Le destockage alimentaire au banc d’essai
Un principe : vendre tout ce qui peut encore l’être
Après avoir constaté le nombre important de produits invendus par les "majors" de la grande distribution, plusieurs entrepreneurs ont eu l’idée d’aller racheter cette marchandise vouée aux bennes à ordures. Défaut d’étiquetage, mauvais emballage, date de péremption proche voire dépassée : les raisons sont nombreuses pour expliquer un produit invendu. Un magasin de destockage propose ainsi les produits de grande consommation à des prix cassés. Sur les marques célèbres, les rabais oscillent entre 25 et 80 %.
Quelques bonnes affaires…
Théoriquement, les produits vendus ne sont pas dangereux pour la santé. En effet, seuls les aliments ayant dépassé la DLUO (date limite d'utilisation optimale) peuvent être encore commercialisés en magasin de destockage. Ils concernent les produits longue conservation (épicerie, conserves, boissons). A l’inverse, les produits dits sensibles (viandes, plats cuisinés, laitages) qui ont tous une DLC (date limite de consommation), ne peuvent pas être vendus au-delà de la date indiquée. En prenant en compte ce paramètre, il est assez intéressant d’acheter certains produits. Sur un chariot, l’addition est réduite, en moyenne, de 30%. Il va de soi qu’une boîte de conserve périmé bénéficiera d’une plus grande ristourne qu’une boîte de lessive mal étiqueté.
Mais de nombreuses limites
Néanmoins, quelques détails nuancent sérieusement les bienfaits de ces magasins au rabais. Lorsqu’on achète un produit ayant dépassé la DLUO, il faut savoir que ses qualités nutritionnelles disparaissent en grande partie. Idem au niveau des vitamines, du goût et de la texture (sec, mou…). Par ailleurs, il est presque impossible de faire une liste de courses pré-établie puisque les enseignes de déstockage dépendent des invendus dont les distributeurs et les fabricants veulent se débarrasser. Enfin, selon une récente enquête menée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), certains doutes subsistent par rapport aux produits possédant une DLC. Certains commerçants changeraient les étiquettes de certains produits d’importation afin de pouvoir les vendre à temps.
En somme, les magasins de destockage ne peuvent pas remplacer les enseignes de hard discount et restent un marché de niche. Au niveau de la qualité nutritive et du choix des produits, la comparaison est rapidement faite. Néanmoins, pour les personnes les plus en difficultés, ces lieux permettent de trouver certains produits d’hygiène et alimentaire à des prix défiants toute concurrence.
Stéphane Pocidalo



















