Alzheimer, un diagnostic difficile
Comme toute maladie cérébrale, diagnostiquer la maladie d’Alzheimer reste complexe. Pourtant, plus précoce est le diagnostic, mieux le malade peut être pris en charge. Quels sont les moyens existants pour établir un diagnostic d'Alzheimer ?
Chaque année en France, 200 000 nouvelles personnes développent la maladie d'Alzheimer, et ce chiffre ne cesse d'augmenter. Le travail de la recherche ces dernières années a donc consisté à établir différents tests permettant d’analyser les symptômes, et d’établir la présence de la maladie.
La mémoire, symptôme principal
Un des marqueurs principaux de la maladie reste la mémoire. La spécificité de la maladie d’Alzheimer est qu’elle affecte la mémorisation des nouvelles informations. Ainsi un patient pourra se souvenir de faits très anciens de sa jeunesse, mais aura de plus en plus de difficultés à intégrer des faits récents. Or, dans les troubles de la mémoire liés à d’autres pathologies, c’est le mécanisme de rappel de l’information qui est perturbé et non l’information en elle-même. Ainsi des tests neuropsychologiques effectué sur le patient pourront étayer une suspicion de maladie d’Alzheimer.
Les autres symptômes de la maladie d'Alzheimer
La maladie d’Alzheimer affecte le cerveau de l’individu, et altère peu à peu ses facultés cognitives. Outre le déficit mnésique, on observe une perte de repères et une désorientation au niveau du temps (distinction jour et nuit) et de l’espace, qui peuvent conduire à des situations d’errance. Mais aussi des troubles du langage et du comportement, allant parfois jusqu’à l’agressivité. Enfin, une perte de coordination des membres.
Un diagnostic incertain
Etablir un diagnostic reste à l’heure actuelle encore épineux, car il n’existe pas de test spécifique stigmatisant précisément la maladie. Seule une autopsie du cerveau peut prouver avec certitude la présence de la maladie. Il s’agit donc en fait d’étudier les symptômes, pour éliminer les autres affections qui pourraient les causer.
Le diagnostic est donc le résultat d’une combinaison de signes cliniques, de tests neuropsychologiques et de signes radiologiques. Les antécédents médicaux sont aussi pris en compte pour éliminer d’autres pathologies possibles. Enfin, l'historique familial est aussi observé. En effet, avoir un parent atteint d’Alzheimer accroit la probabilité de développer la maladie. Tous ces indices permettent d’établir une suspicion d’atteinte de la maladie sûre à 90 %.
Les tests neuropsychologiques
Divers tests existent à l’heure actuelle pour évaluer les fonctions cognitives du patient. On évalue la mémoire, le raisonnement, les capacités d’orientation dans le temps et l’espace, le langage. Le test préalable le plus répandu est le « mini mental state evolution » ou test de Folstein, constitué de 18 questions et tâches. Pour l’évaluation de perte de la mémoire, le test des 5 mots de Dubois ou le test de l’horloge sont aussi pratiqués.
Les tests neuro-psychométriques
Ces tests sont réalisés par des spécialistes. Ils permettent d’approfondir les tests neuropsychologiques et d’établir le diagnostic de démence. Les tests de Grober et Buschke, qui testent la mémoire récente, le test de la figure de Rey, pour la mémoire visuelle, ou encore le DO80, qui évalue les capacités de langage.
Les tests biologiques
Des examens de sang et d’urines sont réalisés pour écarter d’autres pathologies mais aussi pour cerner les maladies aggravantes pour le patient. On recherche entre autres des signes d’anémie, de diabète ou de troubles thyroïdiens.
Les tests radiologiques
Un IRM ou un scanner peuvent être réalisés pour écarter d’autres accidents qui pourraient causer les troubles, tels que des accidents vasculaires cérébraux ou une tumeur. Mais aussi pour démontrer des lésions dans les régions hippocampiques, symptomatiques de la maladie.
La recherche avance...
A l’heure actuelle, si cette batterie de tests n’est pas infaillible, elle offre une possibilité de diagnostic relativement efficace de la maladie d’Alzheimer. Mais ces tests ne sont efficients qu’à partir du moment où il existe des symptômes. Or la maladie peut être latente bien avant l’apparition de ces signes. L’objectif de la recherche est aujourd’hui de concevoir des tests biologiques qui permettraient un dépistage plus précoce de la maladie. La société ExonHit Therapeutics vient de présenter les résultats d’essais cliniques pour un biomarqueur (AclarusDx™ ) susceptible d’établir un diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Ce test sanguin, qui offre une précision globale de 71%, devrait être mis sur le marché fin décembre 2009. Il sera dans un premier temps mit à disposition des groupes pharmaceutiques et des services de recherche et d’essais cliniques. Dans un second temps, il devrait être accessible au milieu médical.
On estime que 50 % des malades atteints d'Alzheimer ne sont pas ou mal diagnostiqués. Et bien souvent, le diagnostic reste trop tardif. Le but de la recherche pour demain est de dévelloper des méthodes de dépistage plus précises mais surtout plus précoces, pour une meilleure prise en charge des malades.
Alexandra Zawadzki

De Christian Derouesne, Jacques Selmès et Micheline Antoine Selmès / Editions First / février 2009 / 384 pages / 22,90 €
De Jacques Selmes et Christian Derouesne / John Libbey Eurotext / juillet 2007 / 140 pages / 20 €














