Quand initier son enfant aux langues étrangères ?
Avec une société en pleine mutation, les échanges linguistiques sont quasi-inévitables. L’apprentissage des langues étrangères est donc devenu un véritable enjeu. Directement concernées par la popularité du bilinguisme, les nouvelles générations sensibilisées de plus en plus tôt. Quel est le moment idéal pour faciliter un tel apprentissage ? Vivolta répond aux questions pratiques des parents.
Parce qu’aujourd’hui, les frontières s’ouvrent au commerce, à l’emploi et aux échanges, les générations futurs seront des citoyens du monde. C’est pourquoi, la maîtrise d’autres langues est considérée comme une véritable richesse.
L'apprentissage des langues chez les bébés…
Héritage culturel ou course à la réussite de leurs progénitures, de plus en plus de parents veulent initier leurs jeunes enfants aux langues étrangères. Désormais, les nourrissons prennent le biberon en anglais avec papa avant d’être baigné en français par maman…et lorsqu’ intervient en plus une jeune fille au pair (allemande, espagnole, chinoise, italienne, russe…), les choses se compliquent. Quand est-il possible et utile d’initier son enfant aux langues étrangères ? Cela peut-il perturber son développement s’il n’a pas encore acquit la parole ? Ces questions récurrentes chez les parents ne connaissent que des réponses approximatives, car le processus d’acquisition de la parole reste difficile à décrypter.
Le cerveau des tous petits a des capacités d'apprentissage infinies. Cependant nul besoin de les assommer de tirades multilinguistiques dès la sortie de la maternité. Pendant les premiers mois, la communication repose davantage sur l’émotion, l’expression du visage, l’intonation que sur une réelle compréhension. Habituez-le progressivement sans stresser, ni trop en faire… Dès sa première année, vous pourrez faire les choses plus sérieusement.
Bilingue avant 10 ans, un jeu d’enfant…
L’âge joue bien souvent un rôle fondamental dans le bilinguisme. Les facultés propres à l’enfant, lui permettent d’appréhender et d’intégrer naturellement les apprentissages. Avant 10 ans, il manifeste de nombreuses qualités parmi lesquelles la curiosité, la spontanéité, et la flexibilité… Ces dispositions particulières, le rendent plus adaptable et donc plus disposer à assimiler aisément les connaissances.
Pendant ces 10 premières années, l’enfant dispose d’une grande agilité cérébrale, cela favorise la restitution des différents accents. Dès l’âge de 7 ans, l’influence de la langue maternelle prend trop d’importance et provoque une détérioration de ses capacités auditives et mimétiques. Celui-ci devient alors moins sensible aux contrastes de prononciation, qui lui facilitaient jusqu’alors l’apprentissage des langues.
Bilingue après 10 ans, les choses se corsent
En ce qui concerne les foyers unilingues, sachez qu’il est impossible de reproduire, à l’école, le développement naturel d’un enfant placé dans un environnement familial ou social bilingue. Mis à part les établissements spécialisés, l’apprentissage des langues débute dans l’enseignement secondaire. Sachant qu’après 10 ans, le jeune n’a plus la faculté d’appréhender naturellement une langue, son niveau n’atteindra jamais celui d’un natif. Pendant la préadolescence, Le processus de conditionnement de l’oreille à la langue maternelle s’achève. Cette évolution, provoque une sorte de "surdité sélective", qui empêche l’enfant de discerner clairement les différences de prononciation inhérentes à chaque langue. Rassurez-vous néanmoins car rien n’est perdu. L’apprentissage risque simplement d’être moins aisé pour le jeune. Le niveau des classes de langues dans certains établissements du secondaire en est d’ailleurs la preuve. Si pour le préadolescent comme pour l’adulte, il est difficile d’effacer son accent d’origine, rien ne l’empêchera de maîtriser tout le vocabulaire d’une nouvelle langue et à force de travail d’en comprendre presque toute les subtilités.
Retenez enfin qu’une langue étrangère est aussi facile à apprendre qu’à oublier. Aussi, un enfant, même bilingue précoce, peut oublier la totalité d’une langue s’il ne la pratique pas régulièrement. Des solutions telles que les échanges linguistiques, des séjours à l’étranger ou encore des cours particuliers lui permettront de solliciter régulièrement les connaissances acquises et donc de ne pas perdre le rythme.
Faustine Aziavi, mis à jour le 8 mars 2010
















