La Louveterie, une gracieuse maison d'hôtes dans le Perche
Carol tenait un studio de création graphique et était photographe culinaire, Pietro dirigeait une filiale d’un grand groupe financier. Aujourd'hui, ce couple vit dans le Perche et a ouvert une maison d'hôtes : La Louveterie. Rencontre avec un couple heureux d'avoir changé de vie.
Grande et ancienne longère du XVIIème siècle adossée au Bois de Voré, à mi-hauteur sur une colline dominant la vallée de la Corbionne et offrant un point de vue privilégié sur le Mont Harou, La Louveterie offre à ceux qu’elle héberge, la douce quiétude du lieu et le spectacle puissant de ses chênes et chataîgners plusieurs fois centenaires.
- Comment vous est venue l’idée d’ouvrir ces gîtes, ces chambres et de développer cette activité en allant même jusqu’à accueillir des séminaires ?
Nous avions en projet d’ouvrir une maison et une table d’hôtes (nous sommes aussi passionnés de cuisine). Mais lorsque nous en parlions, il s’agissait d’un projet pour notre retraite... Peu de temps après avoir acheté La Louveterie, qui devait être notre maison de campagne, nous avons décidé d’y résider à plein temps et d’anticiper sur le calendrier du projet. Nous nous sommes donnés deux ans et demi pour préparer notre changement de vie et réaliser les travaux.
- Avez-vous entrepris de lourds travaux pour l’ouverture ?
Oui, on peut le dire.... A l’achat, la maison n’était pas habitable. Il a fallu deux ans et demi de gros oeuvre. La maison a été restaurée avec les matériaux traditionnels déjà utilisés au XVIIème : chaux, châtaigner, chêne et carreaux de terre cuite. A cheval sur les six derniers mois des travaux de gros oeuvre nous avons consacré une année entière 7j/7 pour l’aménagement et la décoration des dix huit pièces, en cessant toute autre activité.
- Comment avez-vous vécu votre transition et reconversion professionnelle ?
- Est-ce une activité fatiguante ?
Il y a certes beaucoup de travail. A la fois pour entretenir la maison, le potager bio et les extérieurs. Mais aussi, pour préparer la maison, les chambres ainsi que pour veiller à l’excellence de l’accueil, la réalisation des dîners. Nous offrons une cuisine raffinée qui a des exigences particulières. ll nous faut du temps pour aller chez nos fournisseurs (petits producteurs locaux). Nous sommes donc bien occupés. Très bien occupés même ! Particulièrement en haute saison. Mais il nous reste encore du temps pour nous...
- Est-ce que cette activité est rentable ?
Ca dépend de ce que vous mettez derrière ce mot et de comment vous mesurez la rentabilité. Si le critère est le retour sur investissement financier, alors il y a d’autres moyens de rentabiliser votre capital, car ici on est très loin des critères exigés par les marchés financiers... C’est une planète où la rentabilité se mesure par rapport aux objectifs de vie personnels. Et là, oui c’est très rentable. Si la question est “Peut-on faire fortune avec une maison d’hôtes ?” la réponse est : “Non, mais, sous certaines conditions, on peut en vivre”.
- Quelles sont les sources de bonheur ? Les contraintes de cette activité ?
Il existe surtout des contraintes de temps. Accueillir c’est donner son temps. Mais accueillir de manière authentique c’est aussi source de bonheur. Car vous recevez autant que vous donnez, et sans délai : le retour est immédiat. Les clients manifestent leur satisfaction devant vous. Vous devenez une source de sérénité et de plaisir. Imaginez : des couples s’offrent en cadeau des séjours chez vous. Si vous savez donner du sens à tout ça, le retour sur “investissement personnel” est très riche. Notre devise, est une phrase de Jean Anthelme Brillat Savarin (un des papes de la gastronomie dans son ouvrage Physiologie du Goût) : “Convier quelqu’un chez soi c’est prendre en charge son bonheur le temps qu’il est sous votre toit”.
- Quels seraient vos conseils pour de futurs propriétaires de maisons d’hôtes ?
Le conseil porte sur la préparation du projet bien en amont. Il faut bien penser son projet avant d'ouvrir une maison. Et surtout se poser avec insistance la question de l’objectif : “Pourquoi veut-on monter ce projet ?”. Il n’y a pas de réponse universelle. Mais elle sera d’autant plus motrice qu’elle s’exprimera de manière positive. Est-ce pour fuir quelque chose ou pour aller à la rencontre de ses propres désirs et de ses valeurs ? Pour le reste il est important d’aimer la présence des autres et d’être motivé par la rencontre et l’échange. Pour la mise en oeuvre, c’est comme pour toute entreprise : on se nourrit aussi de choses terrestres ; il faut être rigoureux avec le coté financier du projet.








