2008, le poète unanimement adoré occupait encore le devant de la scène avec une actualité toujours aussi vivante. La cité de la musique de la Villette a accueilli une exposition sur l'artiste et son œuvre musicale à l'occasion des 80 ans de sa naissance.
alt24 piliers disposés dans un espace de 500 mètres carrés, chacun d'entre eux étant ornés de photos, d'écrans vidéo et de textes. 48 haut-parleurs pour évoquer l'univers sonore de "l'homme à tête de chou". Entre les rééditions de livres et autres biographies, plus ou moins autorisées, Gainsbourg passe d’une génération à l’autre et provoque toujours admiration et engouement médiatique. L’influence laissée par cet artiste de talent,  qui malade de ne pouvoir "atteindre la perfection impossible, le génie", a passé sa vie à faire une éternelle distinction entre arts mineurs qu’il maîtrisait et les arts majeurs qu’il regrettait de ne pouvoir atteindre, est immense.

Un héritage musical



Chez les Gainsbourg, l’art se transmet très tôt. Il refuse de passer son bac et préfère suivre des cours de dessins et de peinture à  l’académie Montmartre. Initié à la "grande" musique par un père qui cultivait un mépris pour la chanson, une fois adulte, cet être rêveur, timide, vivant dans un autre monde, ne supporte pas son absence de "génie". Avec des phrases frasques telles que "je serais Courbet, ou je ne serais rien ", Gainsbourg, le peintre, s’adonne progressivement à la composition tout en minimisant sciemment ou non, l’ampleur de son apport à la chanson française.

Musicalement l'héritage gainsbourien, regroupe des compilations, des reprises par des chanteurs français et anglo-saxons. Rock, reggae, pop, jazz, aucun artiste actuel ne peut se prévaloir descendant de l'univers poétique du répertoire Gainsbourg ou Gainsbarre. Selon Gilles Verlant, nombreux sont ceux qui avouent leur grande admiration mais peu relèvent le challenge du génial parolier de la Valse de Melody, l'Anamour ou la Javanaise. A l'heure où Alain Bashung, "l'autre grand d'une certaine idée de la chanson française" disparaît, il est difficile d'établir une filiation entre ancienne et nouvelle génération. La stature, l'ampleur et le succès laissent Gainsbourg, seul ou presque au panthéon chanteurs.

altAprès sa rupture avec Jane, il collabore avec Bashung  sur l’album Play Blessure. Au sujet de cette rencontre qui a vue naitre leur amitié, Bashung dira plus tard : "Ce monsieur qui avait fait des choses magnifiques se disait prêt à tout refaire, tout reprendre à zéro. Il pensait à sa vie. Il était le mec le plus seul au monde et nous avions un rapport père fils très beau. Avec moi il tenait à être à la hauteur. Il avait l’orgueil de faire un truc immense…"


Vie publique, vie privée…


Charlotte, Jane, Bambou, juif, peinture, cinéma, son identité était multiple et se confondait entre sphère publique et quête de reconnaissance et d'amour. Lorsque Gainsbourg commence a être reconnu comme un compositeur tendance, une certaine frustration demeure : celle d’être dans l’ombre, à ses débuts,  "se sont ses interprètes qui alignent les tubes".

altSon œuvre des années 80, Love on the Beat, You're under Arrest, oscille entre une course à une popularité grand public et "une révélation de l'humain jusqu'au l'excès". Pour certains, Gainsbourg était associé à la course au cachet, comme à la grande époque de la poupée de cire, pour d'autres, il était le symbole de l’invention et appropriation de nouveaux genres musicaux.
Succès ou non, il était surtout un artiste rongé par le doute. Selon Gilles Verlant, ce personnage public qui aimait provoquer et choquer les gens, se révélait être en privée beaucoup plus timide et surtout très raisonnable. Avec ses enfants par exemple, il pouvait être un père sévère : "pointilleux sur la politesse, il surveillait jusqu’à leur manière de se tenir à table et leur façon de s’habiller".




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NOTRE SELECTION

Gainsbourg de Gilles Verlant, Jean-Dominique Brierre et Stéphane Deschamps /  Novembre 2000 / Albin Michel / 30 €

Présentation du livre : Gilles Verlant avait déjà publié un certain nombre de livres sur Gainsbourg, biographies de deux ou trois centaines de pages, recueils d'aphorismes ou de photographies. Voici sa somme, son ouvrage sans doute final, la biographie. L'ampleur de l'entreprise est étourdissante : 762 pages, plus de trois cents témoins interrogés, des milliers d'articles et de documents audiovisuels dépouillés ainsi que quelques dizaines d'heures d'interviews avec Serge Gainsbourg lui-même.Commencée avant la mort du chanteur, cette entreprise gigantesque est forcément une mine d'informations pour comprendre le Gainsbourg public et privé.

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