Ce soir, c'est cabaret au "Renard"

Entrer au Renard , c’est un peu comme ouvrir une parenthèse dans le temps… Autrefois théâtre et cabaret, plus récemment lieu musical et branché qui "chic-isait" le traditionnel karaoké, le Renard fait aujourd’hui un retour remarqué dans les années folles.
Ambiance mystérieuse et cosy, prédominance du noir réhaussé d’imposantes suspensions de cuivre, scène en mosaïque doré : le ton music-hall est donné. D’imposantes balustrades en fer forgé noir encadre la salle, d’où l’on s’attend à tout moment à apercevoir une danseuse court vêtue de plumes et lascive…
Une cuisine qui laisse un peu sur sa faim...
Dans l’assiette, le chef Yannick Jandaud nous propose une carte des plus alléchantes, et semble privilégier mets fins et bons produits : le tartare de saumon au gingembre y côtoie le mille feuilles de figue, et le parmentier de canard, le cabillaud contisé de chorizo.
De belles promesses, pour au final une légère déception. Et c’est le bémol du lieu : si l’ensemble est satisfaisant, on peut toutefois regretter le manque de finesse dans la réalisation culinaire. On s’attend à de belles saveurs, de l’onctuosité sur le bout de la fourchette, mais les plats se révèlent corrects. Sans plus.
... Mais une ambiance unique
Mais le Renard a heureusement d’autres belles cordes à son arc. Côté bar, les mojitos sont irrésistibles, donc difficile à consommer avec modération… Et sur scène, le feu d‘artifice a bien lieu. Brian Scott Bagley est le nouveau maître artistique des opérations. Fils naturel de Joséphine Baker et de Fred Astaire, il chante, danse et joue les Victor-Victoria dans une frénésie endiablée. Quand il n’officie pas en personne, il invite à le remplacer par un panel d’artistes et de dj tous plus éclectiques les uns que les autres.
A l’arrivée, on ressort du Renard à une heure tardive, la nuit cosmopolite de la capitale offrant une douce transition entre ce voyage dans le temps et la réalité. Et on pense y revenir bientôt, mais peut-être juste pour boire un délicieux cocktail…
Le plus :
Une ambiance unique à Paris, un retour enivrant aux belles heures du Charleston et des cabarets de la nouvelle-Orléans.
Le moins :
Une carte très prometteuse, mais un résultat gustatif pas abouti, et un peu décevant au final.
Alexandra Zawadzki, mis à jour le 10 décembre 2010






