Alzheimer, des causes encore mal définies

Les causes d'apparition d'une démence Alzheimer sont encore mal comprises. Mais les chercheurs ont put identifier certains facteurs de risque probables, et continuent d'explorer d'autres hypothèses.
Avec l'augmentation en âge des populations du monde entier, en particulier dans les pays industrialisés, la maladie d'Alzheimer se répend chaque année un peu plus. Et pourtant de nombreuses interrogations subsistent au sujet de cette maladie. A l’heure actuelle, la recherche avance à tâtons, en particulier dans la détermination des causes de la maladie. Des études relèvent néanmoins certaines données, qui sans être considérées comme automatiques constituent des facteurs de risque potentiels.
Deux facteurs de risque biologiques : l’âge et le sexe
Le facteur de risque majeur de la maladie est l’âge. La maladie touche principalement les personnes âgées de plus de 80 ans. On estime à 20 % les malades chez les plus de 80 ans, et 40 % chez les plus de 90 ans.
On constate également que si la maladie touche aussi bien les hommes que les femmes, elle affecte un plus grand nombre de femmes, en particulier après 80 ans. On évoque pour expliquer cette différence une longévité plus importante des femmes, ainsi que la baisse du taux d’œstrogène passé la ménopause.
Les facteurs génétiques
On admet aujourd’hui le rôle génétique de la maladie d'Alzheimer. Néanmoins, les facteurs génétiques sont aujourd’hui encore mal connus. Si la forme familiale de la maladie est directement lié à une hérédité génétique, celle ci joue aussi un rôle dans la forme sporadique, bien que moindre : on sait que le fait d'avoir un parent qui souffre de la maladie triple le risque d'atteinte.
Les recherches ont démontré dernièrement l’intervention prépondérante du gène Apolipoprotéine E4 ou ApoE4 chez les personnes atteintes. Deux autres gènes, dit CLU et CR1 ont aussi récemment été mis en cause. Ces deux gènes auraient un lien avec l’élimination d’une substance, qui serait responsable des plaques qui affectent les neurones : le peptide bêta amyloïde.
Une hygiène de vie à surveiller
L’hygiène de vie jouerait également un rôle dans le développement de la maladie : Une consommation forte d’alcool, de tabac ainsi qu’une alimentation riche en acides gras saturés sont considérés comme des éléments favorisants l’apparition de la maladie.
Certaines études semblent également montrer que sont moins touchés les personnes au niveau scolaire élevé, ainsi que celles qui ont une activité intellectuelle vive. A contrario, la dépression est un facteur de risque aggravant. Mais il semblerait que le stress n’ait aucune incidence sur le développement de la maladie.
Par ailleurs certaines maladies de type cardio-vasculaire (obésité et hypertension par exemple), ainsi que les troubles vasculaires cérébraux (AVC), ou les traumatismes crâniens auraient également une incidence.
Les facteurs environnementaux
On suppose que certains facteurs environnementaux sont propres à favoriser la maladie. On parle de l’influence de métaux tels que l’aluminium ou le mercure, mais aussi de l’exposition à des solvants ou des champs électromagnétiques.
A l’heure actuelle, les études ne sont pourtant pas assez significatives pour confirmer avec certitude ces hypothèses.
L'analyse plus précise des facteurs de risque pourrait à terme permettre une meilleure prévention de la maladie. Mais plus encore, de la maîtrise des causes génétiques résulteront peut-être de futurs traitements curatifs d'Alzheimer.
Alexandra Zawadzki
De Christian Derouesne, Jacques Selmès et Micheline Antoine Selmès / Editions First / février 2009 / 384 pages / 22,90 €














