Immobilier : une baisse des prix salvatrice ?
La crise financière qui nous touche actuellement couvre tous les secteurs. N’épargnant pas celui de l’immobilier, elle a entraîné une baisse des prix en 2009.
Jean-Christophe Avellaneda, Responsable des Investissements pour l’UNOFI (Union Notariale et Financière), nous éclaire sur ce sujet.
- D’après le réseau d’agences Century 21, le marché de l’immobilier connaîtra cette année un repli de 6 à 10 %. Selon vous, comment s’explique ce repli ?
On attend une baisse de l’ordre de 25 % à 30 % sur les deux prochaines années en immobilier d’habitation. Cependant, il faut nuancer cette affirmation car tout dépendra des localisations choisies. En effet, autant sur certaines villes de provinces, on peut imaginer des baisses sensibles. En revanche, sur le secteur parisien, il semble peu probable que le marché baisse autant. On enregistrera certainement un ralentissement des transactions et une augmentation des délais de vente plus marqués, mais le marché parisien restera réservé à une élite, trop souvent étrangère, et cela à cause d’un pouvoir d’achat qui fait défaut à la plupart des Français.
Les principales causes pouvant mener à ce repli sont, d'un côté, un attentisme des acheteurs dans un marché où le volume de transaction est trop faible pour fixer facilement les prix (problème d’obtention du financement). Et, d'un autre, le problème de remboursement de crédit côté vendeur. Face à cela, il ne faut pas oublier un point majeur en France, nous manquons de logement ce qui empêchera très probablement une forte chute des valeurs.
- Revient-on vers un marché plus sain ?
On espère revenir vers un marché plus sain. Il est devenu nécessaire de revenir à une meilleure cohérence après ces dernières années où les valeurs immobilières se sont décorrélées de toute raison ou logique financière. Quand on pense que le salaire annuel d’un ouvrier moyen ne lui permettra à peine de s'acheter la surface de ses toilettes parisiennes… C’est qu’il y a un problème.
- Avec un marché en baisse, les particuliers seront tentés d’acheter. Mais avec la crise qui nous touche, les banques sont-elles enclins à prêter ? La baisse des prix suffira t-elle à relancer le marché ?
Les banques ont payé très cher leur excès de confiance des années passées. Le spectre de ce qui s’est passé aux USA fait tellement peur qu’elles sont devenues méfiantes, en partie sans raison vis-à-vis des Français. Les taux interbancaires ont beaucoup baissé, et pourtant les taux d’emprunt n’ont pas totalement suivi le même chemin. De la à penser que les banques profitent de l’ambiance actuelle pour augmenter leur marge… Certainement qu'à un moment ou à un autre, il va redevenir intéressant d’acheter mais à des valeurs où les banques ne prendront presque aucun risque. Un peu frileux pour le moment, les établissements bancaires réouvriront en grand les vannes du crédit si les prix baissent suffisamment. Mais je ne suis pas sûr qu’il faille attendre cela.
- Pensez-vous que la pierre est aujourd’hui un bon moyen d’investissement ?
La pierre, sur le très long terme, est toujours un bon investissement. Quelque soit la crise que nous vivons, dans 30 ans, l’immobilier aura forcément pris de la valeur. La question, c’est de savoir s’il faut acheter maintenant, ou dans 6 mois, ou vendre maintenant et encaisser une petite perte, ou avoir les épaules solide 2 ou 3 ans et laisser passer la crise.
- Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un futur acquéreur ?
Plutôt que des conseils, des petites phrases pour rester sur terre comme "l’immobilier est trop souvent affectif" ; "Quand il s’agit de faire un investissement, sachez garder la tête froide" ; "Ce qui est beau n’est pas forcément bien et méfiez-vous des trop bonnes opportunités".
Lydia Berroyer

L'immobilier en questions de Guy Marty et Christian Micheaud / Solar / février 2009 / 9,90 €













