- A un moment où le pouvoir d’achat nous fait défaut, la "consommation responsable" garde-t-elle une place importante dans les préoccupations des français?
Les gens sont effectivement gênés par la baisse du pouvoir d’achat en ce moment mais je pense que ce n’est pas pour autant qu’ils délaissent leurs convictions. Il y a aujourd’hui une vrai préoccupation autour de la consommation responsable et même s’ils achètent moins équitable, c’est aussi parce globalement, ils réduisent la part de leur budget consacré à l’alimentation. Je pense néanmoins que cette sensibilité est vraiment une tendance de fond qui n’est pas vouée à disparaître.
- Qui consomme équitable ? Existe-t-il un profil type ?
La plupart de nos consommateurs ont entre 25 et 45 ans. Ce sont en général des gens issus de la classe moyenne, plutôt aisés, plutôt urbains et avec un niveau d’étude élevé, ils sont aussi plutôt "avant-gardistes". On constate aussi que les plus jeunes (15/25 ans) sont de plus en plus sensibles à ces préoccupations mais souvent, ils sont freinés par les prix qui sont souvent sensiblement plus élevés.
- Les gens qui achètent équitable sont-ils plus sensibles à l’environnement, à la qualité, à la transparence du processus, aux conditions de vie des producteurs et travailleurs locaux ?
Ils sont tous en "recherche de sens" par rapport à leur consommation. Pour autant, ils ne remettent pas vraiment en question la "logique de marque" qui caractérise nos sociétés. Prendre part au commerce équitable, c’est adopter un code identitaire, avoir un plus en tant que citoyen. Ces consommateurs prennent conscience de l’acte d’achat, ils comprennent qu’il n’est pas anodin car il peut nous faire contribuer à un monde plus juste.