Boliloc, le spectacle de Philippe Gentry



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Présentation du spectacle :


Comment un ventriloque devient soudain la proie de ses propres personnages. Cela se met à parler en lui, tandis que nous basculons à sa suite dans une fantasmagorie hallucinatoire qui n'est autre que son monde intérieur. On ne tarde pas à constater que le bonhomme n'est pas seul dans sa tête. Même que ça pullule en diable et que ça se dispute âprement car tous ces "moi" du malheureux ventriloque ont de sérieuses difficultés à s'entendre. Scènes de ménage à l'intérieur d'un cerveau, voilà comment pourrait être soustitré ce spectacle désopilant, inquiétant mais surtout très virtuel de Philippe Genty.

Cette notion de virtuel, d'images mouvantes est d'ailleurs très importante pour le metteur en scène : "Les personnages doivent se confronter à des objets étranges comme des boîtes labyrinthiques, par exemple. A un moment, ils sont pris dans un puzzle qui devient un paysage mouvant où s’épanouissent des fleurs énormes, gigantesques, comme des océans. C’est plein de métamorphoses. Alors il faut que les images changent rapidement ce qui suppose un important travail sur les matériaux".




NOS INFOS

Boliloc
Mise en scène Philippe Genty et Mary Underwood avec Christian Hecq, Scott Koehler, Alice Osborne
Du 27 mai au 29 juin à 20h30, prolongations jusqu'au 6 juillet
dimanche à 15h, relâche les lundis et les dimanches 1er et 8 juin
Durée 1h30

Théâtre du Rond Point - salle Renaud-Barrault (745 places)
2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris

Plein tarif 33 euros / groupe (8 personnes minimum) 20 euros / plus de 60 ans 24 euros
demandeurs d’emploi 16 euros / moins de 30 ans 14 euros / carte Imagine R 10 euros

Réservations au 01.44.95.98.21, au 0.892.701.603 (0,34 euros/min) et sur www.theatredurondpoint.fr

 

NOTRE CRITIQUE

Philippe Genty détient une formule magique avec son Boliloc : celle de l’élixir de jouvence. On plonge avec délectation dans cette fable métaphysique. Le metteur en scène nous entraîne dans une épopée au cœur de l’esprit et de la mémoire d’Alice, une jeune ventriloque confrontée aux personnages qu’elle anime chaque jour. Comme par enchantement, les marionnettes prennent vie pour s’enfoncer dans les méandres de la pensée de leur créatrice. Et c’est là que l’on oublie, comme par enchantement,  toute notion d’espace et de temps. Philippe Genty crée ici un univers parallèle à grand renfort d’escamotages, de jeux de lumières et de trompe l’œil tous plus impressionnants les uns que les autres. Un univers dans lequel on se perd avec grand plaisir.


Et au milieu de cette débauche d’"effets spéciaux" s’agitent trois acteurs tout simplement excellents dans tous les registres. On craque pour le charme d’Alice Osborne pendant que Scott Koehler et Christian Hecq forme un duo comique digne de Laurel et Hardy. Mention spéciale au dernier, véritable pantin de chair et de sang au milieu de ses congénères siliconés. Entre des acteurs survoltés et des décors qui forment un personnage à part entière, jamais une scène de théâtre n’a paru si vivante. On rit beaucoup des péripéties de nos apprentis explorateurs qui nous font oublier la fadeur du monde réel. Seule certitude au vue de la qualité du spectacle, il faut replonger loin dans son enfance pour trouver trace d’un pareil moment de bonheur. Malheureusement le charme n’opère que pendant une heure et demie, le temps de la représentation. Peu importe, la recette de Philippe Genty fonctionne et s’avère délicieuse. Vite, vite, on en redemande.


Arnaud Liotard

 

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