Eco-attitude : une obligation pour tous
Devenir éco-citoyen
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- C’est ça l’écologie de demain ?
L’écologie de demain c’est aussi promouvoir la "vie locale" dans tous les sens du terme. D’abord pour les ressources alimentaires qui peuvent passer par des "circuits courts", on peut consommer des produits qui viennent de nos régions. Ensuite pour le travail et même les vacances, il faut essayer de moins se déplacer et moins loin… Ce recentrage sera peut-être une nécessité voire une obligation à l’avenir. La consommation, le loisir et le travail devront être recentrés sur "le local".
- Qu’est-ce qui sera le plus important à l’avenir dans nos habitudes de consommation et d’achat : la gestion de l’eau, celle de l’énergie, des déchets, l’aménagement des espaces ?
L’eau va se raréfier mais il y a des disparités et il est vrai que certaines régions sont encore des viviers très importants…. Je pense que le sujet qui doit nous préoccuper dès maintenant, car c’est le véritable enjeu de notre avenir, c’est l’énergie. Savez-vous que même par rapport à la plus petite chose insignifiante, on comptera l’énergie consommée ? Une pomme par exemple : que celle-ci vienne du fin fond de l’Argentine ou de l’exploitation qui se trouve à 30 km de chez vous, l’énergie consommée pour qu’elle arrive jusqu’à votre table ne sera pas du tout la même ! je cite cet exemple pour montrer qu’à l’avenir, tous les coûts énergétiques seront calculés, même ceux des choses les plus simples, cela va devenir nécessaire puis indispensable… D’ailleurs, on prévoit déjà de calculer les bilans carbones et énergétiques de chaque chose d’ici peu.
- Que pensez-vous des produits high-tech conçus pour le respect de l’environnement : biodégradables, recyclables, "verts" ? Ordinateurs, clés USB, sacoche solaire…
Je dois dire que je suis un peu sceptique sur toutes ces choses car il ne s’agit pas là "d’éducation à l’environnement" mais bien de consommation pure des biotechnologies. Comme je suis convaincu que remplacer un ordinateur tous les deux ans n’est pas une bonne chose, je ne peux pas encourager ce type d’innovation. Je pense simplement qu’il y a des objets essentiels et d’autres non, c’est le cas des objets cités. Si c’est pour toujours consommer plus et utiliser le bio et "l’écolo" pour gonfler le marché, je trouve ça un peu dommage. Vous savez, dans les "milieux environnementaux" dans lesquels je travaille, on cultive l’idée de "simplicité volontaire", ça veut tout dire. A nous de distinguer ce qui est utile, important et essentiel de ce qui ne l’est pas.
- Au-delà des gestes écolos, l’enjeu réside dans quelque chose de plus large : le "développement durable". Qu’est-ce que cela veut dire exactement ?
Qu’il s’agisse de réchauffement climatique, de la réduction des inégalités, du développement de l’économie, l’homme moderne a trouvé une réponse à tout : "tiens, on a qu’à faire du développement durable". Derrière cette notion magique pour nos champions de la communication se cache un véritable enjeu pour notre avenir !
Ce "développement durable" doit aller vers la satisfaction des besoins des générations présentes, sans compromettre ceux des générations futures. En gros, le développement durable, c’est trouver des solutions pour préserver les ressources naturelles de notre planète, garantir un environnement sain aux générations futures, et aussi répartir les richesses entre les peuples… Tout ceci s’applique à l’économie, à l’environnement mais aussi au social. En gros, si on doit penser la vie économique autour d’un projet écologique, il ne faut pas que ça se fasse au détriment des droits de l’homme par exemple. Le Développement durable est en fait un étroit chemin que doivent prendre l’économique, le social et l’environnemental… sans se gêner les uns les autres.
Laurence Nyer

















