- La réforme de 2005 promettait pourtant de doubler le nombre d’enfants confiés aux familles françaises… Quel est l’état des lieux de l’adoption en France aujourd’hui ?
On est passé de près de 5 000 enfants adoptés chaque année à moins de 4 000 en 2007 (dont 80% sont d’origine étrangère). Dans le même temps le nombre de candidats à l’adoption augmente (près de 30 000 couples en France ont un agrément).
- Comment expliquer cette situation ?
Plusieurs explications. Concernant l’adoption internationale, il y a de plus en plus de pays candidats à l’adoption. Il y a 10 ou 15 ans, il y avait surtout 2 pays qui adoptaient : la France et les Etats-Unis. Aujourd’hui, il y a en a énormément d’autres et nous sommes loin d’être les mieux organisés. La France n’accueille plus que 10% des enfants adoptés à l’international et est passée derrière l’Espagne, l’Italie, le Canada ou les pays nordiques.
- Accorde-t-on en France trop d’agréments, sachant que le marché de l’adoption internationale se réduit ?
Le rapport refuse toute approche quantitative, il ne s’agit pas de s’exprimer sur ce type de données. Le message que nous souhaitons faire passer, c’est que la "philosophie générale" qui accompagne l’adoption en France doit radicalement changer.
Rapport sur l'adoption d'un collectif d'auteurs / Rapports officiels / 2008 / 18 € Pour commander directement ce livre :
NOS INFOS
La loi française : Il existe deux voies pour adopter en France : la voie individuelle (munis de leur agrément, les candidats font le tour des orphelinats) et les organismes d’adoption autorisés (OAA) qui diligentent les demandes auprès des autorités des pays émetteurs, accompagnent les démarches, et réalisent l’apparentement (quand l’enfant est rattaché à une famille). La convention de La Haye (1993), ratifiée par la France, interdit les démarches individuelles (les 6 principaux pays ouverts à l’adoption individuelle sont Haïti, la Russie, l’Ukraine, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Kazakhstan) auprès des pays signataires et exige que les apparentements se fassent entre OAA et autorité centrale.