La Méthode Montignac décryptée

Dans un entretien exclusif, le Dr Montignac nous donne des précisions sur sa "méthode", qui garantit une perte de poids sans restriction calorique. Quelle est la recette miracle de ce régime ? Est-il vraiment efficace ?
- Le régime Montignac se base sur l’index glycémique et les propriétés de l’insuline pour perdre du poids. Comment en êtes-vous arrivé à ces conclusions ?
Ayant toujours été en surcharge pondérale (enfant j’étais d’ailleurs obèse) j’ai constamment cherché à résoudre définitivement mes problèmes de poids.
Au début des années 80, j’ai décidé d’entreprendre des recherches sur la nutrition à partir des informations scientifiques auxquelles j’avais accès dans mon milieu professionnel, celui de l’industrie pharmaceutique. J'ai été interpellé par des études publiées en 1976/77 par Crapo, un chercheur en diabétologie de l'Université de Stanford en Californie. Ses études montraient que les glucides n’avaient pas les mêmes effets sur la glycémie. Elles indiquaient que pour un contenu en glucide pur identique, l'élévation de la glycémie après le repas était très différente d'un glucide à l'autre, que le glucide soit simple ou complexe. Ainsi, un régime composé exclusivement de glucides qui induisaient une faible glycémie, pouvait avoir un effet positif dans le contrôle de la glycémie du diabétique. Ceci m'a permis d'être le premier à élaborer les prémices d’une méthode d’amaigrissement originale intégrant le concept d’index glycémique (IG).
J’ai eu l'idée d'expérimenter ce régime sur moi même, après avoir remarqué que 85 % des diabétiques sont aussi obèses. Ayant perdu ainsi plus de 15 kilos en trois mois, sans restriction calorique aucune, j'ai été encouragé à continuer activement mes recherches dans cette direction. J'ai ainsi fait la démonstration qu’il était possible de maigrir en mangeant normalement, sans restriction par le seul choix des glucides. Mes nouveaux principes nutritionnels ont alors été validés sur une centaine de personnes de mon entourage qui ont toutes perdu du poids avec succès.
- Pendant combien de temps avez-vous expérimenté ce régime avant d’en concevoir une méthode ?
Pendant environ 5 ans car mon premier livre sur la méthode Montignac a été publié en 1986.
- Comment se décompose le régime Montignac ?
La méthode Montignac repose sur le principe que la prise de poids n’est pas énergétique mais hormonal. C’est la quantité d’insuline secrétée au cours de la digestion qui est responsable des différents scénarios métaboliques conduisant au stockage de l’énergie au détriment de son brûlage.
Or la quantité d’insuline sécrétée au cours de la digestion est tributaire de la glycémie induite par la nature des glucides ingérés. Si le glucide (amidon, sucre…) consommé a un index glycémique élevé, la glycémie est importante et entraîne une forte réponse insulinique, laquelle oriente l’énergie du repas vers le stockage. Inversement, si le glucide consommé a un index glycémique bas, la glycémie est faible et n’entraîne pas de sécrétion d’insuline excessive. L’énergie du repas est non seulement brûlée, mais l’organisme libère ses graisses de réserves pour les utiliser ce qui se traduit par un amaigrissement.
La méthode Montignac se décline donc en deux phases :
- La phase 1 d’amaigrissement qui consiste à ne consommer que des glucides à IG très bas (inférieur ou égal à 35),
- La phase 2 de stabilisation où la majorité des glucides consommés ont un IG inférieur ou égal à 50.
Lorsque l’on décide de manger un glucide à IG élevé on neutralise ses effets sur la glycémie et l’insuline en consommant conjointement un glucide à IG très bas. C’est le système des compensations.
- Pour quel type de femmes ce régime est-il préconisé et que recherchent-elles essentiellement ?
Toutes les femmes en surcharge pondérale peuvent tirer profit de ce mode alimentaire parfaitement équilibré qui consiste, non pas à manger moins, mais à manger différemment en faisant désormais les bons choix.
- Peut-on parler d’une durée requise par rapport aux kilos à perdre ?
La phase d’amaigrissement (phase 1) doit être pratiquée jusqu’à l’atteinte des résultats définitifs sachant que l’on perd en moyenne 4 kilos par mois. Il est souhaitable cependant de pratiquer la phase 1 pendant au moins 3 mois afin de pouvoir complètement réharmoniser le métabolisme.
- Quels types de menus recommandez-vous pour chaque phase ?
Il y a plutôt des types de repas organisés autour des 3 macro nutriments , glucides, lipides protéines en fonction des circonstances et des préférences. Cela tourne autour de trois repas par jour dans lequel le petit déjeuner et le déjeuner sont copieux et le dîner plus léger.
- Les courses au quotidien ne finissent-elles pas par devenir un vrai parcours du combattant entre les bons et les mauvais glucides ? comment s’y retrouver efficacement ?
Dès lors que l’on a compris quels sont les aliments à IG bas qu’il faut privilégier et les aliments à IG élevés qu’il faut éviter, les courses sont faites en conséquence.
(Voir notre tableau des index glycémiques dans NOS INFOS)
- Qu’est ce qui rend votre régime efficace sur le long terme ? Est-ce une alternative entre l’effet yoyo et le régime tout au long de l’année ?
Ce qui le rend efficace, c’est le fait qu’il n’y ait pas de restriction quantitative. Cela permet d’éviter, comme c’est le cas dans le régime hypocalorique, les modifications du rendement énergétique qui conduisent inéluctablement à la reprise de poids (effet yoyo). La méthode Montignac est en effet la meilleure alternative au régime hypocalorique (sans graisses) et au régime hyperprotéiné (sans graisses ni glucides).
- Comment expliquez-vous que le régime Dukan qui propose de consommer à volonté des protéines soit aussi très efficace ?
Le régime hyperprotéiné est efficace car il annihile totalement la fonction insulinique par la suppression totale des glucides et des graisses. Mais il est très dangereux pour la santé car il surcharge anormalement les reins ce qui entraîne des risques d’hyperprotéinuries et de calculs urinaires. Par ailleurs, du fait de l’exclusion des glucides et des graisses, il force l’organisme à développer des procédures de survie qui conduisent à terme à détraquer complètement les processus métaboliques normaux. A l’arrêt du régime, la réintroduction des glucides, même à IG très bas, se manifeste par une amplification démesurée de la glycémie entraînant ainsi une rapide reprise de poids par hyperinsulinisme interposé. Cela implique donc d’entreprendre une rééducation complète du métabolisme qui est longue et difficile et qui ne peut être faite qu’avec l’assistance d’un praticien spécialisé.
L’autre danger du régime hyperprotéiné, c’est de perturber gravement l’équilibre acido-basique. Or nous savons désormais qu’un terrain très acide favorise le vieillissement des cellules (stress oxydatif) et le développement de graves maladies dégénératives comme la polyarthrite rhumatoïde, les cancers et autres scléroses en plaques.
Sarah Ganon
De Michel Montignac / Flammarion / 256 pages / 20 €
De Michel Montignac / Alpen / 96 pages / 9,90 €
















