Devenir Mompreneur, c’est facile !

Comment concilier sa vie professionnelle et sa vie affective lorsqu’on a des enfants ? En devenant Mompreneur, bien sûr ! De plus en plus de mamans créent leur entreprise afin de trouver un mode d’organisation totalement personnalisable. Une idée judicieuse à condition d’avoir un bon concept à vendre !
Comme des centaines d’autres, Céline Fénié est Mompreneur. Il y a deux ans, alors qu’elle est sur le point d’accoucher d’un deuxième enfant, elle quitte son travail et décide d’ouvrir un site de e-commerce. Ravie de sa nouvelle organisation, elle souhaite en faire profiter d’autres mamans et crée le premier réseau des Mompreneurs en France. Interview d’une femme pleinement épanouie.
- Depuis quelques semaines, on parle de plus en plus des Mompreneurs dans les médias. Comment expliquez-vous ce succès des mamans entrepreneuses ?
Je ne sais pas si c’est un succès mais plutôt une mise en lumière. Effectivement, notre réseau – qui est devenu une association depuis mars 2009 - existe depuis un peu plus d’un an et on en parle plus aujourd’hui dans les médias. Il y a six mois, nous étions 250 membres. Aujourd’hui, nous sommes 650.
- Grâce au nouveau statut d’auto-entrepreneur, est-il plus facile de mettre en place son activité qu’il y a deux ans ?
Oui, ce nouveau statut joue un rôle incitatif mais je ne suis pas sûre qu’il soit énorme. Avant, il y avait beaucoup de femmes qui créaient leur entreprise sans que cela se sache. Elles étaient, entre guillemets, perdues dans un coin de la France sans savoir qu’il y avait d’autres mamans dans le même cas. Aujourd’hui, les gens se regroupent car cette situation est plus visible. Donc, ce nouveau statut a permis de pousser certaines femmes qui n’osaient pas se lancer mais je ne pense pas qu’il soit un "booster".
- Avec cette organisation personnalisée, est-ce réellement plus évident de concilier sa vie professionnelle et sa vie affective ? Chez soi, le risque de travailler le soir et le week-end est grand…
En effet, ce n’est pas évident. Pour n’importe quelle personne qui monte son entreprise au début, le but est de faire beaucoup d’heures car le projet tient à cœur. Après, il faut savoir s’arrêter. Tout l’intérêt de ce statut est de s’organiser comme on veut et de pouvoir, par exemple, aller chercher son enfant à l’école. Mais il faut accepter de travailler quelques fois le soir. Cette flexibilité est, de toute façon, un avantage.
- Le problème majeur du travail à domicile est l’isolement. Comment peut-on éviter de tomber dans une spirale négative ?
L’isolement est, en effet, le principal travers et c’est pour cela que notre réseau connait un tel succès. Il y a un réel besoin de rencontrer d’autres personnes qui ont les mêmes problématiques et qui ont les solutions à offrir. D’où l’intérêt d’organiser des Mamcafé dans plusieurs villes de France afin de faire rencontrer les Mompreneurs.
- Ne pensez-vous pas qu’être mère est un frein dans la vie professionnelle ?
Oui, c’est un frein parce qu’être mère demande de la disponibilité pour son travail et pour ses enfants. Mais les deux entrent souvent en contradiction et la situation devient, alors, difficile à gérer. C’est pour cela que de plus en plus de mamans font le choix de créer leur entreprise.
- Devenir Mompreneur permet-il de lutter contre le "baby blues" ? Ou d’appréhender différemment le rôle de mère ?
Je pense que c’est possible même si je n’ai jamais eu d’écho allant dans ce sens. Se lancer dans un projet professionnel est assez prenant et cela peut empêcher de penser toute la journée à son enfant. Et je crois que c’est important d’avoir une activité intellectuelle.
- Enfin, quels conseils pratiques donneriez-vous à une personne voulant réussir sa "Momtreprise" ?
La chose la plus importante est de bien border son projet. Aujourd’hui, on trouve aisément des aides et des informations pour créer son entreprise et le nouveau statut simplifie sa mise en place. Une fois que l’on a bien travaillé sur son étude de marché, la machine est lancée. Après, ce n’est pas si facile de la faire vivre et d’en vivre. Je dis souvent aux mamans qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer et d’essayer car, au final, on ne risque pas grand-chose. Cela évite d’avoir des remords.
Stéphane Pocidalo


