Le plaisir de chanter, d'Ilan Duran Cohen.
Avec Marina Foïs, Lorànt Deutsch, Jeanne Balibar...
Sortie en salles le 26 novembre.
Après des comédies dramatiques au format télé qui manquaient d’originalité et un téléfilm moyennement réussi, Le plaisir de chanter est une agréable surprise.
Ilan Duran Cohen fait partie de ces écrivains contaminés par le cinéma comme Paul Auster, Tonino Benacquista… Au-delà du sens aigü de la réplique, de son cinéma très écrit comme l’était celui de Truffaut, Le plaisir de chanter sait également déployer, malgré une caméra à l’épaule omniprésente, une technique des plans et du rythme cinématographique soignée, maîtrisée, fouillée.
Autre plaisir de visionner : l’auteur fulgure dans l’esprit de la nuance. L’humour, omniprésent, n’est jamais graveleux. Chaque personnage est psychologiquement assez défini pour ne pas avoir à forcer le jeu et apparaître mesuré. Marina Foïs prend à cœur son rôle de femme triste et belle, elle nous émeut à chaque plan, qu’elle remplit d'ailleurs parfaitement. Taillés sur mesure, les rôles révèlent des acteurs dont la réputation n’est plus à faire. Jeanne Balibar n’a jamais été aussi bien dirigée. En ravie de la crèche et gentille allumeuse, elle resplendit. Chaque acteur reçoit un rôle de composition. Dans Les Amants du Flore Laurent Deutsch peu crédible en Jean Paul Sartre donnait un peu envie de soupirer. Ici il prend vie.
Le film chante la réussite de son réalisateur et lui permet de signer une œuvre de la maturité.