les médecins nutritionnistes face aux critiques...

Il n'est pas rare que des voix s'élèvent contre l'attitude professionnelle et personnelle de certains médecins nutritionnistes. Régimes inadéquats, indifférence, culpabilité, les défauts de quelques professionnels sont souvent décriés. Y a-t-il des moyens mis en place pour exprimer ses critiques contre les erreurs d'appréciation de ces nutritionnistes ? Peut-on porter plainte si l'on estime que le nutritionniste que l'on a consulté n'a pas les compétences requises pour exercer ce métier ?
Le Dr Françoise Mahé, présidente de l’association des médecins nutritionnistes de l’Ouest, et membre de la Fédération Nationale des Associations Médicales de Nutrition (FNAMN) nous donne son avis sur ces questions.
- Que penser des nutritionnistes qui prescrivent des antidépresseurs à leur patient ?
La prescription d’antidépresseurs est une aberration, et en aucun cas une garantie d’efficacité. Car il n’est pas prouvé que ces médicaments aident à perdre du poids, et même si c’était le cas, que se passerait-il après l’arrêt des antidépresseurs ? Personnellement, lorsque les gens sont un peu nerveux, je prescris de la phytothérapie. Mais jamais d’antidépresseurs qui sont des médicaments aux effets secondaires néfastes et donc porteurs de risques pour la santé du patient ! Un carré de chocolat peut être un antidépresseur en agissant de façon positive sur le moral du patient, sans le faire grossir. L’intérêt étant de manger le carré, pas toute la tablette de chocolat !
- Les patients reprochent souvent un manque de compréhension et d’empathie de la part du nutritionniste. Y a-t-il une part psychologique à prendre en considération ?
Le facteur psychologique est prépondérant pour réussir un régime ou parvenir à un rééquilibre alimentaire. Ce qui implique que le médecin se montre compréhensif, inspire confiance et motivation. L’empathie est donc de mise dans la relation médecin-patient.
- Certaines critiques se portent sur des rendez-vous souvent expéditifs et des conseils peu personnalisés. Est-il possible de corriger ces tendances ?
Lorsque quelqu’un veut se plaindre d’un médecin, il peut s’en référer soit à l’association, soit à la fédération si le médecin en fait partie. Sinon il peut se tourner vers les instances de nutrition.
- En parlant d’associations, quel est l’intérêt des associations regroupant des médecins nutritionnistes, et pourquoi se sont-elles regroupées au sein de la Fédération Nationale des Associations Médicales de Nutrition (FNAMN) ?
Il faut savoir que les médecins nutritionnistes ne sont pas vraiment des spécialistes au sens où il n’y a pas d’internat de nutrition. Les associations en question regroupent des médecins généralistes qui ont fait un diplôme d’université en plus. Mais ni le conseil de l’ordre ni les endocrinologues ne sont d’accord pour reconnaître l’obtention du diplôme d’université comme une spécialisation de la médecine en nutrition.
En Bretagne nous avons été les premiers à créer une association : l’association des médecins nutritionnistes de l’ouest (l’ANO) en 1998 car nous étions quelques uns à exercer sur Rennes. De plus, c’était nécessaire pour suivre des formations médicales continues (FMC).
- En quoi est-ce un gage de qualité pour la profession ?
Pour une raison très simple : dans nos associations, nous n’acceptons que les médecins qui ont un diplôme d’université et qui sont reconnus pour ne pas prescrire des régimes inadéquats ou fantaisistes. On signe une charte qui implique que le futur membre ait le diplôme requis, et qu’il soit parrainé par un médecin faisant déjà partie de l’association. Quant à la charte de la FNAMN, elle fixe les règles et les conditions de la pratique des professionnels de la nutrition. Ce qui oblige à respecter la déontologie de la profession et à évaluer la qualité de nos adhérents. Si certains d’entre eux ne travaillent pas selon les normes établies, ils sont renvoyés de l’association. L’amélioration des pratiques en nutrition est aussi et surtout le but recherché.
Sarah Ganon
















