L’eau, une denrée en voie de disparition ?

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Chaque Français utilise 137 litres d’eau par jour contre un peu plus de 20 litres pour un Africain. Mais les réserves d’eau diminuent. Nappes phréatiques polluées, agriculture intensive et gourmande en eau, système de distribution usagée, il est grand temps de se poser les bonnes questions pour l’avenir.


Qui sont les acteurs de l’eau ? Comment endiguer une éventuelle future pénurie d’eau ? L’eau deviendra-t-elle une denrée rare ? Pour nous en parler, Christian Buchet, chroniqueur écolo sur Europe 1.


- On parle d’exception à la française concernant le marché de l’eau, vous pouvez nous expliquer ?


La France est un des rares pays avec le Chili, l’Angleterre ou encore le Pays de Galles à avoir confié la gestion de l’eau dans sa grande majorité à des entreprises privées. En effet, 82 % de la population française est desservie en eau par l’une des "Trois sœurs" : Veolia, Ondeo et Saur.
- Veolia, ex-Vivendi : C’est le leader français (26 millions de personnes desservies) et le numéro 2 mondial.
- Ondeo, filiale de Suez-Lyonnaise, est le numéro un mondial en termes de population desservie (125 millions de personnes).
- Saur, filiale de Bouygues, dessert 6 millions de personnes en France.



- Aujourd’hui, on ne paye pas tous l’eau au même prix, pourquoi ?


Plusieurs raisons expliquent que le prix de l’eau diffère en fonction des communes :
- Le prix des investissements, de l'entretien des installations et les coûts d'exploitation, de traitement et de distribution de l'eau jusqu'aux compteurs des habitations.
- Le prix de l'évacuation des eaux après utilisation et dépollution afin de protéger nos rivières et rivages.

Par ailleurs, si les lieux de prélèvement et de consommation sont éloignés ou si des traitements plus sophistiqués sont nécessaires pour la rendre potable, l'eau coûtera plus cher.
Le coût de la distribution de l'eau, d'alimentation et de la collecte des eaux usées dépend également de la dispersion de l'habitat. Un habitat rural exige ainsi des investissements de distribution et de raccordement plus élevés. Enfin, les charges financières (emprunts, amortissements…) font varier le prix de l'eau d'une commune à l'autre. Le prix moyen de l’eau au robinet en France est de 0,003 centimes d’euros le litre.


- Selon l’OMS, la demande en eau sera supérieure à l’offre d’ici 2030. Va-t-on vers une pénurie d’eau en France ? Les prix ne vont-ils pas exploser dans ce contexte ?


Déjà, il faut dire que la France ne connaîtra pas, du moins je ne pense pas, de pénurie d’eau douce. Surtout que nos "trois sœurs" sont parmi les quatre entreprises les plus puissantes dans le domaine de la gestion de l’eau. D’ailleurs, elles sont tellement puissantes qu’elles ont un rôle à jouer dans les décisions politiques qui feront l’orientation du marché de l’eau dans les prochaines années. Elles sont par exemple à l’origine de la création du Conseil Mondial de l’eau qui définit les grandes lignes des forums mondiaux de l’eau qui se tiennent tous les 4 ans. En clair, les géants de l’eau comme Veolia ou Suez sont en train de mettre en œuvre un véritable encadrement de la politique européenne de l’eau (voir mondial).
Le but est d’élaborer des solutions qui permettront de ne pas entamer nos réserves en eau potable. Le tout chaperonné par nos trois sœurs, qui par le biais de l’aspect écologique se préparent à développer de nouveaux marchés.


- Et concrètement, quelles sont les solutions avancées pour le moment ?


Les solutions proposées par les grand pontes du marché de l’eau sont : le dessalement de l’eau de mer, la réutilisation des eaux usées, la recharge artificielle de nappes phréatiques ou encore des transferts d’eau massifs à l’échelle continentale (déplacer de gros blocs de glace).
Personnellement, je pense que le dessalement de l’eau de mer représente l’avenir du marché de l’eau. Mais je tiens à dire qu’avant d’imaginer de nouvelles solutions, l’idéal serait de revoir toutes les infrastructures liées à l’eau car la vétusté fait qu’il y a un vrai gâchis à ce niveau là.


- Et nous, simple consommateur, quels sont les réflexes à acquérir pour préserver les réserves d’eau ?


Finalement, notre part de consommation de l’eau n’est pas énorme. En terme de prélèvements d’eau, l’eau potable (donc pour la consommation courante) représente 18 % alors que la fabrication d’énergie représente 59 % des prélèvements. Cependant, il faut que tout le monde prenne conscience que chaque goutte d’eau économisée est nécessaire. Nous pouvons donc à notre niveau cumuler les bons réflexes pour économiser l’eau :

- Installer des systèmes de récupération de l’eau de pluie pour les sanitaires, l’arrosage, nettoyer sa voiture...
- Privilégier les lave-linges et lave-vaisselles de type A (c’est à dire plus économes en eau et énergie).
- Installer tous les dispositifs qui permettent d’économiser l’eau dans la salle de bain ou aux toilettes (chasse d’eau double commande, réducteurs de débit, mitigeurs thermostatiques, etc.).
- Contrôler régulièrement son compteur pour faire la chasse aux fuites.
- Privilégier les douches aux bains.
- Ne pas laisser couler l’eau "dans le vide" pendant la vaisselle ou le brossage de dents.


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L'or bleu, l'eau le grand enjeu du XXIème siècle de Maude Barlow etTony Clarke / Hachette Pluriel Reference / Juin 2007 / 10 €

l'or bleuPrésentation du livre : Aujourd'hui, un milliard et demi de personnes n'ont pas accès à une eau saine et propre ; chaque année, plus de 5 millions meurent de maladies liées à la mauvaise qualité de l'eau. L'agriculture consomme 70 % de l'eau douce mondiale, l'industrie 20 %, les ménages seulement 10 %, et la quantité d'eau douce disponible ne représente que 0,5 % de la totalité de l'eau de la planète... En dépit de ces statistiques alarmantes, l"humanité, réticente à modifier ses pratiques, continue à polluer, détourner et épuiser inconsidérément les réserves. Plus grave, les institutions internationales - la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l'Organisation mondiale du commerce - préconisent la privatisation et la marchandisation de cette ressource.
Plusieurs mouvements de citoyens, de l'Inde à la Colombie en passant par la France, ont compris qu'il est grand temps de réagir : tandis que certains s'opposent à la construction de barrages, qui entraîne le déplacement de milliers de personnes, d'autres militent contre la privatisation des services municipaux de distribution d'eau. Mais la solution viendra surtout de l'affirmation de quelques principes fondamentaux visant à la protection de l'or bleu, et de la reconnaissance par les instances internationales de l'accès à l'eau douce comme droit humain inaliénable.
 

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