Les Catherinettes à l'honneur !

Aujourd’hui, un adulte sur trois est célibataire… De quoi perpétuer la tradition des Catherinettes. Et a en croire l’existence de la Sainte Catherine, il n’y a pas de quoi pleurer !
Sainte Catherine, aide-moi. Ne me laisse pas mourir célibataire. Un mari, sainte Catherine, un bon, sainte Catherine, mais plutôt un que pas du tout". Voici la prière, devenue depuis païenne, que peuvent réciter près de 15 millions de célibataires en France. Bien sûr, toutes les âmes soeurs ne pratiquent pas ce rituel mais cette fête ancestrale est encore beaucoup célébrée, de la capitale jusqu'aux provinces.
Sur le même schéma que le conte de Cendrillon, si à minuit le 25 novembre vous êtes encore célibataire, il n'y a pas de doute, vous êtes une Catherinette...
Mais à quand remonte cette tradition ?
Que sait-on de Sainte Catherine ou encore Catherine d’Alexandrie ?
C’est en l’honneur de Catherine d’Alexandrie que l’on célèbre les Catherinettes. Egyptienne, noble, vierge, érudite, Catherine est née en 290. Se refusant catégoriquement à un mariage avec Maximien alors Empereur de Rome, elle est longuement martyrisée et même décapitée.
Consacrée Sainte immédiatement après sa mort, il faut attendre les croisades pour que le culte voué à cette martyre ne se répande. Aussi, les confréries de jeunes filles se sont-elles mises à la vénérer en s'occupant de sa statue. Celles qui se mariaient avaient pour obligation de quitter la confrérie pour laisser aux autres le soin de "coiffer sainte Catherine"...
Les artistes se mirent rapidement à représenter Sainte Catherine par une auréole tricolore. Symbolisée dès lors par le blanc pour sa virginité, le rouge pour le martyre et le vert pour la connaissance. Les chapeaux portent ces mêmes couleurs donnant lieu à une créativité débridée, tricolore et parfois farfelue.
A Paris, chaque 25 novembre, on célèbre dans le 2ème arrondissement les Catherinettes !
La Sainte Catherine est progressivement devenue une journée de fête chez les couturières et les modistes. Celles-ci se confectionnaient lors de cette fête des chapeaux extravagants. Aujourd'hui, la tradition se perpétue à Paris, dans le deuxième arrondissement, au Canada et dans le nord de la France.
Sur l'Hexagone, cette festivité connaît même un certain regain d'intérêt en Lorraine puisque la Sainte Catherine précède depuis des siècles la fête la plus populaire, celle de la Saint Nicolas à la fois Patron de la Lorraine et Patron des jeunes hommes à marier...

Dans la Capitale, les maisons de couture aiment cette tradition comme symbole de leur force créative. La confection des chapeaux dans leurs ateliers ouvre sur de somptueuses réceptions ou défilés... coiffés. La maison Rykiel, célèbre chaque année cette occasion y intégrant même des Nicolas.
Soyez donc attentifs aux Catherinettes. Vous les reconnaîtrez à leur coiffe colorée. L’excès de zèle de certaines célibataires qui confectionnent elles-mêmes leur couvre chef, collant tout ce qui leur passe sous la main, épingles, papier en tous genres... les rend, croyez-nous, très reconnaissables !















