Diabète, des traitements enfin efficaces

Interdictions alimentaires, surveillance continue de la maladie, traitements : si le diabète se soigne aujourd’hui plutôt bien, il reste pourtant une affection de longue durée, toujours incurable. Mais des traitements existent pour freiner la maladie.

Le professeur Patrick Vexiau, chef du service diabétologie de l’hôpital Saint-Louis à Paris, fait le point avec nous sur les traitements qui permettent de réguler le diabète.
- Comment traite-t-on le diabète ?
Au niveau du type 1, et parfois du type 2, l’insuline reste le traitement de base. Il existe différentes insulines, qui ont été très améliorées ces dernières années avec toujours des insulines humaines, mais aussi des analogues synthétiques de l’insuline. On utilise des insulines lentes, qui sont injectées en dehors des repas dans la journée, et les rapides, lors des prises alimentaires.
Les analogues lents permettent d’imprégner l’organisme sur 24 h, et d’apporter les besoins en insuline en dehors des repas. Les analogues rapides permettent elles de lutter contre la glycémie dite postprandiale, qui se manifeste après les repas. On les injecte au moment de la prise alimentaire pour empêcher la glycémie de monter trop haut. C’est ce qu’on appelle le traitement basal-bolus avec une basale qui est l’insuline lente, et un bolus qui est l’injection d’insuline rapide. Les patients qui sont dans ce schéma là se traitent à raison de 3 à 5 injections par jour.
Il y a aussi la possibilité d’utiliser des pompes à insuline, qui permettent d’injecter en continu, de créer comme une sécrétion basale d’insuline, et avec au moment des prises alimentaires des bolus d’insuline.
- En dehors de l'insuline, quels autres traitements du diabète peuvent êtres prescrits ?
Les principaux médicaments concernent le diabète de type 2. On a toute une série de classe pharmacologique pour traiter le diabète.
La metformine, un médicament de l’insulino-résistance, qui va venir diminuer la résistance de l’organisme à l’insuline. Dans la même gamme, on trouve les glitazones.
Après il y a d’autres médicaments, les sulfamides hypoglycémiants, qui font sécréter de l’insuline par le pancréas, ainsi que les glynides qui ont à peu près la même action.
Il y a aussi de nouvelles classes de médicaments comme les inhibiteurs des DPP-4. On sait que quand les gens mangent, le tube digestif sécrète des hormones qui vont aller stimuler la sécrétion d’insuline. Ces hormones sont ce qu’on appelle en particulier le GLP-1. Pour stimuler cette sécrétion, on peut utiliser deux méthodes : soit on utilise le GLP-1 lui-même, avec des analogues de cette hormone, qui se font sous forme injectable, à raison de 1 ou 2 injections par jour. Soit on utilise des inhibiteurs des DPP-4 qui sont des médicaments qui bloquent la destruction du GLP-1. Le taux de GLP-1 va alors rester plus élevé plus longtemps.
Enfin les inhibiteurs des alpha-glucosidases. Ce sont des médicaments qui bloquent la digestion des sucres complexes (sucres lents ). Ces sucres complexes seront digérés plus lentement, et du coup la glycémie montera moins haut après le repas.
- Ces traitements entraînent-ils de forts effets secondaires, et de quel ordre ?
La metformine entraîne des troubles digestifs, et en particulier des diarrhées. Parfois les patients ne tolèrent pas bien du tout ce médicamentet nous sommes obligés de l’arrêter. Les glitazones peuvent favoriser la prise de poids, ce qui est ennuyeux chez les diabétiques puisqu’ils sont déjà souvent en surpoids. Cela peut aggraver des insuffisances cardiaques et favoriser la rétention d’eau et de sel. C’est donc formellement contre-indiqué en cas de problèmes de coeur.
Quand aux sulfamides et aux glynides, ils peuvent entraîner des hypoglycémies, dans une sorte d’excès d’efficacité, tout comme l’insuline. De même les médicaments qui favorisent la production d’insuline peuvent faire prendre du poids.
Les inhibiteurs des alpha-glucosidases peuvent aussi entraîner des troubles digestifs, des flatulences ou des douleurs abdominales. Enfin les analogues du GLP-1 sont des médicaments qui ont un effet coupe faim, ce qui est plutôt bien, mais ça ralentit la vidange de l’estomac, ce qui provoque des nausées, et parfois même des vomissements. En général ce genre de désagréments existent au début et passent au bout de quelques jours ou semaines. Mais s'ils persistent, il faut parfois arrêter le traitement.
Les mieux tolérés sont les inhibiteurs des DPP-4 qui présentent peu d’effets secondaires.
Alexandra Zawadzki, mis à jour le 11 janvier 2010





























