J’ai "googlé" le nom de ma rue et je suis tombée sur des gens qui avaient mis leur CV en ligne. J’ai pu leur écrire via leur adresse e-mail et j’ai été heureux de constater que la plupart me répondaient et trouvaient sympathique l’idée de se rencontrer. Nous avons même pu boire un café le lendemain et c’est là que je me suis dit bonne pioche, il y a quelque chose à faire.
J’ai alors décidé de contacter, via un forum d’entraide un développeur, qui m’a aidé à mettre en place ce projet. Ca a marché tout de suite. La presse y est pour beaucoup et puis il y a eu le bouche à oreille, et puis surtout : le désir des gens. Ce sont des gens qui se sont saisis de peuplade et qui ont eu envie de créer des foyers de vie sociale à côté de chez eux. Ce sont des gens qui se lancent et qui profitent de peuplade et qui en font profiter à d’autres. Il n’y a pas de pionnier, il n’y a que des foules hibernantes qui attendent.
- Ce qui est étonnant tout de même, c’est de se dire que tous ces gens qui ont l’air très gais, très sympas ont eu besoin d’internet pour se parler alors qu’ils sont voisins !
Il y a des stéréotypes sociaux qui sont nostalgiques. Je connais bien la rue. Il y a 30 ans mes parents me laissaient jouer dans la rue. Aujourd’hui, je ne pourrais pas laisser mon fils jouer dans la rue, et pourtant il n’y a pas plus de pédophiles qu’avant. Ce n’est que le résultat d’un climat social diffus, il imprègne les relations. Après, il y a des données très concrètes comme la disparition des concierges qui mettaient en relation les gens.
Enfin, il y a le "turn over" qui est de plus en plus important. Les gens restent de moins en moins temps dans le même endroit. Du coup les liens sont en permanence rompus. Mais il reste une vraie nostalgie de ces stéréotypes sociaux du village ou du quartier, le café du coin, les commerçants.