- Un gros ronfleur a-t-il conscience d’être victime d’une vraie maladie ?
Pas vraiment, beaucoup de gens vivent avec ça des années. D’ailleurs, la moitié des patients que je vois arrivent dans mon cabinet à l’initiative d’un tiers. C’est très souvent la femme qui emmène son homme car lui ne se sent pas malade. Pourtant ce mal peut déboucher sur des problèmes très sérieux tels que l’apnée du sommeil et sur des complications cardiaques et cérébrales si cela dure plus de 10 ans.
- Quels sont les signes les plus alarmants ? Quand doit-on consulter ?
Il faut écouter les autres, je parle notamment de ceux qui vivent avec vous. Si quelqu’un se plaint de votre ronflement, allez consulter avant des complications cliniques. Evidemment, réagissez tout de suite si vous avez l’impression de faire des apnées du sommeil. Faire de l’apnée du sommeil c’est s'arrêter de respirer plusieurs fois pendant la nuit. En plus d'être très impressionnant, ce syndrome a un impact important sur la santé. En plus de la fatigue et des somnolences, ce syndrome est à l'origine de troubles cardiaques, d'hypertension…
- Y a-t-il des moyens pour atténuer la gêne sans pour autant avoir recours à un traitement chirurgical (de réduction), une prothèse respiratoire?
On peut effectivement proposer des traitements qui avancent la mâchoire pendant la nuit. Le but est de faire respirer le patient en l’embêtant le moins possible. On place un "masque en pression positive" sur le nez. Ce masque créé une petite pression d’air en permanence qui permet de faciliter la respiration. Cette pratique n’a lieu que si le patient ne peut pas perdre de poids et elle ne peut pas fonctionner lorsque la cloison nasale est obstruée. On peut aussi vous faire placer une prothèse dentaire qui avancera la mâchoire.