Née d’une famille de riches industriels de province, Philippe Sollers suit des études secondaires à Bordeaux avant d’être envoyé dans une école de Jésuites à Versailles. Mais rétif à toute autorité, il ne tarde pas à se faire renvoyer. Il ne persévère pas dans lesétudes au damne de ses parents et se met à écrire. Il publie en 1957 un premier texte Le Défi et demande à cette occasion une entrevue avec le poète et écrivain François Mauriac. Rencontre providentielle, François Mauriac lance sa carrière un an plus tard en signant dans l’Express une critique retentissante de son premier roman Une curieuse solitude, pour lequel il obtiendra le Prix Fénelon. S’en suivront très rapidement d’autres romans très remarqués, comme Le Parc en 1962 récompensé par Le Prix Médicis.
Auteur d’avant-garde
Adoubé par les plus grands, il fonde la revue littéraire Tel Quel aux éditions du Seuil en 1960. Paraphrasant les propos de Nietzsche, la publication au succès annoncé affirme sa volonté d’appréhender le monde sans a priori. Parmi les figures de proue du mouvement, on retrouve Francis Ponge, Jean Cayrol, Virginia Woolf, Claude Simon, Jean-René Huguenin, ou encore Jean-Edern Hallier. A l’origine, Tel Quel se réclame de la littérature d’avant-garde, c’est-à-dire dégagée de tout engagement politique, mais progressivement elle va se faire le relais des idées marxistes léninistes, de la psychiatrie freudienne, pour enfin se revendiquer du maoïsme… Excessivement théorique, la revue s’attache à réévaluer des œuvres à la fois extrêmes et marginales (Sade, Lautréamont, Artaud, Joyce, Céline, Bataille, Blanchot…) pour finalement perdre de sa force. Philippe Sollers voit là les limites du mouvement. L’arrêt de la publication est prononcé en 1982.
Chevalier de la Légion d'honneur et Officier de l'Ordre National du Mérite
S’il collectionne les récompenses littéraires (parmi lesquelles les prestigieux Prix Goncourt, Fénelon, Médicis), et s’est vu décoré Chevalier de la Légion d'honneur et Officier de l'Ordre National du Mérite (Arts et des Lettres), Philippe Sollers n’en déchaîne pas moins les critiques. Provocateur politiquement incorrecte, opportuniste-charmeur, conservateur faisant l’apologie du libertinage,… ses détracteurs s’insurgent devant tant de contradiction. Au risque de renforcer l’animosité à son égard, Philippe Sollers occupe tous les fronts médiatiques. Editorialiste au Monde, il multiplie les tentatives de séduction à la télévision et à la radio avec des déclarations "hautes en couleurs" et pour le moins polémiques. Jamais dans l’ombre très longtemps, il reviendra en janvier 2009 avec un nouveau roman Les Voyageurs du Temps (Gallimard) qui ne manquera pas de faire couler de l’encre…

Envoyer à un ami
Taille du texte

Les folies françaises / octobre 1990 / Gallimard / 5 €
Qu’en pensez-vous ?






























