Qu'est ce que la téléphonie low-cost ?
Sur fond de crise du pouvoir d’achat, le marché des opérateurs "low-cost" connaît une véritable explosion. Leur chiffre d’affaires en France a été multiplié par cinq en deux ans, pour atteindre plus de 5 milliards d’euros.
Cyril Brosset, journaliste à l’UFC Que choisir, nous explique ce phénomène.
- Qu’est-ce que la téléphonie "low-cost" ?
Lorsque l’on parle de téléphonie low-cost, c’est à dire à bas coûts, on parle en fait des opérateurs dits "virtuels" qui ne sont pas (ou peu) diffusés en magasin et donc ne supportent pas les coûts d’un réseau de distribution classique vu qu’ils utilisent surtout Internet. Ils sont aussi appelés MVNO (Mobile Virtual Network Operator). On peut parler de téléphonie low-cost car ces opérateurs proposent aujourd’hui des offres à plus faible prix que celles des trois gros acteurs du secteur que sont SFR, Orange et Bouygues.
- Quelles sont les caractéristiques de ces offres ?
Les opérateurs low-cost se positionnent sur des offres décalées par rapport à celles des opérateurs classiques. Ils s’intéressent aux marchés de niches, aux consommateurs qui ont un besoin précis. C’est pour cela qu’ils développent des offres pour les petits utilisateurs avec un petit forfait appel + SMS et laissent de côté tout l’aspect internet mobile. Ces opérateurs visent clairement un public qui ne se reconnaît pas dans les offres des grands opérateurs avec portable ultramoderne et multifonction.
- Sur quoi font-ils des économies ?
Ce sont des opérateurs virtuels donc ils font des économies sur les infrastructures. Leur mode de fonctionnement est simple. Ils achètent des minutes de communication aux grands opérateurs et utilisent leurs réseaux pour les appels. En clair, la plus grosse économie provient du fait que ces opérateurs n’ont pas à développer leur propre réseau de communication. Ils font également moins de publicité et n’ont pas de magasin car ils utilisent surtout Internet. En fait, ils font des économies à tous les niveaux de production et de distribution des offres.
- Les prix sont-ils vraiment plus attractifs ?
Tout dépend de ce que l’on recherche. On ne peut pas vraiment dire que les prix sont plus attractifs car les offres proposées ne sont pas vraiment les mêmes que celles des trois grands opérateurs historiques. Disons qu’il est possible de trouver une offre qui corresponde exactement à ses besoins sans payer des options qui seront inutiles.
Par ailleurs, la France est en retard en matière de téléphonie low-cost par rapport à certains voisins européens. En Grande-Bretagne, par exemple, 25 % de la population a déjà souscrit à ce type d’offre, contre seulement 5 % en France.
- Y a t il des contraintes ou des pièges avec ces offres ?
Comme tout autre opérateur, il faut faire attention aux différentes clauses du contrat avant de choisir. Le plus gros problème finalement, c’est la multitude des offres. Je recommande donc vivement de prendre son temps avant de se lancer avec un opérateur. Il faudrait presque analyser sa propre consommation en détail avant de comparer les différentes offres ! Trouver un forfait vraiment adapté à sa consommation réclame en fait de se pencher un peu sur la question, alors que beaucoup de gens s’abonnent un peu à la va-vite. En revanche, chez Que Choisir, nous n’avons pas constaté plus de plaintes visant ces nouveaux opérateurs que les 3 opérateurs classiques. Il n’y a donc pas à priori plus de pièges avec les opérateurs low-cost qu’avec les autres.
- Avec la baisse du pouvoir d’achat, la téléphonie low-cost est-elle amenée à se développer ?
Les opérateurs virtuels vont être amenés à se développer mais je ne pense pas que la baisse du pouvoir d’achat soit la raison première. Les pouvoirs publics souhaitent augmenter la concurrence dans le secteur de la téléphonie et favoriser ainsi une baisse des prix. La conjoncture économique actuelle peut par contre servir de catalyseur au phénomène de développement de la téléphonie low-cost.
- Vers quel type d’offres se dirige-t-on dans le futur ?
Du côté des opérateurs comme SFR, Orange et Bouygues, l’idée est de diriger le consommateur vers des forfaits illimités (appel, SMS, Internet). Le gros inconvénient de ces forfaits reste le prix relativement élevé même si on peut penser qu’une généralisation de ce type d’offres va entraîner une baisse des prix. Les opérateurs virtuels vont, quant à eux, certainement continuer à creuser au sein des niches de consommateurs pour concevoir des offres vraiment adaptées aux besoins des utilisateurs. Dans le même temps, ils iront certainement vers plus de simplicité pour séduire les plus réticents aux nouvelles technologies.



