Le diabète, une maladie bien diagnostiquée

Le dépistage du diabète se fait de manière très simple : une banale prise de sang suffit pour révéler la maladie. Mais à défaut de test systématique, des malades s'ignorent encore. Si la France est performante dans le diagnostic de la maladie, avec 20 % de diabétiques non diagnostiqués, des progrès restent encore à faire.

Le professeur Patrick Vexiau, diabétologue et chef de service de l’hôpital Saint-Louis à Paris répond à nos questions sur le diagnostic du diabète.
- Comment diagnostique-t-on le diabète ?
Le diagnostic se fait par prise de sang, en général à jeun. C'est-à-dire que la glycémie à jeun est supérieure à 1,26 g à deux reprises.
Mais il n’est pas forcément nécessaire de rester à jeun, on peut faire une glycémie à la volée à n’importe quel moment de la journée. Des symptômes cliniques et une glycémie supérieure à 2 g suffisent pour poser le diagnostic.
Plus rarement, on peut être amené à faire une hyperglycémie provoquée par voie orale en utilisant 75 g de glucose. Puis on fait une prise de sang toutes les demi-heures. Si la glycémie dépasse 2 g après deux heures, on parle aussi de diabète. Par contre, si après la deuxième heure la glycémie est entre 1,40 et 2 g, il y a intolérance au glucose.
- Le diagnostic est-il différent en fonction du type de diabète, type 1 ou type 2 ?
Le diabète de type 1 se diagnostique en général plus facilement car son début est brutal. Perte de poids soudaine, fatigue, les symptômes sont très parlants et incitent à faire des tests. Par contre le type 2 apparaît de façon sournoise, et est souvent diagnostiqué à l’occasion d’une complication du diabète lui-même. Il y a donc fréquemment un diagnostic tardif.
- La maladie est-elle bien diagnostiquée à l’heure actuelle ?
Une enquête récente montre que le niveau de diagnostic en France est plutôt bon. Il y a beaucoup de dépistage, seuls 20 % de diabétiques s’ignorent. Il y a à peu près 2,5 millions de patients traités en France, soit près de 4 % de la population (on le sait d’après les remboursements des caisses d’assurance maladie).A côté de cela il y a aussi 10 % des diabétiques qui ne sont pas encore traités par des médicaments, mais juste par des mesures hygiéno-diététiques (ce qui représente encore 250.000 personnes).
On arrive à plus de 3 millions de personnes diabétiques en France, donc 5 % de la population. C’est beaucoup mais en même temps nous sommes assez performant car les études montrent que nous sommes parmi les pays qui détectent le mieux les diabétiques. Au Portugal par exemple, 50 % des malades s’ignorent. Dans les autres pays limitrophes, Allemagne ou Angleterre, on tourne plutôt autour de 30 à 40 % de diabétiques non diagnostiqués.
Donc nous sommes plutôt bon, mais ça veut quand même dire que 20 % des diabétiques ne le savent pas, et c’est pour cela que souvent le diagnostic est posé lors de complications. Le diagnostic du diabète se fait assez simplement mais il faut une fois de temps en temps aller au laboratoire. Il est important d’informer les gens sur les facteurs de risque afin que les gens qui présentent des prédispositions se fassent plus souvent dépister.
Alexandra Zawadzki, mis à jour le mercredi 23 décembre 2009





























