L'automédication est-elle dangereuse ?

En 2009, le marché de l'automédication représente près de 2 milliards d’euros ! Près d'un Français sur deux a recours à l'automédication. D'où la nécessité d'éduquer les gens à une automédication performante pour éviter de tomber dans l'autodiagnostic et d'entretenir des crises de migraine. Loïc Etienne, auteur du "Vidal, guide de l'automédication" répond a nos questions.
L'ordre des médecins donne une définition de l'automédication : "L’utilisation, hors prescription médicale, par des personnes pour elles mêmes ou pour leurs proches et de leur propre initiative, de médicaments considérés comme tels et ayant reçu l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), avec la possibilité d’assistance et de conseils de la part des pharmaciens".
- Qu’est ce qu’un médicament d’automédication ?
Les substances qui composent le médicament doivent garantir son utilisation en toute sécurité. Le produit doit être présent depuis longtemps sur le marché et ne doit pas avoir entraîné d’effets secondaires fréquents ou graves. Il doit nécessiter une dose efficace très inférieure à la dose toxique et doit également impliquer des interférences limitées avec d’autres médicaments.
- Quels sont les avantages et les inconvénients de l’automédication ?
L’automédication ne comporte que des avantages lorsqu’elle est bien comprise et bien utilisée. C’est simple, la personne ne doit pas confondre l’autodiagnostic et l’automédication. Avec l’autodiagnostic, la personne fonce droit dans le mur et a toutes les chances de se tromper et de prendre les mauvais produits. L’automédication ne soigne pas, elle soulage un mal quelconque. Si les symptômes persistent, il faut consulter. C’est pour cela qu’il faut que les professionnels de santé informent les patients sur l’automédication et les guident dans l’apprentissage des soins bénins.
- Quels sont les bons conseils pour une automédication efficace ?
- Demander conseil à son pharmacien.
- Consulter son médecin en cas de doute surtout si l’on est enceinte ou si l’on allaite.
- Ne rien cacher à son médecin.
- Lire la notice et conserver l’emballage.
- Eviter le cumul de médicaments
- Eviter l’alcool
- Conserver les médicaments dans de bonnes conditions
- Vigilance avec les enfants
- Renoncer à l’automédication et consulter
- Pratiquer une automédication à durée limitée, il est important de consulter si les symptômes persistent.
- Le gouvernement a décidé la mise en vente libre de médicaments. Pourquoi ? Quel est l’objectif ?
Disons que le gouvernement veut "sauver" son système de santé par le cercle vertueux automédication / médicament non remboursé. La mise en vente libre de médicaments a pour but d’encourager les Français à pratiquer l’automédication mais comme les médicaments en question ne sont pas remboursés, cela permet également de limiter les remboursements de la sécu...
- Est-ce que l'automédication pousse les gens à l'autodiagnostic, via des sites internet par exemple ?
Un diagnostic ne peut être porté que s'il y a examen clinique et examens complémentaires (prises de sang, radios, etc.). Un site internet ne peut donc pas faire de diagnostic. S'il est mal conçu, il peut entraîner le public vers l'illusion de l'autodiagnostic.
Je rappelle ainsi que l'automédication concerne certains symptômes, dans certaines conditions, avec certains médicaments précis d'automédication dont la liste a été établie par l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), et durant une durée limitée inférieure à 48 heures.
- Auriez-vous des chiffres sur les accidents liés à l'automédication ?
La difficulté est de faire la part entre la pathologie iatrogène (les effets secondaires des médicaments), les accidents dûs au surdosage ou au non-respect des contre-indications par les patients, et les accidents liés à l'automédication en elle-même. A mon sens, les accidents liés à ce dernier type d'accident sont relativement faibles. En effet, on estime que 3,6% des hospitalisations sont dûes à un "produit de santé", l'automédication au sens où nous en avons parlé représentant parmi eux une faible part.














