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Pouvoir d’achat en berne : comment s'en sortir ?

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Des consommateurs

La baisse du pouvoir d’achat ! Depuis de nombreux mois, on ne parle plus que de cela. A tel point qu'on ne sait plus comment l'arrêter pour de bon...


Mondialisation, spéculation, ententes tarifaires, pouvoir d’achat… Depuis la crise de 1929, l’économie mondiale est de plus en plus complexe. Pascal Perri, géopolitologue, professeur, et dirigeant d’un cabinet conseil en stratégie vient de publier "La bataille du pouvoir d'achat, comment la gagner". Grand adepte du modèle économique "low cost", Pascal Perri qui est également commentateur dans des émissions telles que le "Grand Journal de l’économie" ou "les Grandes Gueules" (BFM et RMC), fait le point sur une situation économique mondiale instable.



- Pour vous, l’économie est à la portée de chacun des Français. C’est la raison pour laquelle vous avez voulu écrire ce livre ?


L’économie n’est pas à la portée de tous mais tout le monde peut comprendre l’économie ! Les Français en particulier puisqu’ils aiment consommer et donc ils se doivent de comprendre un minimum l’économie et particulièrement le postulat de base : on ne peut dépenser plus que ce que l’on gagne ! Pourtant, c’est ce que tout le monde fait et le problème, c’est qu’en économie, rien se perd et tout se transfère. Donc, les problèmes que l’on a aujourd’hui, on va les transférer aux générations suivantes. J’ai voulu écrire ce livre pour expliquer certains principes économiques aux Français pour les mettre en garde et aussi parce que la question du pouvoir d’achat se pose de manière radicale dans leurs vies. J’ai voulu leur montrer qu’il ne suffisait pas simplement d’augmenter leurs salaires pour améliorer leur pouvoir d’achat et que la réalité n’est pas aussi simple.


- "Ce que les uns gagnent, les autres le perdent" : c’est bien le premier grand principe à assimiler ?


Ce principe est effectivement important à retenir pour comprendre ce qui nous arrive puisque c’est l’un des aspects de la mondialisation. En France, la mondialisation a débuté avec une phase d’externalisation d’une partie de nos productions. Dans un premier temps, nous avons profité de cette mondialisation puisqu’elle a baissé les prix mais nous ne nous sommes pas rendus compte qu’en transférant les productions, nous transférions aussi des revenus. Dans ces pays, dits aujourd’hui émergents comme la Chine et l’Inde, sont alors apparus des classes moyennes qui ont voulu vivre comme nous. Ces pays sont, alors, devenus des concurrents en voulant consommer les mêmes biens que les nôtres. La loi de l’offre et la demande étant ce qu’elle est, la hausse de la demande a entraîné une hausse des prix.


- Qu’est-ce qui est, pour vous, le véritable responsable du faible pouvoir d’achat des Français ?


L’Etat français, où 50% du revenu des ménages est consommé par les impôts directs ou indirects, est le premier poste dans le budget des ménages. Ajoutons à cela le logement et vous avez entre 60 et 70% des revenus d’un ménage de consommé. Le reste correspond au pouvoir d’achat… Ca ne fait pas beaucoup.


- Vous expliquez aussi que, contrairement à ce que l’on imagine, la concurrence, notamment dans la grande distribution, ne fait pas obligatoirement baisser les prix. Pourquoi ?


La concurrence ne fait pas toujours baisser les prix parce que, très souvent, il y a entente concurrentielle plutôt que concurrence réelle. Engager une concurrence, cela suppose une volonté réelle de se concurrencer alors que la réalité, c’est plutôt les compétiteurs qui organisent une fausse concurrence et s’arrange sur les prix. Par exemple, en France, les grandes enseignes de la distribution se sont répartis géographiquement le territoire et, au sein même des villes, les enseignes se sont répartis les zones de chalandises, tout est calculé, arrangé… Et puis on sait aussi que les produits de marque dans ces grandes enseignes sont achetés aux mêmes fournisseurs, aux mêmes prix. La concurrence n’est donc pas réelle, et sans vraie concurrence pas de variations de prix, donc pas de baisse de ces derniers.


- Autre aspect de cette hausse des prix : la spéculation massive sur les matières premières alimentaires et sur l’énergie. Comment l’expliquer ?


Je ne l’explique pas, je la condamne ! Je considère que les matières premières font partie du bien commun de l’humanité, l’agriculture doit servir à nourrir les gens et non à être un marché. Je condamne les spéculateurs, qui font en sorte que les matières premières alimentaires deviennent rares pour ensuite les remettre sur le marché et les vendre beaucoup plus cher (exemple du beurre). Pour les Français, cela représente alors une hausse des prix - c’est déjà important - mais dans certains pays, cela entraîne des famines, des pénuries, des morts.


- En quoi l’information joue-t-elle en faveur de cette spéculation ?


Parce que c’est un outil psychologique. Plus vous montrez des meutes de la faim à la télévision et plus les spéculateurs jouent sur le maintien des stocks pour faire monter les prix.


- Une nouvelle politique agricole à l’échelle internationale peut-elle faire baisser les prix ?


Oui évidemment. Dans cette nouvelle politique agricole, il faudrait qu’il y ait, tout d’abord, la garantie de revenus pour les agriculteurs; ensuite, l’arrêt immédiat des productions de produits naturels dans un but industriel comme la production de colza pour faire de l’essence et il faudrait aussi un grand plan mondial pour moderniser l’agriculture. Imaginez quand même que sur un milliard d’agriculteurs, 28 millions ont un tracteur !


- Une autre des solutions que vous préconisez pour améliorer notre pouvoir d’achat : la restauration d’urgence de la liberté de travail. En quoi cela consiste précisément ?


C’est l’abrogation des 35h, cela correspond à ce que M. Sarkozy veut mettre en place, "travailler plus pour gagner plus". Mais la liberté de travail nécessite aussi des règles de concurrence sérieuses, il y a d’ailleurs un petit progrès de fait avec la loi de modernisation économique mise en place par Luc Chatel. Et puis, il faut aussi mettre en place la fin des barrières d’entrée. Par exemple, pour ouvrir un magasin, il faut l’autorisation du maire et de la commission départementale, le but étant de ne plus avoir besoin de leur accord.


- Vous préconisez aussi de développer un hard-discount à la française à l’inverse de nos hypermarchés synonymes de tentation. En quoi consisterait ce hard discount ?


Le but est de faire la même chose que Lidl et Aldi, des hard discounts allemands, mais version française. Le plus important étant que la grande distribution française revienne à ses anciennes promesses : proposer le strict nécessaire au prix le plus bas.



- Une hausse du pouvoir d’achat passerait donc, selon vous, par un retour à une société non plus de plaisirs mais du désirs; finalement à plus de simplicité. Pouvez-vous préciser ?


Est-ce qu’on a besoin de manger des prunes venues d’Afrique du sud ? Non, il faut respecter les rythmes naturels des productions agricoles, nous devons devenir plus raisonnable. Aujourd’hui, on est dans le toujours plus, le pouvoir d’achat est devenu le vouloir d’achat, ce ne sont pas les besoins qui augmentent mais les tentations. Il est important d’arriver à faire la différence entre les besoins et les tentations. Et revenir à plus de proximité est important. Par exemple, il serait bien que les Français retournent dans des boutiques plus que dans des hypermarchés où la tentation est omniprésente.


- Vous parlez aussi de soutenir et de renforcer la recherche française. Pourquoi ?


Il faut créer de nouveaux produits pour nous différencier. En tant que Français, nous devons apporter de la valeur ajoutée en étant plus inventif pour nous faire remarquer. Pour cela, il faut revoir notre positionnement, puisqu’aujourd’hui les gens cherchent du luxe ou du bas de gamme et nous, Français, nous sommes situés sur du moyen de gamme. Faute de pouvoir aller dans du bas de gamme, parce que nous n’avons pas les moyens de production, il faut nous positionner sur le haut de gamme et donc innover !


Laurence Nyer



NOS INFOS

La bataille du pouvoir d'achat, comment la gagner de Pascal Perri / Editions Eyrolles / Octobre 2008 / 15 €
Présentation du livre : L'ouvrage apporte des réponses à des questions autour des prix et du pouvoir d'achat et suggère des pistes pour sortir de la crise en réapprenant la simplicité et la proximité dans nos modes de consommation.

Pour commander directement ce livre :

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Vos commentaires
  • Posté par renardo le 2009-11-13 14:31:11

    Nous n'avons plus de pouvoir d'achat! Après avoir payé le loyer, la bouffe et autres factures et impots, il ne reste RIEN!


  • Posté par alberto1 le 2009-11-13 15:26:00

    Mon pouvoir d'achat est tellement bas que je suis obligé de travailler le week end, en plus de mon travail hebdomadaire. Je suis fatigué... Comme beaucoup de français!


  • Posté le 2010-04-09 00:27:07

    Avec la concurrence dèloiyale et les ententes entre les différents enseignes la concurrence est faussées donc automatiquement les prix sont les meme partout. Le seule probléme est que les impots, les loyés, les assurances, ne céssents d'augmenté. Il faut savoir que tous les achats qu' on éffectue 1/5 entre dans les caisses de l' état (tva 19.6%) donc le gouvénement doit intervenir pour régulé tous cela et proposer des solutions aux plus vite.


  • Posté le 2010-04-27 21:03:11

    quels st les facteurs qui germent cette crise?et quels sont les pays les plus affectés par cette crise


  • Posté par ptijule le 2010-06-06 09:45:34

    Cette analyse est d'une clairevoyance déconcertante. Chaque français devrait s'imprègner de ces observations. Hélas, les sirenes socialistes feront que ce ne sera pas le cas et la France continuera de s'enfoncer.


  • Posté le 2010-05-09 12:31:41

    Que ces "mirobolants" experts en "yaka" et "focon", expliquent pourquoi ils ne dénoncent pas qu'un produit acheté 100€ il y a 10 ans, ne coute aujourd'hui que 5€! En effet, ce produit n'est plus fabriqué dans un pays respectant un minima de déontologie sociale... En attendant ces mêmes experts s'engraissent aux dépends de la classe dite moyenne...qu'ils se méfient quand même, car lorsque cette classe sera inexistante, ce sera la révolution. 64ZEK


  • Posté le 2010-05-15 00:41:37

    je pense que la crise ne fait que commencer que va t-il se passre dans trois ans quand l'euro aurra réelment chuter?


  • Posté le 2010-09-25 21:38:24

    je panse q'une nouvelles crise vas avoire lieu d'ici les prochains mois et qu'ils ne pourrons pas renflouer cette foi si cesi vas s'acumuler avec la catastrophe que vas engendrer la disparision massive des abeilles plus la surpopulation croisente et la crise autour des resource en eau pure qui s'épuise et les conflie que cela va provoquer plus les déréglement climatique il faus prier Dieu qu'il nous fassent misèricorde pour le male que nous fesons amine


  • Posté le 2011-06-20 07:19:44

    ok on court a la catastrophe il y a que sarko qui peut partir en vacances


  • Posté le 2011-11-24 18:58:40

    Je verrai bien un petit "Mai 68 bis" tous dans la rue pour faire bouger les choses! sinon rien changera! personnellement droite, gauche j'ai plus confiance aux politiciens! ils sont tous en quête du pouvoir et de l'argent! revenons aux vraies valeurs de la vie!! solidarité, respect et besoins essentiels!! Réfléchissons par nous-mêmes au lieu de se laisser guider par les médias, le marketing, une image!!


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