Comment prévenir lle syndrome métabolique ?

Le syndrome métabolique est étroitement lié à la présence d’une obésité abdominale. Il se situe au confluent de tous les facteurs de risque cardiovasculaires et précède l’apparition du diabète de type 2.
Le " syndrome métabolique " a été identifié voici près de 50
ans. Son importance tient à sa prévalence croissante (20 % en France)
et à ses conséquences en matière de santé publique.
Qu'est ce que le syndrome métabolique ?
Le syndrome métabolique se caractérise par une accumulation de graisse au niveau abdominal qu’il est facile d’évaluer par la mesure du tour de taille. Le syndrome métabolique associe une augmentation des lipides, de la pression artérielle et une diminution de la tolérance au sucre. L’accumulation de ces anomalies favorise la survenue de complications cardiovasculaires et précède souvent l’apparition d’un diabète de type 2.
Il existe plusieurs définitions du syndrome métabolique qui ont évolué au cours du temps. Celle qui est la plus communément utilisée est américaine : la présence d’un syndrome métabolique est attestée par l’existence d’au moins trois de cinq critères d’égale valeur. Ces critères concernent le tour de taille, la pression artérielle, la glycémie, les taux du HDL cholestérol et des triglycérides.
La dernière définition proposée en 2005 place la mesure du tour de taille comme un paramètre prédominant et indispensable. La normalité de ce tour de taille est revue à la baisse et adaptée à l’ethnie considérée. Le chiffre fatidique à ne pas dépasser a été défini pour l’Europe à 94 cm pour les hommes et à 80 cm pour les femmes.
L'abondance, signe des temps et vecteur du syndrome métabolique
Nous sommes les descendants des individus qui ont été sélectionnés au fil des siècles en survivant aux famines et aux catastrophes. Les hommes ont acquis les gènes leur permettant de faire des réserves pendant les périodes de relative abondance alimentaire. Ces "réserves" leur ont permis de survivre lorsque l’alimentation venait à manquer. Ils ont acquis un "génotype d’épargne".
Ce phénomène se retourne maintenant contre nous. En effet, de façon récente, une relative abondance alimentaire s’est installée grâce au développement des techniques de production. De façon parallèle, la dépense physique nécessaire pour acquérir ces denrées a diminué et la qualité de l’alimentation s’est modifiée, privilégiant les produits plus riches en graisses et en sucres simples. Ces paramètres conduisent à une alimentation plus calorique qui sera consommée en plus grande quantité, d’autant que l’alimentation a toujours conservé une dimension conviviale.
Enfin, le surpoids n’a pas toujours été mal considéré. Il était perçu, et le reste encore dans certaines populations, comme un signe de réussite sociale et de puissance.
L’ensemble de ces facteurs explique l’explosion de l’épidémie d’obésité qui est devenue aujourd’hui la première cause de mortalité aux Etats-Unis. Sans être aussi grave, la situation est préoccupante en France où l’on compte près de 6 millions d’obèses. Cette épidémie touche particulièrement les populations défavorisées et certaines régions comme le Nord et l’Est.
L'impact du syndrome métabolique sur le diabète
Toutes les études menées en Europe ou aux Etats-Unis s’accordent pour conférer au syndrome métabolique la responsabilité de doubler le risque de présenter un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral pour la personne qui en est atteinte.
L’augmentation du risque de diabète de type 2 n’est pas pour surprendre chez une personne présentant un syndrome métabolique . En effet, l’action de l’insuline est gênée par l’accumulation de graisse abdominale qui entraîne une "insulinorésistance". Lorsque la sécrétion d’insuline qui finit par s’épuiser, ne parvient plus à s’opposer à cette insulinorésistance, un diabète de type 2 apparaît.
Différentes enquêtes menées aux Etats-Unis démontrent que les personnes présentant un syndrome métabolique sont sept à neuf fois plus susceptibles de développer un diabète de type 2 que les sujets indemnes.
Comment donc limiter l’évolution de l’épidémie d’obésité et de diabète ? Si nous ne pouvons pas agir sur nos gènes d’épargne, nous pouvons par contre tout sur notre mode de vie. La lutte contre l’obésité, le syndrome métabolique et le diabète de type 2 consiste donc à consommer moins et à dépenser plus.
Dr Lyse Bordier
Extrait de la revue "Equilibre" N°268 / mars - avril 2009 ; Mis à jour le 12 juillet 2010




























