La pompe à insuline, un gage de liberté

Le diabète se caractérise par une production insuffisante d'insuline par l'organisme. Discrète, de la taille d'un jeu de cartes, la pompe à insuline permet de réguler de façon optimale son diabète par de petites injections en continu sur la journée. Elle est pourtant encore peu utilisée en France. Seuls 5 % des diabétiques en sont équipés, contre 25 % aux Etats-Unis.

Pourquoi une telle méfiance par rapport à cet outil, censé au contraire améliorer le quotidien du diabétique ? Réponse du Professeur Patrick Vexiau, diabétologue et chef de service de l’hôpital St-Louis à Paris.
- Quel est l’intérêt de choisir la pompe à insuline dans le cadre d'un traitement du diabète ?
Actuellement il y a 5 à 10 % de diabétiques équipés de pompe à insuline en France, principalement de type 1 et quelques type 2. Il y en a nettement plus qu’il y a 10 ans. Ils ont un appareil sur eux en permanence, ce qui a beaucoup d’avantages mais qui présente aussi des contraintes.
Au niveau des avantages, la pompe à insuline permet en général d’avoir un diabète beaucoup plus stable et mieux équilibré. Elle est donc particulièrement indiquée chez les gens qui ont un diabète en dents de scie, des glycémies qui ont tendance à osciller, avec des hypoglycémies et hyperglycémies fréquentes, et ce malgré un traitement bien conduit. Le fait de perfuser en continu des petites doses d’insuline, fait que la résorption de l’insuline se fait mieux et de façon plus régulière.
- Pourquoi les diabétiques n'ont pas recours à la pompe à insuline de manière plus générale ?
L’inconvénient est que, pour que l'utilisation de la pompe à insuline soit efficace, il faut que le patient fasse beaucoup de contrôles de glycémie au bout du doigt. Sinon cela ne sert à rien, car le principe même est d’adapter plus finement le traitement insulinique à chaque diabète.
L’autre inconvénient est d’avoir un petit appareil en permanence sur soi. Il y a des gens que cela gêne d’avoir ce petit boîtier, accroché à la ceinture, avec le cathéter qui perfuse l’insuline en continu. Pourtant les pompes ont à peu près la taille d'un paquet de cigarettes, voire même plus petites.
- La pompe à insuline reste encore très peu utilisée chez nous a contrario d'autres pays. Pourquoi ?
Pour les médecins qui s’en occupent, la pompe à insuline est une méthode chronophage, et certains ne veulent pas investir du temps. Pour les diabétologues cela nécessite d’avoir une structure, une équipe hospitalière plus disponible et davantage de temps.
A l’heure actuelle la prise en charge des pompes à insuline est bien faite par les prestataires de santé, qui sont les gens qui livrent le matériel, qui louent les pompes pour les patients. Le système est bien développé en France, il marche bien, mais il est aussi très coûteux. On n’a pas mis en parallèle le financement du temps médical que ça nécessite.
Alexandra Zawadzki, mis à jour le 8 janvier 2010





