Les méfaits du tabac sur la grossesse

La survenue de pathologies attribuables au tabagisme est bien connue : bronchite chronique, cancers du poumon et du larynx, maladies cardio-vasculaires… Outre les pathologies déjà observées chez l’homme et de plus en plus fréquentes chez les femmes fumant depuis longtemps, le tabagisme féminin comporte des spécificités, tout particulièrement inquiétantes lorsqu’on envisage de faire un bébé .
Pourquoi arrêter de fumer ?
- L'augmentation du risque d’infarctus : ce risque est nettement majoré par l’association tabac et pilule oestroprogestative liée au degré d’intoxication, il peut être 100 fois plus élevé après 35 ans.
- L'augmentation des risques de thromboses, embolies et accidents vasculaires chez les tabagiques, ce risque est majoré par l’âge et la prise d’oestroprogestatifs.
- L'augmentation des risques de fausses couches spontanées, de grossesses extra-utérines.
- L'augmentation des troubles du cycle.
- La fertilité des fumeuses est diminuée de 15 %. Ainsi, le délai avant la conception d’un enfant est allongé, que le tabagisme soit actif ou passif (de la part du compagnon ou du milieu socioprofessionnel). Plus l’exposition est longue et plus les doses sont élevées, plus les conséquences sur la fertilité sont visibles.
- La ménopause est marquée, chez la femme qui continue à fumer, par une majoration des risques de cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires.
- La ménopause est avancée de deux ans environ et le risque d’ostéoporose (source de fractures et douleurs chroniques) est accru.
- Le tabagisme est l'un des facteurs favorisant l’apparition des cancers du col utérin et du sein. Il fait partie des facteurs de risque des cancers ovarien, vulvaire et de la vessie.
Il est donc toujours utile, quel que soit l’âge et la motivation, d’arrêter de fumer . L’ancienneté du tabagisme est un plus grand facteur de risque que la dose de tabac consommée. Seul l’arrêt total est bénéfique, la diminution du nombre de cigarettes n’étant pas à conseiller.
L’arrêt du tabac doit intervenir de préférence avant la survenue de la grossesse , sinon le plus tôt possible pendant la grossesse . Il est toujours utile quel que soit le terme, et même après l’accouchement.
Sept bonnes raisons d’arrêter de fumer dès que vous savez que vous êtes enceinte
- Le tabagisme maternel pendant la grossesse augmente le risque de survenue d’accidents en cours de grossesse : hématome rétroplacentaire, placenta bas inséré, accouchement prématuré…
- En raison du passage à travers le placenta de l’oxyde de carbone (CO) inhalé par la mère, un retard de croissance intra-utérin est souvent constaté.
- Le risque de mortalité foetale est multiplié par deux (effet du CO et de la nicotine sur les vaisseaux sanguins).
- Le taux global des malformations chez les enfants de fumeuses n’est pas différent de celui de la population, mais on note néanmoins l’augmentation de certaines anomalies spécifiques : fentes palatines, malformations du crâne…
- Chez le nouveau-né, le risque de mort subite du nourrisson est multiplié par deux à trois.
- Les difficultés légères (troubles de l’apprentissage, troubles du comportement) sont plus fréquentes chez l’enfant.
- On constate une augmentation de l’asthme, des otites, rhinopharyngites, bronchiolites chez les enfants ayant été exposés au tabac pendant la grossesse.
Que faire si vous n'avez pas réussi à arrêter de fumer ?
A côté des risques dus au tabagisme actif de la femme doivent être aussi pris en compte le risque lié au tabagisme passif (de la part du compagnon ou du milieu socioprofessionnel).
Les atteintes du nouveau-né et du jeune enfant sont observées, même si après la naissance, les parents s’abstiennent de fumer en présence de l’enfant.
Si vous n'avez pas réussi à arrêter le tabac avant d’être enceinte, la grossesse peut augmenter votre motivation, permettant ainsi l’arrêt si vous êtes peu dépendante.
L’arrêt complet est plus difficile si vous êtes fortement dépendante et un accompagnement sera nécessaire. L’utilisation de traitements nicotiniques de substitution (formes orales et timbres transdermiques) est possible en cours de grossesse ; il est nettement préférable à la poursuite du tabagisme !
L’implication de votre compagnon est bénéfique, et, outre les bienfaits retirés à titre personnel, elle permet d’éviter l’exposition du futur nouveau-né au tabagisme passif.
En cas de forte dépendance ou d’échec de la prise en charge par l’équipe obstétricale, il faudra avoir recours à une consultation spécialisée pluridisciplinaire de tabacologie.
L’allaitement maternel est toujours à privilégier, même si vous n'avez pas réussi à arrêter le tabac, en raison de la balance bénéfice-risque en faveur de l’allaitement. Pour vous aider, le traitement nicotinique substitutif est permis durant l’allaitement ; la forme orale de substitutif devant être privilégiée (gommes…). A défaut de l’arrêt total, il est préférable d’allaiter à distance de la dernière cigarette, et d’éviter au bébé tout tabagisme passif.
Article issu du livre "Le Grand Livre de ma grossesse", mis à jour le 24 mars 2011
De collectif / Eyrolles / Janvier 2011 / 482 pages / 24,90 €















