Le Dernier maquis d’Ameur-Zaïmeche

"Dernier Maquis", le nouveau film de Rabah Ameur-Zaïmeche, est diffusé dans le cadre de la compétition du festival Paris Cinéma.
Dernier maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche
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Notre avis 

Présentation du film :


Dernier maquis
raconte l‘histoire de Mao, petit entrepreneur perdu au milieu d’une zone industrielle en région parisienne. Pensant bien faire, il décide d’ouvrir une mosquée pour ses employés. Initiative appréciable mais jugée maladroite lorsqu’il désigne l’imam sans demander l’avis des travailleurs. La grogne monte rapidement, Mao se retrouve alors aux prémices d’un véritable conflit social.

Le réalisateur Rabah Ameur-Zaïmeche réalise ici son troisième long-métrage après "Wesh wesh, qu’est-ce qui se passe ?" et "Bled Number One". Il plonge cette fois-ci le spectateur au cœur du monde du travail et traite de son sujet de prédilection : l’immigration maghrébine. "Dernier Maquis" a été sélectionné cette année à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes. Il intègre la compétition internationale dans le cadre du Paris Cinéma.

 

NOS INFOS

Dernier maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche / Sortie le 22 octobre 2008

NOTRE CRITIQUE
Avec "Dernier maquis", Rabah Ameur-Zaïmeche clôt sa trilogie sur l’immigration entamée en 2002 avec "Wesh wesh, qu’est ce qui se passe ?" poursuivi de "Bled number one" en 2006. Une fin qui laisse un goût d’inachevé. Une sensation étrange…

Il est facile d’énumérer les points positifs de "Dernier maquis" sans pour autant sortir totalement conquis. Ameur-Zaïmeche dépeint ici avec une grande justesse la vie d’une petite PME de banlieue dont le personnel est uniquement constitué d’immigrés musulmans. Réalisme est ici le maître-mot. On sentirait presque la peinture, la colle et le bois lorsque le réalisateur promène sa caméra au milieu des murs de palettes. Un cinéma direct, brut et sans concession. Il ne cherche pas à arrondir les angles mais ne dresse pas non plus un portrait noir de ces immigrés et de leurs petites galères. Il s’interroge sur le rôle de la religion dans l’entreprise mais ne cède pas à la facilité du portrait édulcoré du bon musulman.

Rabah Ameur-Zaïmeche ne se place jamais en donneur de leçon. Il se contente de montrer sans jamais juger. C’est ici que se trouve la grande force du film. Mais cette force peut se muer en faiblesse lorsqu’arrive le générique de fin. Et oui, à trop vouloir faire disparaître l’aspect fictionnel, malgré une esthétique travaillée, au profit d’une vision documentariste, Ameur-Zaïmeche livre ici un film qui laisse sur sa faim.

Arnaud Liotard

 

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