Un eldorado belge, selon Bouli Lanners

Voici le deuxième film de Bouli Lanners, Eldorado, présenté à la quinzaine des réalisateurs, reparti de la croisette sans récompense. Pour autant, ce cinéma ne manque pas de qualité.
Eldorado, un film de Bouli Lanners
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Notre avis 

Présentation du film :


Yvan, dealer de voitures vintage, la quarantaine colérique surprend le jeune Elie en train de le cambrioler. Pourtant il ne lui casse pas la gueule. Au contraire, il se prend d’une étrange affection pour lui et accepte de le ramener chez ses parents au volant de sa vieille Chevrolet. Commence alors le curieux voyage de deux bras cassés à travers un pays magnifique, mais tout aussi déjanté.

 

Le commentaire de Bouli Lanners :

"A l’écriture, je n’ai jamais envisagé d’interpréter le rôle d’Yvan. C’est mon producteur Jacques-Henri Bronckart qui a lancé l’idée et ses arguments ont réussi à me convaincre. C’est vrai que le personnage tel qu’il était écrit me ressemblait beaucoup. Je me retrouvais donc devant et derrière la caméra, expérience assez dingue rendue possible grâce à mon équipe. Pourtant ça n’a pas toujours été facile pour moi de juger de la qualité des rushes tout en me voyant perpétuellement à l’image, en short, ou encore en caleçon, au milieu d’ une rivière. Une grande leçon d’humilité."

 

NOS INFOS

Eldorado, un film de Bouli Lanners
Eldorado
, un film de Bouli Lanners, Avec Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon  
Comédie dramatique, française, belge.

En salle depuis le 18 juin.

NOTRE CRITIQUE

Un débile léger, un receleur de vieilles voitures américaines, un plat pays et une BO parfaite font du dernier long-métrage de Bouli Lanners un bon divertissement mais d’assez pâle facture. Car même transfigurée, la Belgique reste la Belgique. Et à force de vouloir élever le paysage (il est si plat), de vouloir en faire un tableau du Montana, il n'en ressort que plus avachi. Les images traînent derrière elles une ombre honteuse, celle d’une imagerie que veut cacher Lanners empreinte d’un réalisme encore trop social et malgré tous les efforts, très belge.
 

Fou d’Amérique, de ciels qui pèsent comme des couvercles sur la campagne, Bouli Lanners veut trop bien faire. Même s’il entretient un lien de parenté avec Kaurismäki,  qu’il sait faire penser à Jarmush et qu’on peut même aller jusqu’à lui trouver un héritage bressonien, cet étrange cinéma minimaliste burlesque ne fait qu’imiter les grands maîtres.
 

Cette production qui s’énonce en même temps qu’elle se regarde, parvient pourtant à se racheter à nos yeux, aux détours d’un morceau de musique bouleversant (le blues garage de Renaud Mayeur), d’un dialogue ébouriffant de drôlerie et de sagacité, ou d’un passage tourné avec une caméra super 8...

Et au-delà de ces traits d'une qualité indéniable, l’unité de temps de cette réalisation impose une certaine force : la lenteur n’est jamais frustrante et ne nous prive jamais de ce que le film n’aurait pas su exprimer.

 

Léa Chauvel-Lévy

 

Commentaires
 
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