Le business de la chirurgie esthétique
Activité encore discrète et taboue il y a quelques années, la chirurgie esthétique est devenue aujourd’hui un véritable phénomène de société : agences de tourisme spécialisées en esthétique, concours de beauté, émissions de téléréalité… en ont fait un business lucratif qui occultent bien souvent les risques liés a un tel acte.
La chirurgie esthétique est un business florissant. comment démêler le vrai du faux parmi toutes les offres et choisir son praticien ? Pour y voir plus clair, Anne-Marie Attali, journaliste pour le magazine "Votre beauté", fait le point sur ce phénomène.
- Comment expliquer les différences de prix pour un même acte de chirurgie esthétique ?
La différence s’explique comme pour n’importe quel autre achat. Il peut y avoir une différence de qualité mais on paye surtout une renommée, un nom qui a pignon sur rue. Lorsque l’on se fait opérer en clinique privée, on paye toujours plus cher car le prix inclue également un coût pour l’assurance en cas de problème. Attention néanmoins, ce n’est pas parce que l’on paye moins cher que le travail sera moins bien fait.
- Comment procéder avant de se faire opérer ? Y a-t-il des clés pour être certain de son choix ?
L’aspect relationnel avec le chirurgien est très important. Il faut "sentir" son chirurgien, avoir un bon feeling avec lui. Si l’on a le moindre doute, autant ne pas le faire. Le bouche-à-oreilles a vraiment son importance dans le choix de son chirurgien. Lorsque l’on a une amie qui s’est fait opérer et qui est contente du résultat, elle est la meilleure conseillère pour choisir son chirurgien.
- Y a-t-il une différence entre hôpital public et clinique privée ?
Il y a une différence de prix mais cela ne veut pas dire qu’il y a une différence de qualité. On peut isoler deux grandes différences : le patient peut être opéré par un interne sous la surveillance du chirurgien responsable car c’est en hôpital que se forment tous les chirurgiens esthétiques. Le patient est bien sur prévenu à l’avance et peut refuser. Le laps de temps entre les consultations et l’opération est bien plus grand à l’hôpital qu’en clinique.
Après on peut également parler du service car une clinique qui a pignon sur rue proposera forcément un service haut de gamme contrairement à l’hôpital public. En termes de réussite, je ne pense pas qu’il y est de différence. Il faut savoir que de nombreux chirurgiens officient à la fois en hôpital et en clinique privée.
- Est-ce moins cher de se faire opérer à l’étranger ? Y a t il des risques ?
C’est moins cher si on a la chance de ne pas avoir de problème, on peut faire une économie de 50 % par rapport à la France. Je pense qu’il y a de gros risques à se faire opérer à l’étranger :
Le préopératoire : comment un chirurgien peut décider de comment vous opérer uniquement en vous ayant vu par photo. De même, le feeling est important mais ici, il est impossible de savoir si la personne que l’on a au téléphone est celle qui opérera. Sur place, les gens ont tendance à croire que ce sont des vacances mais c’est faux. Après l’opération, il y a une période de repos obligatoire où l’on reste dans sa chambre. Il ne faut pas imaginé aller sur la plage ou faire du tourisme.
Le post opératoire : il arrive parfois qu’il y est des complications (plus ou moins graves). Aucun médecin en France n’acceptera d’effectuer le suivi d’une opération qui a été faite à l’étranger. Il faut vraiment que le problème soit grave pour qu’un chirurgien accepte d’intervenir mais cela se fera au prix fort. L’opération n’est donc absolument pas rentable.
- En cas de problème, quels sont les recours ?
En cas de problème suite à une opération, il est possible de s’arranger avec le chirurgien. En cas de gros litige, deux chirurgiens siègent à la cour de cassation et effectuent une expertise. De leur décision dépend celle du tribunal. Si l’on se fait opérer à l’étranger, il faut faire avec la législation du pays mais c’est généralement un vrai sac de nœud. Il ne faut pas espérer être indemnisé.
Il faut quand même préciser qu’en France, les "ratés" en chirurgie esthétique sont rares. On assiste plus souvent au phénomène de l’opération réussie mais du patient déçu. Techniquement, on ne peut pas accuser le chirurgien d’avoir mal fait son travail. Cet aspect montre l’importance du travail préopératoire où le chirurgien doit définir les vraies motivations du patient mais aussi ce qui sera le plus efficace en terme d’intervention.
- Le prix est-il forcément synonyme de qualité ? Qui peut le certifier ?
Le prix élevé est généralement synonyme de qualité mais cela ne veut pas dire que le travail sera mal fait si l’on paye moins cher (en France). Pour connaître les compétences d’un chirurgien, il suffit d’aller sur le site de l’Ordre des médecins. Bien sur, il ne s’agit pas de conseil car ce n’est pas déontologique mais cela permet de savoir quels sont les chirurgiens référencés et quelles sont leurs spécialités respectives.
- La chirurgie esthétique est-elle désormais banalisée ?
La chirurgie esthétique s’est banalisée. On passe plus facilement sous le bistouri mais au-delà de la chirurgie, c’est surtout la médecine esthétique qui connaît un vrai boom. Aujourd’hui, la technique permet de "rajeunir" sans forcément passer par le lifting. Pour exemple les injections de botox ou l'acide hyaluronique.


















