Les édulcorants, au service des diabétiques

Les édulcorants ou sucres de synthèse sont de plus en plus fréquemment mis au banc des accusés. Mais en apportant une alternative au sucre, ils permettent pourtant aux diabétiques de mieux vivre leur maladie.
Pendant longtemps, les diabétiques ont été interdit de sucre. Si les règles diététiques sont aujourd'hui plus souples en raison d'un contrôle plus efficace du diabète, le sucre reste pourtant l'ennemi du diabétique. A ce titre, le développement des édulcorants a permis d'améliorer le plaisir gustatif et la perception de la maladie. Le professeur Patrick Vexiau, diabétologue et chef de service à l’hôpital St-Louis à Paris fait le point avec nous sur l'apport de ces sucres de synthèses pour le diabète.
- Les diabétiques doivent nécessairement surveiller leur alimentation, et notamment au niveau des sucres. Les sucres de synthèses, les édulcorants, sont-ils un progrès pour le diabétique ?
Les édulcorants ont beaucoup amélioré l’acceptabilité à la nourriture du diabète. Pendant longtemps les diabétiques étaient un peu mis au banc de la société, et il y a encore beaucoup de discrimination aujourd’hui. Par exemple, les sujets jeunes qui allaient au café avec des amis ne pouvaient pas boire comme les autres. Ils étaient condamnés à prendre de l’eau ou des cafés sans sucre, ce qui n’est pas très convivial.
L’arrivée des édulcorants, et en particulier leur utilisation dans les sodas, a permis aux personnes souffrant de diabète, mais aussi aux personnes en surpoids, de pouvoir boire comme les autres. D'où une amélioration de la qualité de vie et des habitudes sociales des diabétiques. Les édulcorants ont permis d'éviter qu’ils se sentent exclus de la société et du groupe dans lequel ils sont.
- Les édulcorants sont pourtant souvent décriés, et qualifiés de dangereux. Qu’en pensez-vous ?
Bien entendu il ne faut abuser de rien. Prendre beaucoup d’édulcorants et boire trop de sodas qui en contiennent n’est peut-être pas souhaitable. C’est comme pour tout, ce qui est en excès n’est pas bon.
Le reproche que l’on peut faire aux édulcorants, c’est l’habitude : on éduque son goût au sucré. Et les gens qui prennent beaucoup d’édulcorants, comme ceux qui prennent beaucoup de sucres, ont besoin ensuite de plus de goût sucré pour se satisfaire.
- Il y a peu, les autorités sanitaires françaises ont autorisé la mise sur le marché de la Stévia, une plante au fort pouvoir édulcorant. Cette plante est-elle une bonne alternative à l'aspartame, qu'on accuse d'être cancérigène ?
Je ne pense pas que l’aspartame soit un produit particulièrement dangereux. A côté de cela, ce n’est pas nécessairement parce que la Stévia est naturelle que c’est forcément bon.
Mais je n’ai pas non plus de préjugés sur la Stévia. C’est un édulcorant qui a un bon goût et s’il est utilisé de façon raisonnable et raisonnée, pourquoi pas. Il est déjà utilisé depuis une quarantaine d’années au Japon, et il vient juste d’être autorisé en France. On devrait dans l’avenir voir de plus en plus de produits intégrant ces nouveaux édulcorants.
Alexandra Zawadzki, mis à jour le 7 janvier 2010





























