Vivre son diabète au quotidien

Le diabète est une maladie qui impose une surveillance constante : contrôle de l'alimentation, vérification régulière de la glycémie sanguine, piqûres d'insulines, etc. Des contraintes autrefois très handicapantes pour les diabétiques, qui grâce à la recherche et à l'amélioration des traitements sont aujourd'hui plus tolérables.

Face à la maladie, quel est le quotidien d'un diabétique aujourd'hui ? Le professeur Patrick Vexiau, diabétologue et chef de service de l’hôpital St-Louis à Paris nous éclaire sur l’évolution de la qualité de vie des diabétiques.
- Un diabétique aujourd’hui vit-il mieux avec son diabète qu’il y a 20 ou 30 ans ?
Le diabète reste une affection de longue durée (ALD) comme le définit la loi. Néanmoins il y a eu énormément de progrès réalisés dans le traitement du diabète dans les trente dernières années.
Prenons les lecteurs de glycémie : avec les premiers appareils il fallait mettre une goutte de sang, attendre une minute, rincer la bandelette sous l’eau, l’essuyer, la mettre dans le lecteur et enfin attendre le résultat. Aujourd'hui les lecteurs sont de plus en plus petits, avec des analyses de plus en plus précises et rapides.
Avec ces nouveaux appareils qui tiennent dans la poche, qui mettent 5 secondes pour donner un résultat, les patients peuvent faire 5 ou 6 contrôles par jour sans difficultés.
- "Les patients adaptent leur mode de vie au traitement, et maintenant c’est au traitement de s’adapter au mode de vie du patient"
Toutes ces évolutions techniques ont beaucoup amélioré les conditions de vie des diabétiques. J’aime bien dire que pendant très longtemps on a dit qu’il fallait que les patients adaptent leur mode de vie au traitement, et maintenant c’est au traitement de s’adapter au mode de vie du patient.
Prenons un exemple : pendant longtemps les diabétiques qui se faisaient deux ou trois injections par jour étaient obligés d’avoir des repas à heures précises et des quantités de glucides dans leur alimentation qui soit à peu près fixes.
Désormais, avec les analogues de l’insuline, on fait même faire des épreuves de jeûne aux patients, qui permettent de montrer que l’on peut sauter des repas. Les patients ne sont plus obligés de manger s’il n’ont pas envie de manger, ils ne sont pas obligés de consommer des glucides.
Par contre s’ ils veulent en manger nettement plus, il leur suffit d’adapter leur dose d’insuline en fonction de leur besoin et de leur alimentation. Le traitement est donc beaucoup plus souple et s’adapte mieux aux modes de vie de chacun.
Alexandra Zawadzki, mis à jour le 12 janvier 2010




