Diabète et génétique, un lien étroit

Le diabète est aujourd’hui une maladie qui ne cesse de gagner du terrain. On connaît depuis longtemps le rôle prépondérant du mode de vie dans l’apparition de la maladie. Mais le facteur génétique est aussi déterminant, en particulier pour les diabètes de type 2, la forme la plus répandue de la maladie.

Diabétologue et chef de service à l’hôpital St-Louis à Paris, le professeur Patrick Vexiau nous aide à mieux comprendre le rôle de la génétique dans le diabète.
- Existe-t-il des prédispositions génétiques au diabète ?
Certaines personnes ont une prédisposition génétique face au diabète. Ce facteur est très marqué pour le diabète de type 2, qui est une maladie familiale donc à forte composante génétique.
Pour les patients de type 1, il existe aussi des facteurs génétiques, mais la "pénétrance" de la maladie est beaucoup plus faible. Cela signifie que si vous avez un diabète de type 1, le risque pour vos enfants de développer un diabète de type 1 est de l’ordre de 3 %. Ce taux est 10 fois plus élevé que dans la population générale, dans laquelle la fréquence de la maladie est de 0,3 %.
Cela reste une prédisposition faible en comparaison de celle du type 2 : si vous avez un parent diabétique de type 2, le risque pour vous de développer un diabète est de l’ordre de 40 %. L’expression génétique est beaucoup plus puissante.
- La génétique est donc un facteur de risque majeur, mais l'hygiène de vie est aussi prépondérante. Quel facteur de risque prédomine ?
Le facteur génétique joue un rôle majeur. L’environnement, comme l’obésité et le surpoids sont aussi à prendre en compte. Toute la question est de savoir quel facteur prédomine, mais on ne peut pas toujours répondre à cette question.
Quelqu’un qui a une prédisposition génétique, mais qui surveille son hygiène de vie et reste mince n'est pourtant pas à l'abri de développer un diabète. Il y a 15 % de diabétiques qui ne sont pas en surpoids. Même si la personne fait très attention elle n’est pas complètement à l’abri.
Par contre, si la maladie se développe, une bonne hygiène de vie permet de retarder son apparition et son évolution. Par exemple, une personne qui a une constitution donnée, si elle est en surpoids ou obèse, va développer la maladie à 40 ans. Mais si elle reste mince, qu'elle équilibre son alimentation et fait du sport, elle peut espérer ne développer la maladie qu'à 55 ans. Nous ne pouvons jamais avoir la certitude de prévenir la maladie ou de l'empêcher. Mais il est au moins possible de la retarder...
Alexandra Zawadzki, mis à jour le 30 décembre 2009






























