Le développement reste le but du gouvernement chinois. Laisser une partie de la population s’enrichir, pour entraîner les autres. Le pays est actuellement à 11,2 % de croissance et devient le premier producteur d’or au monde dépassant l’Afrique du Sud. Dans une économie qui a su se diversifier, investir dans des secteurs variés et qui commence à exporter des produits à valeurs ajoutée, la Chine vit actuellement son "rêve américain". Les riches s’affichent, les pauvres espèrent. En 2007, le pays enregistre 117 milliardaires en dollars contre une dizaine l’année précédente. Parallèlement, 100 millions de personnes vivent avec moins de 1 euro par jour.
Premières victimes de ce boom économique : les paysans et ouvriers. Sous Mao, l’Etat prenait tout en charge. Aujourd’hui, ces populations n’ont pas de retraite. Sans fils pour les aider, les paysans ne peuvent pas subvenir à leur besoin. La discrimination envers les filles est donc encore très présente au sein de ces populations. Des catégories de personnes qui sont d’autant plus pénalisées qu’elles n’ont pas les moyens de scolariser leur enfant.
Quant aux familles riches, elles se sont installées dans Pékin. Certaines dans des maisons en plein centre ville, d’autres dans des campans, sortes de complexes résidentiels à thème. Vivre dans ces résidences a un coût : deux millions de dollars. Ce qui séduit les familles chinoises, hantées par une phobie des enlèvements pour leurs enfants, c’est en partie la sécurité. Ici, les enfants sont bien souvent uniques et ne reçoivent jamais d’amis. Leur vie est minutée et organisée par les parents. Une rigueur qui fait de ces futures générations de véritables génies.