Régime miracle, rêve ou réalité ?

Il n'existe pas de régime express miracle ! Dure fatalité ou principe de réalité ? Les seuls régimes qui fonctionnent résultent d'un changement alimentaire profond. Cela peut prendre jusqu'à deux ans, mais pour des effets plus durables.
Florence Pujol est créatrice du cabinet Diététique et nutrition à Paris, un lieu qui offre une prise en charge nutritionnelle et intervient en cas de troubles des conduites alimentaires. Elle fait le point avec nous sur les réalités d'un bon régime.
- Florence Pujol, comment distinguer les mauvais des bons régimes ?
- Quelles sont les causes majeures de surpoids ?
- En quoi un suivi comportemental alimentaire diffère-t-il d’un régime lambda ?
- Est-ce du coaching diététique ? Accompagnez-vous vos patient(e)s faire leurs courses ?
- Comment se déroule le suivi comportemental ? S’agit-il de plusieurs séances ?
Un suivi comportemental dure en moyenne un an, voire deux. L’occasion de pratiquer un exercice qui s’appelle la pleine conscience alimentaire, c’est-à-dire d’avoir pleinement conscience de son comportement alimentaire.
La fréquence des consultations dépend des besoins de chacun. Cela peut être un rythme hebdomadaire ou mensuel… en règle générale c’est dégressif, au début on se voit très régulièrement puis tous les deux mois en fin de processus.
Je mets en place des phases de liberté. On ne se voit pas pendant un mois par exemple. C’est important que le processus dure un an pour voir passer les quatre saisons, on a pas du tout les mêmes comportements alimentaires en hiver et en été…
Il faut également affronter des événements qui peuvent engendrer des émotions négatives et qui troublent le comportement alimentaire.
- Quelle est votre clientèle ?
Il peut également s’agir de personnes en surpoids depuis longue date qui ont une résistance à la perte de poids. Quand cela fait quinze ans que l’on fonctionne d’une certaine façon, il faut un long processus pour changer ses habitudes alimentaires.
(*indice de masse corporelle IMS : poids kg/taille ² en mètres). Il n’est ni valable pour les enfants, ni pour les personnes âgées, ni pour les adolescents. Il existe une différence entre le poids normal médical et le poids de corps réel.
- Les communications du Programme national de nutrition santé sont reprises par les industriels sous forme de marketing. Pour faire le point : comment a-t-on établi qu'il fallait manger cinq fruits et légumes de façon journalière ?
On a besoin d’une quantité des différents types de minéraux et de vitamines, ces fameux apports nutritionnels conseillés, qui sont inscrits dans un livre qui s’intitule justement : les apports nutritionnels conseillés (ANC), qui répertorie toutes les études qui ont démontré les quantités à consommer, en considérant l’âge des consommateurs.
En fonction de cela on a établi l’équivalence en fruits et en légumes en fonction de la quantité de fibres, de minéraux, de vitamines qu’ils contiennent. La première communication du PNNS (programme national nutrition santé) prescrivait un chiffre trop important (10 !) et cela a tout simplement été divisé par deux pour être plus réaliste.
- Existe-t-il des subtilités dans la classification des légumes ?
Généralement ce qui est à base de fibres sont des légumes ou des fruits, ce qui est à base d’amidon ou qui est un peu plus pâteux comme les lentilles, les poids chiches, sont des légumes secs, et ces derniers ne comptent pas comme des légumes. On peut donc faire une classification de type "amidonnés" et "non amidonnés".
- Comment équilibrer un repas express ?
La soupe chaude est un élément essentiel d’un repas. Il faut manger chaud en hiver. Lorsque l’on mange, on dégage de l’énergie et de chaleur (sous forme de kilojoules), cette énergie dégage de la chaleur et l’unité de la chaleur est la calorie. L’hiver comme nous lutons contre le froid, il est important de manger chaud.
- Quelles seraient les astuces pour se régaler sans trop prendre de poids ?
1- Se nourrir lorsque l'on a faim
2- Manger un aliment qui vous fait plaisir
3- Consommez à satiété.
Ces règles basiques sont imparables. C’est aujourd’hui très compliqué à mettre en place car on ne mange pas par faim mais parce que c’est l’heure... Au travail, on se cale sur les horaires de ses collègues. Il faut vraiment manger quand le corps nous le réclame. Le surpoids vient très souvent de là…
L’être humain n’est pas fait pous subir le rythme de ses voisins… Le cadre humain est dépassé par le rythme social. Dans le suivi comportemental que je mets en place, les patients passent par des phases de diète et d’égoïsme, où ils apprennent à assumer de se nourrir à 15h et 19h15 ! Tout cela s’organise... Il faut prendre le temps...

