Arrêter de fumer quand on est diabétique

La proportion de fumeurs chez les personnes atteintes de diabète est comparable à celle du reste de la population. Il existe encore des idées reçues selon lesquelles fumer permet de mieux gérer la maladie : "fumer m’aide à contrôler mon poids", "fumer m’aide à gérer mon stress", "fumer m’aide à supporter la dépression". Toutefois, par rapport aux non-fumeurs atteints de diabète, les risques d’aggravation de l’état de santé sont plus importants. Arrêter de fumer est d’une importance capitale, et ce, quel que soit le type de diabète.
Arrêter de fumer n’est pas facile, les difficultés sont réelles : prise de poids, dépendance physique et psychologique, augmentation du stress… Cependant, il est motivant de savoir que les risques liés au tabac commencent à régresser dès le jour de l’arrêt.
Quels sont les effets du tabac sur le diabète ?
Les études scientifiques ont démontré que le tabagisme est un facteur aggravant du diabète :
- Augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires.
- Intensification des complications du diabète telles que la néphropathie ou la rétinopathie.
- Effets négatifs de la nicotine sur l’alimentation : troubles digestifs, concentration des graisses autour de la région abdominale, attirance pour les plats salés riches en sauce et en graisse.
- Effets sur le traitement par insuline : les interactions avec le tabac se traduisent par une diminution importante de l’efficacité du traitement. Le tabac provoque un resserrement des vaisseaux qui diminue
l’absorption de l’insuline. Cet effet concerne toutes les insulines. Il
est conseillé de ne pas fumer entre 30 minutes avant et une heure après
l’injection.
Qui consulter pour arrêter de fumer ?
Des conseils personnalisés sont essentiels pour déterminer le traitement le mieux adapté à votre rythme de vie et l’accompagnement dont vous pouvez bénéficier. Les informations peuvent vous être communiquées par votre médecin traitant, votre diabétologue, votre pharmacien. Des programmes de coaching sont proposés par Tabac info service (ministère de la Santé) par Internet sur www.tabac-info-service.fr ou par téléphone au 0 825 309 310.
Quelles sont les solutions pour arrêter de fumer ?
De nombreuses solutions existent. Certaines n’ont pas fait la preuve de leur efficacité : acupuncture, auriculothérapie, homéopathie, mésothérapie… D’autres ont par contre démontré leur efficience :
- Les substituts nicotiniques sont disponibles sous de nombreuses formes : patchs, gommes, pastilles. Ces médicaments à base de nicotine sont vendus sans ordonnance. Ils permettent de pallier le manque de nicotine dans l’organisme, donc de réduire la dépendance physique.
Depuis le 1er février 2007, l’Assurance maladie prend en charge un mois de ce type de traitement. Pour bénéficier de cette prise en charge, vous avez besoin d’une prescription médicale établie par votre médecin, sur une ordonnance consacrée exclusivement aux substituts nicotiniques. Aucun autre traitement ne doit figurer sur cette ordonnance.
Votre pharmacien vous délivrera les substituts qui vous ont été prescrits. Vous devrez régler directement. En effet, le tiers payant n’est pas accepté dans ce cas. Vous serez ensuite remboursé par votre caisse d’Assurance maladie dans la limite de 50 € par année civile et par personne. Vous pouvez échelonner vos achats.
Pour que vous soyez remboursé, votre pharmacien enverra directement à votre caisse d’Assurance maladie, via votre carte Vitale, la feuille de soins électronique. À défaut, il vous délivrera une feuille de soins papier que vous enverrez à votre caisse d’Assurance maladie. Certaines mutuelles ou assurances complémentaires prennent également en charge le sevrage tabagique. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre complémentaire santé.
La liste des substituts nicotiniques remboursables est disponible sur le site de l’Assurance maladie : http://www.ameli.fr/assures/soins-et-remboursements/prevention-prise-en-charge-par-l-assurance-maladie/la-prise-en-charge-des-substituts-nicotiniques.php
- Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) : ces thérapies offrent une aide psychologique et peuvent vous aider à ne pas "craquer" dans certaines situations à risque.
- Les traitements psychotropes (Champix, Zyban) : ces médicaments ne sont délivrés que sur ordonnance, en raison de leurs effets secondaires, des contre-indications et des interactions médicamenteuses.
Recommandations nutritionnelles et d’activité physique
Alimentation équilibrée et activité physique régulière, incontournables dans le traitement du diabète , sont plus que jamais de rigueur durant le sevrage tabagique pour éviter la prise de poids.
Interdiction de fumer : quels résultats sur la consommation des fumeurs ?
Depuis le 1er janvier 2008, l’interdiction de fumer s’applique aux lieux dits "de convivialité" (cafés, hôtels, restaurants, discothèques, casinos).
Les résultats de l’étude menée par l’Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) en mai 2008 révèlent l’adhésion des professionnels du secteur et le respect des fumeurs de cette interdiction : 97 % des fumeurs déclarent ne jamais fumer dans les restaurants et brasserie et 95 % dans les bars et cafés.
Cette interdiction a eu des effets notables sur la santé, dès le janvier 2008, les autorités sanitaires ont constaté :
- Une baisse de 15 % du taux d’infarctus du myocarde et du taux d’accidents vasculaires cérébraux ;
- Une amélioration des conditions de travail : une diminution des symptômes respiratoires et oculaires des salariés du secteur, liée à l’amélioration de l’air ambiant.
Cependant, si cette loi modifie le comportement des fumeurs, elle n’a qu’une faible incidence sur les raisons d’arrêter (9 %). Selon l’Office français contre le tabagisme, le tabagisme actif n’aurait pas régressé en 2008.
Laura Phirmis et Carole Avril du service Connaissance diabète de L'AFD
Extrait de la revue "Equilibre" N°268 / mars - avril 2009 ; Mis à jour le 9 juin 2010

De Stéphane Vagnarelli / janvier 2010 / Odile Jacob / 12,90 €



























