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Après la crise, comment les Français voyagent-ils ?

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Sports d’hiver, soleil lointain ou… rien du tout. La crise frappe de plein fouet le tourisme. Certaines destinations échappent-elles à la sinistrose ? Y a-t-il des opportunités à saisir pour s’offrir un voyage de qualité et économique ?


René-Marc Chikli, Président du CETO, le Centre d'Etude des Tours Opérateurs qui rassemble 80% des tour-opérateurs français, répond à nos questions.


- L'année dernière, vous prédisiez que les Français ne feraient pas de sacrifice sur les dépenses voyages en hiver mais allaient privilégier la qualité. Avec la crise, ces tendances se sont-elles confirmées ?


C’est l’analyse qu’on faisait par rapport à la baisse du pouvoir d’achat cet été mais, avec la crise arrivée entre temps, c’est pire. Les gens avaient l’intention de faire des arbitrages et de choisir plutôt des voyages en moyen-courrier plutôt que des longs mais là, on assiste à une nouvelle vague : les gens renoncent à partir, ils reportent dans le meilleur des cas.


- Le défi est donc, pour les professionnels, de proposer des produits différents. Y parviennent-ils ?


Ils ont beaucoup de mal car l’arbitrage budgétaire se fait ressentir très fortement sur tous les types de destinations et notamment sur les longs-courriers. Il est finalement très difficile de s’adapter à cette demande puisqu’elle se disloque, elle disparaît peu à peu, tout simplement !


- Une agence quasi-déserte, cet exemple est-il représentatif ?


Oui absolument, et on a jamais vu ça ! Ou peut-être après le 11 septembre 2001. A ce moment là, les gens se sont mis à voyager très différemment en limitant les départs vers des destinations qu’ils ne considéraient pas comme complètement "sécurisées". Il y avait une sorte de "traumatisme arabe", et des destinations comme le Maroc en avaient beaucoup souffert. Puis, encore plus loin, il y a eu les conséquences de la crise du pétrole après 1991 qui s’étaient répercutées sur les départs en vacances mais là, en 2009, c’est du jamais vu !


- Pour les tours-opérateurs spécialisés dans le "last-minute" à prix cassés, la crise serait plutôt une opportunité ?


C’est difficile de répondre car, personnellement, je pense que personne n’est épargnée dans le milieu. Le last-minute, c’était l’espoir du mois de novembre avec la crise qui nous est tombée dessus. Je pense que le last-minute existe aujourd’hui de manière opportuniste avec des prix promotionnels qui sont intéressants mais ces structures ont un ennemi redoutable : la disponibilité. En effet, les offres qui apparaissent sur le net sont très limitées en nombre. Seuls de rares clients trouveront finalement leur bonheur pour pas cher.


- En temps de crise, les gens finissent-ils par se décider plutôt sur "un tarif " que sur "une destination"?


Absolument, et ça c’est une tendance nouvelle. En gros, ils sont nombreux à renoncer à partir et ils sont aussi nombreux à craquer sur une destination à laquelle ils n’auraient pas pensé du tout, seulement parce que le prix est attractif.


- La crise n’a, en revanche, aucun impact significatif sur l’activité économique des sports d’hiver. C’est le carton plein pour les stations de ski, comment l’expliquez-vous ?


Je dirais que des "dommages collatéraux" vont accompagner ce succès incontestable. En fait, c’est le "locatif" et les hôtels qui se portent très bien mais derrière, les gens se disent qu’ils limiteront les dépenses sur place. Ils vont regrouper la famille dans la voiture pour limiter les dépenses de trajet. Une fois arrivés, ils opteront soit pour une formule tout compris en hôtel sans faire d’excès à côté, soit ils seront en location et ne se permettront aucun écart sur place.


- Revenons aux séjours au soleil en hiver… Plus fourmis que cigales, les Français privilégieraient aussi les escapades brèves de 4 jours. Vous confirmez ?


Je confirme, on réduit le temps du séjour et donc le coût. Aujourd’hui, vous pouvez partir sur 3 ou 4 jours (du jeudi au dimanche par exemple) pour un tarif raisonnable avec un séjour tout compris. Vous voyez la mer et le soleil et c’est une formule qui convainc plus facilement en temps de crise. Le Maroc, la Tunisie, les Canaries, l’Egypte font partie des destinations qui permettent ce type de séjour court.


- Autre tendance nette : la préférence pour le "tout compris" ?


Depuis environ 10 ou 15 ans, les Français sont devenus très friands du "all inclusive " car les formules proposées ne cessent de se perfectionner; elles proposent aujourd’hui de la "vraie qualité". C’est grâce à ce système que la République Dominicaine est devenue une destination phare par exemple. Il y a ensuite le locatif en résidence qui a très bien évolué sur le plan du confort et des services annexes, c’est d’ailleurs pour cette raison que les locations aux sports d’hiver marchent si bien, même en pleine crise !


- Quelles sont finalement les destinations qui tireront leur épingle du jeu cet hiver ?


Disons qu’un tour-opérateur qui vend des voyages aux Etats-Unis, au Canada, en Egypte et aux Maldives… ne connaît pas la crise mais il faut aussi dire qu’il s’adresse à des personnes qui ont un budget plutôt conséquent. En moyen-courrier, on observe un succès relatif (tout est relatif en ce moment) du Maroc, de la Tunisie, des Canaries, plutôt pour de courts séjours.


- Est-il encore possible que les réservations pour ces vacances d’hiver finissent par décoller ?


Pour cet hiver, on a eu de l’espoir jusqu’à environ mi-novembre. A l’heure qu’il est, on peut dire qu’il y a encore des promos qui marchent bien mais le "marché classique" est définitivement sinistré. Ce qui nous fait espérer aujourd’hui, c’est que la crise va créer chez les gens un besoin de s’évader. Après tout, nous vendons du rêve, à nous d’être assez visible pour ceux qui "n’en pourront plus" en début d’année 2010 et qui se diront qu’ils "doivent" s’accorder une petite escapade.


- Et le marché du luxe, résiste t-il à la crise ?


Pour ce qui est de la crise, le domaine du luxe n’y échappe pas car il fait aussi le bilan de baisses notables dans son CA. Les gens riches n’ont pas le même problème d’argent au quotidien que les autres Français dont on parle depuis le début mais peut-être qu’ils sont plus prudents, ils réfléchissent plus.


- Côté luxe, quelles sont les destinations actuelles les plus prestigieuses et les plus demandées ?


Dans le luxe, c’est plutôt des "endroits" que des destinations qui sortent du lot. Par exemple, passer Noël à l’Oasis de Siwa en Egypte, c’est le top ! Il s’agit d’un lieu où on vit sans lumière, sans télévision… La nourriture y est excellente et on y privilégie le contact avec la nature. Le Prince Albert y a sa suite et la clientèle est très prestigieuse.
Après, vous avez des destinations plus connues comme les Maldives, l’Ile Maurice… Mais ce qui attire beaucoup la clientèle fortunée, ce sont les hôtels équipés de spas et tout un éventail de propositions liées au bien-être.


- Le tourisme de luxe a-t-il beaucoup changé ces dernières années ?


Oui. C’est d’ailleurs intéressant de comparer les tendances du luxe d’aujourd’hui avec celles des années 50-70 par exemple. A l’époque, les gens très aisés recherchaient le confort mais aussi et surtout le "service à outrance", il fallait que plusieurs personnes soit à leur service en permanence. C’est ça qui caractérisait vraiment le séjour de luxe. Aujourd’hui, c’est le confort, les hautes-technologies mais par-dessus tout le "bien-être" qui est recherché dans le voyage de luxe.


Laurence Nyer


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Vos commentaires
  • Posté par panxa04 le 2008-12-09 12:27:29

    Avec cette situation économique désastreuse, la meilleure solution pour partir reste encore le low cost. Dieu merci, ces nouvelles compagnies proposent des vols et parfois même des séjours discounts accessibles aux foyers les plus modestes. En somme, je ne crois pas que la crise nous empêche réellement de partir elle nous contraint juste à modifier le choix de nos destinations.


  • Posté par beaute-domicile le 2010-10-06 14:11:02

    Pour ma part, je voyage gratuitement chaque année grâce à mon job. Pas de crise dans le secteur de la vente directe. si ca vous tente : beaute-domicile.com à bientôt


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Avec Axel de Tarlé


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