Gérard Leleu, sexologue, nous dit tout !

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les préliminaires sans jamais oser le demander ! Gérard Leleu, éminent sexologue, a bien voulu répondre à toutes nos questions. Loin des clichés et des caricatures, cet apôtre du plaisir et de l'amour bouscule nos idées reçues.
Que désignent « les préliminaires » ?
C’est la phase qui précède la relation sexuelle, qui se résume hélas trop souvent à la pénétration. Les préliminaires n’existaient pas autrefois : l’homme ne cherchait que son propre plaisir. La civilisation patriarcale a fait beaucoup de dégâts : « faire des caresses » n’était pas pour les vrais mecs !
Est-ce une étape indispensable ?
Oui et non. Parfois en effet, certaines femmes particulièrement voluptueuses parviennent à avoir un degré d’excitation tel que les préliminaires ne sont pas indispensables. Mais dans la majorité des cas, ils le sont. Et notamment puisque le temps d’excitation nécessaire pour obtenir un orgasme est plus long chez la femme que chez l’homme. Une poignée de secondes pour ce dernier et une brassée de minutes pour elle ! Ceci est dû aux nombreux corps érectiles du corps féminin. L’excitation est au maximum quand tous ces corps sont gonflés grâce à l'afflux sanguin : ça prend du temps !
Les préliminaires ont-ils autant d’importance chez la femme que chez l’homme ?
Ils sont plus importants chez la femme. Même si certaines femmes exagèrent un peu parfois en s’emparant de la verge de leur compagnon d’une main gaillarde, sans même passer par le bout des doigts…
Rencontrez-vous des couples pour qui ce jeu des préliminaires (ou son absence) pose problème ?
De moins en moins. Il y a une évolution relativement récente des choses. Il y a cinquante ans, les femmes me disaient que leur mari faisait l’amour « comme un coq » ou « comme un moineau ». La plupart des hommes sont maintenant sortis de la barbarie ! Attention néanmoins certains usent des préliminaires par tactique, pour obtenir ce qu’ils veulent, d’autres heureusement les pratiquent uniquement par adoration pour la femme qu’ils ont dans leurs bras !
Les préliminaires : ça s’apprend ?
Je crois que oui. C’est pour ça, sans narcissisme aucun, que mon ouvrage Le traité des caresses a eu autant de succès, il a vraiment appris aux gens à se caresser. Les Orientaux, les Chinois notamment, il y a 6 millénaires déjà, ont écrit des manuels pour la chambre à coucher : ils étaient distribués aux adolescents. Il faut ensemencer les imaginaires : ce n’est pas une technique, c’est un art !
Y a-t-il une durée moyenne ?
Cela dépend vraiment de la femme. On peut dire que tant qu’elle ne prononce pas les fameux « prends-moi » ou « viens », on peut continuer le jeu des préliminaires !
Pour la femme, qu’est-ce qui « fonctionne » à chaque fois ?
Tout le corps est à explorer et à découvrir ! Certaines peuvent presque atteindre l’orgasme si on leur touche les lobes, d’autres le mamelon… Chaque femmes a ses zones érogènes qui lui sont propres !
Et pour l’homme ?
L’homme a cette image de « toujours prêt » et d’être moins sensible ! Or il aime tout autant être caressé et son corps entier a une vraie grande sensibilité !
Les préliminaires tout(e) seul(e) c’est possible ?
Bien sûr ! Les femmes adorent s’auto-caresser tout le corps... en passant évidemment par l’incontournable clitoris !
Pas de plaisir sans préliminaires ?
Si pour l’amour « à la hussarde » ! Quand l’on n’en peut plus, que le désir devient presque insoutenable et douloureux... On se saute dessus et le plaisir est là ! Mais j’insisterai aussi sur le fait qu’on parle beaucoup de préliminaires, de prélude et qu’il faudrait aussi parler de l’importance du « postlude ». Halte à l’homme qui se retourne et s’endort après l’acte ! Il faut continuer à caresser et à étreindre la femme grâce à qui on a eu du plaisir et lui rendre hommage !
Propos recueillis par Emilie Lemoine
La caresse de Vénus, paru en 2005, aux éditions LeducLes secrets de la jouissance au féminin, paru en mars 2011, aux éditions Leduc
















