- Une enquête récente du mensuel "le Particulier" (mai 2007) dénonce des pratiques tarifaires opaques et des prix trop élevés. Ces dérives existent-elles depuis toujours ?
En fait, en 1986, Edouard Balladur a décrété la "liberté des prix". Jusque là, il y avait un arrêté des prix chaque année qui fixait les tarifs des syndics avec des contrats-types. Tout était harmonisé. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, en 86, les syndics ne se sont pas servis de cette "liberté des prix". Ils ont préféré continuer à appliquer leurs tarifs anciens mais ils se sont rattrapés sur les honoraires supplémentaires. Les syndics n’ont cessé d’accumuler les idées pour faire payer une multitude de choses "en plus" du contrat signé à la base.
- Quels sont les dépassements les plus fréquents dénoncés par cette enquête ?
Les abus portent sur l’ensemble des honoraires de "gestion particulière". Lorsqu’on regarde les comptes de près, c’est presque la moitié des dépenses qui rentrent dans ce type de frais. Par exemple, certaines Assemblées Générales peuvent être facturées 120 euros et de l’heure et sachant qu’après 22H le tarif passe du simple au double et que ces AG se déroulent souvent le soir tard, on arrive à un tarif de 240 euros de l’heure !
- Comment lutter contre l’opacité des comptes, tant décriée ?
En fait, il y a une disposition qui serait essentielle et très efficace pour la transparence : la séparation des comptes de chaque copropriété. Pour être clair, un syndic s’occupe souvent de dizaines voire de centaines de copropriétés et il communique uniquement sur son compte global. Les choses seraient beaucoup moins floues si l’on rendait obligatoire la séparation de chaque compte. Chaque copropriété aurait un compte bancaire et les vérifications, les identifications d’abus seraient facilitées.
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La copropriété pratique en 300 questions par Bruno Dhont / Vuibert / 2006 / 18 €
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